L'assemblée des cabanes

Journées Nationales de l'Architecture
Manifestation/Festival
Arts plastiques
La cuisine - Centre d'art et de design Nègrepelisse
Affiche de l'assemblée des cabanes

Pour les architectes du 20ème siècle, la cabane est un modèle de fonctionnalité et de simplicité. Ils s’en inspirent pour renouveler le langage de l’architecture. La cabane suppose une fonctionnalité évidente et implique un rapport particulier à la nature. Pour nombre d’architectes, l’adéquation de la construction avec son environnement est fondamentale. La cabane est aujourd’hui un exercice incontournable dans la pratique architecturale 

Cette année, pour les Journées Nationales de l’Architecture, La cuisine vous invite à penser la cabane autrement pour imaginer des façons de vivre ensemble et secouer notre mode de vie. 

Faire des cabanes : imaginer des façons de vivre dans un monde abîmé. Loin d’être des lieux de précarité, de retrait ou de repli pour, bien au contraire, les vouloir pleins de vie, d’idées, d’inventions. C’est une invitation à rêver, à lâcher prise, à réinventer sans cesse.

La cuisine pourrait-elle être la scène d’un Parlement des Cabanes où se formule le vœu que ce monde si menacé, qui épuise ses ressources naturelles, devienne un monde à nous, une terre pour nous tous, à notre échelle, celle de nos désirs et de nos possibilités ? 

Artistes, architectes, associations locales et habitants ont été conviés à réfléchir et travailler pour composer ensemble : un jardin forêt pour cultiver, une canopée pour s’abriter, des arbres pour tisser des liens, du mobilier pour échanger, rire, discuter, ripailler, une table « pour un repas normal en temps de covid ». L’assemblée des cabanes s’inscrit dans la triennale « Réconciliation » qui a pour but de recréer du lien et rendre habitable et habité le centre d’art et de design, La cuisine.

 Le collectif de programmation Marta Jonville, directrice de La cuisine, Franck Boyer architecte et commissaire invité, Phillippe Millasseau, directeur du CAUE82, Joanne, Pouzenc, Directrice de la MAOP, Aude Le Vaillant, Le Bureau Rural.

Vendredi 16 octobre : Journée écoles et collège

Samedi 17 octobre à 12h, Inauguration, performance culinaire et mise en terre d’un arbre sous la canopée

Vendredi, samedi, dimanche : Expositions, ateliers, conférences, café philo.

Complément d'information

"L’assemblée des cabanes, vivre dans un monde abimé"

Journées nationales de l'architecture 2020

Habiter en 2020 quand le rapport à la nature est réinterrogé, quand la matérialisation d’un monde fini prend de plus en plus sens, impose aux architectes une réflexion et une introspection sur leurs manières de penser et pratiquer l’architecture. La cabane, archétype de protection face aux éléments naturels et aux regards d’autrui, symbolise le premier acte de réflexion, un acte d’intégration dans un milieu, qu’il soit hostile ou accueillant.

« Faire des cabanes : imaginer des façons de vivre dans un monde abîmé. Trouver ou atterrir, sur quel sol ré-éprouvé, sur quelle terre repensée, prise en pitié et en piété. Mais aussi sur quels espaces en lutte, discrets ou voyants, sur quel territoire défendu dans la mesure même où ils sont ré-habités cultivés, imaginés, ménagés, plutôt qu’aménager. »[1]

Pour les architectes du 20e siècle, la cabane est un modèle de fonctionnalité et de simplicité. Objet vernaculaire intuitif et pensé, ils l’observent, l’étudient, la pensent, la multiplient et la reproduisent pour nourrir les imaginaires autour de l’architecture ou pour expérimenter à l’échelle de l’humain ce qu’ils reproduisent à l’échelle des territoires ; une architecture qui est nécessairement en relation aux vivants et à leur environnement. La cabane est aujourd’hui un exercice incontournable dans l’acte de bâtir et plus globalement de la pratique architecturale, une pratique responsable en adéquation avec tout et tous ceux et celles qui l’entourent. Dans sa dimension comme dans l’expression la plus simple du bon sens, constructif et primitif, la cabane nous ramène à notre condition humaine, la plus intime et la mieux partagée.

