Zusammenleben

Exposition
Photographie
Maison de l'image documentaire Sète
© Ute Mahler / OSTKREUZ

Initialement programmée dans le cadre de la douzième édition du rendez-vous de la photographie documentaire ImageSingulières, annulée pour cause de crise sanitaire, l’exposition de Ute Mahler s’inscrit dans la saison culturelle 2020-2021 de la MID.

 

Ute Mahler compte parmi les photographes de l’ex RDA au style le plus marqué. Après la chute du Mur, elle a fondé avec plusieurs collègues est-allemands l’agence OSTKREUZ, qui a entre-temps connu un succès remarquable. À travers la série « Zusammenleben »  (Vivre ensemble), commencée il y a plus de quarante-cinq ans, elle entendait rendre compte de la manière dont les gens vivent ensemble et montrer les non-dits de manière subtile. Ces photos en noir et blanc racontent la vie dans l’ancienne Allemagne de l’Est, avec douceur mais sans complaisance.

 

« J’étais encore étudiante à Leipzig lorsque j’ai commencé à photographier des groupes de gens. Au début, c’étaient des images en vrac. 

Mais toutes posaient la même question : comment vit-on les uns avec les autres ? J’avais moi-même une vingtaine d’années. Je voulais des réponses. Je voulais voir ce qui se cachait derrière la façade officielle de l’optimisme au programme. 

Je cherchais le vrai dans la sphère intime des gens. 

Je photographiais mes amis, ma famille, mais aussi des étrangers, dans leur espace, leur milieu, dans des lieux où ils se sentaient en sécurité, où ils étaient détendus ou s’ennuyaient et où ils se laissaient approcher. Je les rencontrais chez eux, dans la rue, dans des fêtes et dans leur quotidien, qu’ils vivaient dans ce pays qui s’appelait RDA. 

Quand je photographiais des musiciens de rock pour une pochette de disque ou quand j’avais une commande de portrait pour le magazine Sibylle, je convenais parfois d’un rendez-vous après la séance pour prendre ma photo. Parfois aussi, c’était des rencontres de hasard ou de brèves entrevues. Mais avec la plupart d’entre eux j’ai passé beaucoup de temps.

J’ai simplement attendu. Qu’une couche se détache, et je réagissais quand se présentait un moment qui me surprenait. Car tôt ou tard, on oublie les poses. Qu’est-ce que le langage corporel raconte de quelqu’un, même si son visage exprime tout le contraire ?

C’était un travail libre, tout à fait personnel. Sans commande. Sans mise en scène. 

J’ai montré ces images à des collègues, à des amis, et de temps en temps dans de petites expositions. Mais je les ai faites pour moi. 

Il y a eu des périodes où j’ai beaucoup photographié, il y a aussi eu des années avec moins de photos. Je n’ai rien cherché de sensationnel, je voulais trouver quelque chose d’universel, qui parle de la fragilité des relations, de la famille et de l’amitié, qui montre le bonheur, la fugacité, le désespoir, la résignation ou la proximité. 

J’ai pris ma dernière photo pour ce projet en 1988. J’avais le sentiment d’avoir trouvé assez de réponses à mes questions. C’était peut-être lié aux bouleversements politiques de l’époque, mais je n’en suis pas sûre. »

 

Ute Mahler, dans « Les libertés intérieures. Photographie est-allemande 1980-1989 », éditions Xavier Barral, 2019

Commissaires d'exposition

Artistes

Horaires

Du mardi au vendredi de 15h à 18h

Le samedi de 15h à 19h

Fermé les jours fériés et le 26 décembre 2020

Tarifs

Entrée Libre et gratuite

Adresse

Maison de l'image documentaire 17 rue Lacan 34200 Sète France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 19 octobre 2020