L’enseignement que nous avons reçu tend à nous montrer que seul l’homme habite le monde. Aujourd’hui de nombreux chercheur réinterrogent cette position : L’assemblée des cabanes, propose de changer d’ontologie, de passer d’un monde anthropocentré à un monde éco-bio-centré, elle expérimente la cabane, comme premier pas pour ménager le monde
La cabane est peut-être une leçon, pour repenser nos besoins, nos façons d’habiter.

Cette année, pour les Journées Nationales de l’Architecture, La cuisine vous invite à penser la cabane autrement pour imaginer des façons de vivre ensemble et secouer notre mode de vie.
Faire des cabanes : imaginer des façons de vivre dans un monde abîmé. Loin d’être des lieux de précarité, de retrait ou de repli pour, bien au contraire, les vouloir pleins de vie, d’idées, d’inventions. C’est une invitation à rêver, à lâcher prise, à réinventer sans cesse, à matérialiser nos rêves, les rendre visibles et les partager.

La cuisine pourrait-elle être la scène d’une Assemblée des Cabanes où se formule le vœu que ce monde si menacé, qui épuise ses ressources naturelles, devienne un monde à nous, une terre pour nous tous, à notre échelle, celle de nos désirs et de nos possibilités ?

En commençant à cohabiter dans la cour de la cuisine, les performances, discussions et rituels nous invitent vers un monde où nous ne nous distancions pas de la nature. La cour est devenue une noue ce lieu où l’on prend soin de nous, des autres, du vivant de la terre. Les communs déjà réalisés nous permettent de nous installer dans ce lieu remarquable et moderne, ensemble, nous construirons des cabanes, pour tenter de nous re-sensibiliser et nous réconcilier avec le vivant.
Nous y interrogeons nos communs et les façons d’habiter la nature et ce monde fini.

Pendant un an nous avons co-pensé, co-construit les JNA, les cabanes construites par des collectifs, des groupes d’artistes, d’architectes, d’étudiants, de penseurs, de rêveurs, d’urbanistes, … d’humains (trop ?)
Nous tentons l’expérience de ce nous, ou l’art et l’architecture sont des vecteurs de réconciliation : un jardin forêt pour cultiver, une canopée pour s’abriter, des arbres pour tisser des liens, du mobilier pour échanger, rire, discuter, ripailler, une table « pour un repas normal en temps de covid» pour une nouvelle normalité que nous proposons de définir ensemble.

L’Assemblée des Cabanes est le premier acte du programme triennal « Réconciliation », qui a pour but de recréer du lien et rendre habitable et habité La cuisine, centre d’art et de design à Nègrepelisse.
Le collectif de programmation des JNA20
Marta Jonville, Franck Boyer, Joanne Pouzenc, Philippe Millasseau

Événements

Vendredi 16 octobre

14h00 Atelier “Où atterrir ?”, intervenante Nadège Sellier

Il s’agit durant cet atelier de s’appuyer sur le travail de Bruno Latour et du Consortium Où atterrir ? autour des nouveaux cahiers de doléance. Partant du constat qu’une expression politique n’est possible qu’à partir de la description des territoires dont nous dépendons, et que nous souffrons d’une incapacité à nommer les attachements qui nous tiennent, il s’agira d’explorer deux outils : le questionnaire de Bruno Latour publié en mars 2020 intitulé « Imaginer les gestes barrières contre le retour à la production d’avant-crise », et une boussole. Tous deux concourent à un exercice d’auto-description de nos conditions de vie et de subsistance. Il compose une procédure expérimentale, préalable à la capacité de représentation, d’expression, d’écoute, et d’action politiques.
"L’hypothèse est simple : si vous pouvez décrire le territoire que vous habitez, vous pouvez définir des intérêts et donc dessiner des lignes de conflits et vous mettre en quête d’alliances. Une expression politique devient à nouveau possible. On peut entendre ce que demandent les habitants et ceux-ci peuvent avoir le sentiment, à nouveau, d’être compris par leurs représentants à l’écoute de ce qu’ils demandent. »
Sur inscription

Samedi 17 octobre

9h30 Atelier. Installation collaborative avec L'Atelier pôle d'enseignements artistiques. Intervenante Grete McNorton

Entre réalité et rêve, bruissant d'énergie au soleil, la canopée est vivante, en dessous, une autre vie existe. Dans la réalisation de notre travail collectif, nous prendrons en considération notre place dans notre habitat et l'impact que nous avons sur notre environnement. Notre surconsommation et exploitation (inconscientes… ) de nos ressources naturelles, la façon dont nous vivons à présent (notre déconfinement récent) et notre vision de l’avenir. Nos oeuvres sont une tentative de visualiser, comprendre et transmettre nos réflexions.

10h-12h et 14- 19h Atelier. “Protocole de description des attachements et dépendances”. Intervenants Marion Albert, Tomas Matauko et Anne-Sophie Milon.

Comment rendre visible au sein de La Cuisine des territoires qui s'enchevêtrent, au travers des expériences de vies singulières, des diverses manières d’habiter ces lieux ?
Nous vous invitons à la description par le dessin, le diagramme, des représentations situées des récits de vos attachements et de vos chaînes d'interdépendances avec la Terre, afin que nous puissions questionner ensemble les accès, les partages et les usages des sols dans leurs épaisseurs tant sociologiques, bio-géologiques, que spirituelles et sensibles. Cette réflexion collective souhaite convoquer les potentiels de vivre ensemble interspécifiques et les possibles distributions des rôles de chacun.e.s au sein des espaces partagés qui sont aujourd'hui habités par la mutation écologique.
10h-12h et 14h-18h Atelier « construire une cabane de jardin avec ce qu’on a ». Intervenant Juan Trabanino
Comment construire une cabane de jardin avec des matières et matériaux que nous avons sous les pieds ou à portée de main tout en respectant l’environnement et en éveillant la conscience écologique ?

10h30 Atelier « cabanes de papier » Intervenante Sandra Gaspard du CAUE de Tarn-et-Garonne

Avis aux petits bricoleurs habiles de la paire de ciseaux et du tube de colle : une sélection de modèles de cabanes à monter vous attend !
Inscription conseillée

10h30-12h00 Balade découverte du paysage et des espaces naturels de l'île de Négrepelisse par l’association Al Païs de Boneta- CPIE Quercy Garonne

Le long de la balade, nous découvrirons comment la rivière Aveyron façonne cette île depuis longtemps, et rythme depuis des siècles la présence humaine sur ses berges. L'île de Nègrepelisse a été classée en 1993 Espace Naturel Sensible par le Conseil départemental. Le lit mineur est également classé et protégé dans le cadre de Natura 2000 et d'un arrêté préfectoral. Aujourd'hui cet espace de détente à l'orée du centre-ville de Nègrepelisse offre un cadre privilégié pour se détendre et observer plantes et animaux sauvages. Nous en observerons quelques-uns.
Inscription conseillée

12h00 Inauguration de l’assemblée des cabanes - “Mamia” Performance culinaire de Juan Aizpitarte Inaki Aizpitarte - officiel

“Mamia” est un dessert à base de lait de brebis originaire du Pays Basque. L’artiste Juan Aizpitarte et le chef cuisinier Inaki Aizpitarte vont travailler la recette de manière traditionnelle tout en y ajoutant une note performative. A travers une déambulation entre extérieur et intérieur, entre feu et eau, cette création offre aux spectateurs les conditions d'une dégustation hors du commun. Le caractère rituel de ce cheminement artistique vise à porter le plat jusqu'à sa sacralisation . Elle révèle la valeur chorégraphique du travail en cuisine tout en se concentrant sur notre nez, visant à éveiller de notre mémoire nos sensations olfactives les plus anciennes.

14h30 Rencontre “La cuisine, contexte, conception et origine”. Intervenants Stéphanie Sagot et Gilles Trégouët

Animée par Stéphanie Sagot et Gilles Trégouët cette rencontre abordera le travail de RCR Arquitectes à Nègrepelisse. Une des particularités de l’architecture de RCR est de s’être nourrie de l’histoire de l’architecture, des « maîtres » de l’architecture moderne mais aussi des paysages de la Garrotxa, de son architecture vernaculaire et en parallèle du travail des artistes. La naissance d’un projet c’est réussir à trouver le concept qui permet de cristalliser les énergies sous-jacentes d’un lieu et les potentialités d’un programme. À Nègrepelisse c’est l’idée de réactiver la cour qui fonde la nouvelle architecture du lieu. Ainsi qualifier le vide, le doté d’un contenu, précède à la formalisation du plein. L’architecture est avant tout relationnelle.

14h30 Atelier “Cabanid”. Intervenante Liis Lillo

Venez participer à l'atelier de l’artiste plasticienne Liis Lillo et construisez des petites cabanes. A partir de carton et d'autres matériaux, chacun/chacune est invité à imaginer l'architecture de sa propre cabane en s'inspirant du paysage environnant du centre d'art et de design. L'exploration des alentours et la collecte de paysages par l'intermédiaire de la photographie et de l'impression papier permettra de construire des cabanes camouflées dans leur environnement immédiat en combinant l'espace intérieure et extérieur.
Inscription conseillée / Jeune public 9-16 ans.

15h00 Lecture « Les racontines » Intervenant Nicolas Pechmezac, Association REEL

Nicolas Pechmezac est médiateur du livre depuis 20 ans. Lecteur à très haute voix, il fera entrer petits et grands dans des histoires de cabanes perchées dans les arbres, et d'autres plus secrètes encore, dont les murs risquent de vibrer ! Touchons du bois et accrochons-nous aux branches ! Cabanes à construire, cabanes où rêver, jouer à se faire peur, rire… tous ensemble.
Inscription conseillée / Dès 5 ans. Tout public.

15h30 conférence – rencontre -présentation de Plan libre

La revue Plan Libre est la première action menée par la Maison de l’Architecture Occitanie-Pyrénées lors de sa création en 2001. Avec une parution ininterrompue de 10 numéros par an depuis avril 2002, cette publication mensuelle, répond à trois idées-forces : produire une publication qui informe sur le monde de l'architecture, diffuser la culture de l'architecture et en défendre les qualités.

16h00 Conférence Plan Libre n°177 - Architecture climatique par Philippe Rahm

"L'urbanisme et l'architecture étaient traditionnellement basés sur le climat, le confort et la santé, comme on peut le lire dans les traités de Vitruve ou Alberti, où l'exposition au vent et au soleil, variations de températures et l'humidité déterminaient les formes des villes et des bâtiments. Ces causes fondamentales de l'urbanisme ont été ignorées au cours de la seconde partie du 20ème siècle grâce à l'énorme utilisation d'énergie fossile par les pompes, moteurs, réfrigérateurs, systèmes de chauffage et de climatisation qui provoquent aujourd'hui l'effet de serre et le réchauffement climatique. Face au défi climatique du XXIe siècle, nous proposons dans nos projets de refonder l'architecture sur ses qualités climatiques intrinsèques, où le convectif, le conductif, l'émissif ou l'effusif remplacent le symbolique, l’analogique, la référence ou le métaphorique. »

17h30 Conférence Plan Libre n° 177 - Topographies dans le temps, ou le temps converti en forme par Toni Gironès

À travers quelques-unes de ses réalisations, Toni Gironès présente les principes qui orientent ses architectures résolument connectées au monde qui les entoure. Toni Gironès a toujours été intéressé par les architectures directement liées à l'habitabilité, dans lesquelles les différentes décisions prises au cours des processus de conception et de construction ont été produites sur la base de critères fonctionnels, et en aucun cas formellement ou spatialement conditionnées par des critères de composition. De la même manière que la médecine vise la santé du patient, il considère que tout ce que l'on veut appeler architecture doit offrir la meilleure habitabilité possible par rapport à l'environnement avec lequel elle interagit et aux ressources dont elle dispose. C'est dans ce sens que dans l'exercice de la conception en architecture, il s’intéresse à la reconnaissance de certaines constantes liées aux besoins humains, au lieu, aux matériaux avec lesquels il travaille, et à l'ensemble des conditions qui facilitent une relation harmonieuse entre les différentes parties en présence dans l'exercice du vivant.

19h00 Conférence “Le philosophe et la cabane” Intervenant Bruce Bégout

Réflexions à partir de Diogène, Thoreau, Heidegger et Tiberghien Notre intervention a pour but d’interroger la place qu’occupe la cabane dans le rapport que le philosophe noue avec la pensée. Si, lorsqu’on évoque la cabane, sa relation avec la nature semble évidente, elle peut aussi faire figure de site dévolu à la réflexion, méditation et contemplation. Il se pourrait également que la révélation la plus cruciale de l’expérience de la cabane ne soit pas celle de l’espace alentour mais du temps, de la contingence et de la périssabilité de toutes choses.

20h30 Animation musicale DJ Lady Miss Penelope

Dimanche 18 octobre

10h-12h et 14- 19h Atelier. “Protocole de description des attachements et dépendances”. Intervenants Marion Albert, Tomas Matauko et Anne-Sophie Milon.

Comment rendre visible au sein de La Cuisine des territoires qui s'enchevêtrent, au travers des expériences de vies singulières, des diverses manières d’habiter ces lieux ?
Nous vous invitons à la description par le dessin, le diagramme, des représentations situées des récits de vos attachements et de vos chaînes d'interdépendances avec la Terre, afin que nous puissions questionner ensemble les accès, les partages et les usages des sols dans leurs épaisseurs tant sociologiques, bio-géologiques, que spirituelles et sensibles. Cette réflexion collective souhaite convoquer les potentiels des vivre ensemble interspécifiques et les possibles distributions des rôles de chacun.e.s au sein des espaces partagés qui sont aujourd'hui habités par la mutation écologique.

10:30 – 12 :00 Atelier. Lectures vivantes

« En lisant à haute voix, nous partageons un espace intime – un temps et un espace d’apprentissages qui ne se limitent pas aux contenus, mais qui émergent des nuances, des accents, de la cadence de la lecture. » (1) À travers l’arpentage collectif de textes choisis et rassemblés à l’occasion de la préparation de l’Assemblée des Cabanes, les lectures vivantes proposent un moment d’échange et de partage pour apprendre ensemble autour d’un café, continuer de façonner les pensées partagées et construire ensemble les rapports humains – et vivants. Ces morceaux choisis, qu’ils soient issus de textes, d’informations et de diverses inspirations constituent le lexique commun grâce auquel nous pouvons entrevoir d’autres présents possibles. (1) Ethel Baraona Pohl et Cesar Reyes, dpr Barcelona, Parasitic Reading Room

14h30 Conférence “Les mondes des cabanes” Intervenant. Gilles A. Tiberghien

L’étymologie du mot cabane veut dire « petite maison » c’est pourquoi on a pensé que les cabanes étaient à l’origine de l’architecture. Mais on ne fait pas des cabanes comme on construit des maisons en suivant des plans. Pour une cabane on se débrouille sur place avec ce que l’on a, on trouve des chaises, des branches, un arbre tout entier et on invente un monde.
Les cabanes on s’y abrite et on y voyage. Elles nous protègent et nous exposent à la fois. Ces constructions sont souvent liées à la nature mais on en trouve également dans les plis intérieurs des villes, dans des lieux un peu retirés, sous des arcades ou des ponts où dorment les SDF. Ce sont aussi des lieux de crise où s’inventent de nouveaux mondes

16h00 Conférence Plan Libre n° 177 - DE L’ACTE DE CONSTRUIRE EN TERRAIN PRÉCAIRE par Merril Sinéus

A l’heure où changement climatique et pandémie bouleversent les quotidiens et où mouvements sociaux et alternatives interpellent sa capacité à agir, cette assemblée des cabanes interroge : qui dit cabane parle d’une certaine fragilité de l’installation humaine, mais aussi d’une joie de construire ensemble. Dans ces conditions, de quelle manière l’architecte peut-il être socialement utile sur le sujet de l’habitat des plus vulnérables? Face aux modalités d’intervention ultra-réglementées de la profession et aux programmes sociaux de « prise en charge » pensés « par le haut », comment faire place à l’écoute attentive, à la parole collective et à l’improvisation? Créer les conditions d’une pratique soucieuse des autonomies et des solidarités en place? En somme, fabriquer les opportunités du commun et accueillir avec espoir ses imaginaires et ses forces constructives.

17h30 Présentation du film “Manifeste pour une agriculture de l’amour” par Le Nouveau Ministère de l'Agriculture, Suzanne Husky et Stéphanie Sagot

La déforestation, le surpâturage, l’agriculture inappropriée en tandem avec des variations climatiques ont causé des dégradations de sols et des désertifications massives. Ce film présente sous la forme d’un manifeste un programme agricole conçu par Hervé Coves et s’étirant sur 1000 ans. Hervé Coves est ingénieur agronome, pédologue mycologue. Il explore des manières de devenir terrien, d’habiter la terre avec la terre.
Film, 2h , Production avec le soutien de l’Association Le Cyclop de Jean Tinguely, Milly-la-Forêt, France

19h00 Conférence Plan Libre n° 177 - Regards sur le monde actuel par Thomas Paturet

« L’idée du passé ne prend un sens et ne constitue une valeur que pour l’homme qui se trouve en soi-même une passion de l’avenir. L’avenir, par définition, n’a point d’image. L’histoire lui donne les moyens d’être pensé. Elle forme pour l’imagination une table de situations et de catastrophes, une galerie d’ancêtres, un formulaire d’actes, d’expressions, d’attitudes, de décisions offerts à notre instabilité et à notre incertitude, pour nous aider à devenir. » (extrait de Paul Valéry, Regards sur le monde actuel, 1931). À travers une succession d’images présentant un état actuel des territoires perçus par l’œil d’un architecte, cartographe, éditeur mais surtout amateur des lieux du quotidien, Thomas Paturet propose un voyage graphique et photographique dans l’air du temps.

Pendant les trois jours

Expositions et installations

Exposition “Une forêt tissée”, Collectif les trames, Mathilde Amilha, Fanette Declercq et Anaïs Duplan

De toute cette horizontalité nous proposons de dresser le végétal. Pour dénoncer son absence, signifier sa nécessité, son appel. Une forêt comme cabane, comme remède. Une forêt que l'on construirait ensemble, en ronde, emplie de danses et de chants, comme force collective face aux injonctions. Nos arbres sont un lien entre terre et ciel, un clin d'oeil au rituel de l'arbre de mai quand les anciens célébraient la fécondité et la vie. Une forêt pour regagner une autonomie, qui s'étend, qui peuple et s'adapte. Elle invite à venir y déambuler, à y passer un temps, être ensemble - faire textile.

Installation Cabane du concours « Dessine-moi ta cabane et nous la construisons »

Matières naturelles et dolce farniente à l’honneur pour cette cabane imaginée par Mathys Perrussel, jeune lauréat de notre concours lancé ce printemps. Elle prendra corps sous le feuillage bas d’un chêne bordant l’Aveyron. Allongé sur notre chaise longue ou assis sur ses planches en version banc, laisser son esprit flâner au fil de l’eau ou son regard se perdre dans la canopée : machine à rêver…. Tabourets ou tables basses vous accueilleront à leur tour pour une vue imprenable sur les tours de l’ancien château.

Exposition “Aux arbres !” Le Nouveau Ministère de l'Agriculture

Le Nouveau Ministère de l’Agriculture crée, avec le soutien de l’association Campagnes vivantes, une forêt nourricière partagée, nommée Aux arbres ! où les processus vitaux des sols sont stimulés. Elle deviendra le garde-manger des fourneaux de La cuisine. Un outil pédagogique vivant et évolutif l’accompagne. Il met notamment en relation les écoles, les services des espaces verts municipaux, les habitant.es.
Pensé comme une écotopie nourrie notamment des textes de William Morris, cet espace agroforestier s’accompagne d’un dessin vision de ce que serait un futur de Nègrepelisse où l’eau et la terre sont au centre des soins, allant du traitement des déchets, en passant par un cimetière récupérateur de phosphore, l’élevage, la polyculture etc.

Exposition “Forêt de drapeaux” Collectif La zone

Le collectif La zone est composé des artistes Sharon AlfassiI, Seumboy Vrainom: € et de l’historien de l’art François cam Drouhin. Tous sont diplômés du master SPEAP (Arts et Politique) fondé par Bruno LATOUR à SciencePo Paris. Pour La cuisine et lors d’une résidence, ils ont effectué des interviews sur les marchés des alentours de Nègrepelisse qui ont aboutit à l’exposition “On mange quoi ce soir, en 2060?”. De ce travail, un ensemble de drapeaux se déploient sous la canopée, arborant des citations issues des chansons populaires ou encore de textes philosophiques.

Exposition , Film Manifeste pour une agriculture de l’amour. Le Nouveau Ministère de l'Agriculture

“La différence entre la forêt et le désert, c’est pas l’eau, c’est l’homme”.
La déforestation, le surpâturage, l’agriculture inappropriée en tandem avec des variations climatiques ont causé des dégradations de sols et des désertifications massives. Ce film présente sous la forme d’un manifeste un programme agricole conçu par Hervé Cores et s’étirant sur 1000 ans. Hervé Coves est ingénieur agronome, pédologue mycologue. Il explore des manières de devenir terrien, d’habiter la terre avec la terre.
Film, 2h , Production avec le soutien de l’Association Le Cyclop de Jean Tinguely, Milly-la-Forêt, France

Installation Point Ligne Surface Espace

Issue du travail de recherche du groupe d’étudiants de deuxième année de l’école nationale supérieure d’architecture de Toulouse encadrés par Joanne Pouzenc en collaboration avec Alexander Römer et Franck Boyer, une canopée tramée et des modules scénographiques ont été co-construits et installés dans la cour de La cuisine, centre d’art et de design. Cet ouvrage collectif revient sur l’essence de toute création d’espaces : faire exister un point, une ligne, une surface, un espace dans son environnement. Flexible et convivial, l’espace ainsi créé et délimité, composé de lignes et d’objets, invite à l’interprétation, aux usages appropriés, à une première forme d’habiter. Lors des JNA, cet espace constitue la scène ouverte accueillant les temps d’échanges et de partages autour du programme de l’Assemblée des cabanes. L’installation est accompagnée d’une publication construite à partir de l’exploration non-exhaustive de l’application physique des modes d’assemblage dans le design et l’architecture du XXe et XXIe siècle. Plus qu’une invitation à voir, c’est une invitation à faire : à continuer la collection, théorique comme physique, par l’addition de références inconnues ou oubliées, d’objets vivants ou inertes ; à alimenter le présent par la mise en œuvre de nouveaux espaces ; à réfléchir ensemble à la valeur d’une architecture sociale et résiliente, par tous et pour tous ; à partager des savoir-faire et valoriser leur transmission ; à habiter, ensemble, tout simplement.

Installation “Entre réalité et rêve” par les élèves d’arts plastiques de l’Atelier L'Atelier pôle d'enseignements artistiques

Bruissant d'énergie au soleil, la canopée est vivante, en dessous, une autre vie existe. Dans la réalisation de notre travail collectif, nous prendrons en considération notre place dans notre habitat et l'impact que nous avons sur notre environnement. Notre surconsommation et exploitation (inconscientes… ) de nos ressources naturelles, la façon dont nous vivons à présent (notre déconfinement récent) et notre vision de l’avenir. Nos œuvres sont une tentative de visualiser, comprendre et transmettre nos réflexions.

Installation de Arch Crowd : Essais de logements d'urgence

L'installation présente plusieurs structures qui tentent de répondre à l'urgence sociale et climatique. Elles proposent une alternative aux habitats actuels en utilisant des matériaux de réemploi, et favorisent la mobilité par des systèmes de montage et démontage simples, et en permettant aux habitants d'être le plus autonomes possible. Deux versions d'arches d'habitation seront exposées accompagnées de réflexions autour de l'équipement sanitaire. Une “arch-serre” viendra compléter ces structures sur le plan de l'autonomie alimentaire. En parallèle une “flexyourte”, autre alternative à l'habitat léger sera également exposée.

Commissaires d'exposition

Partenaires

L’assemblée des cabanes a été développée par La cuisine, centre d’art et de design de Nègrepelisse, en partenariat avec La Maison de l’Architecture d’Occitanie (MAOP), l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse (ENSAT), le Conseil d’Architecture d’Urbanisme et d’Environnement du Tarn-et-Garonne (CAUE82) l’association Blouses Brothers, l’association Bazart, et avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Occitanie (DRAC). Partenaires média : radio CFM, Radio Association.

La cuisine, centre d’art et de design est développée par la commune de Nègrepelisse avec le soutien du Conseil Départemental de Tarn-et-Garonne, du  Conseil Régional Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, du Ministère de la Culture et de la Communication - Drac Occitanie.

Adresse

La cuisine - Centre d'art et de design Esplanade du château 82800 Nègrepelisse France

Comment s'y rendre

Accès mobilité réduite
Dernière mise à jour le 26 octobre 2020