PROJECTIONS

Exposition
Arts plastiques
Carré d'art de Nîmes Nîmes

GORDON CHEUNG - Masterplan, 2007-2008, listings, gel acrylique et peinture spray sur toile. Collection Renee & CJ Follini, Sag Harbor, NY. Image courtesy Galerie Adler, Frankfurt

Le progrès a longtemps été considéré comme un mouvement continu. Très vite après les premières prises en compte du phénomène de la vitesse au tournant de la Première Guerre mondiale, des artistes se sont intéressés au saut et à la rupture. Cette accélération dans ce qu’elle suppose de trous et de brèches apparaît très vite comme une mise en cause de la notion de progrès. Projections réunira les œuvres d’une dizaine d’artistes contemporains nés entre 1961 et 1980. Elles ont pour point commun l’intérêt pour les manipulations de temps, pour certaines en référence à la science fiction et pour d’autres en prise directe avec un réexamen des acquis modernistes notamment en terme d’architecture. Ces œuvres trouvent à s’exprimer en vidéo et expriment une vraie compétence dans les domaines de la 3D, du jeu vidéo et des espaces simulés. Elles embrassent aussi les questions de décalage induites par le stockage et l’utilisation de données informatiques. Ces univers font référence à l’art moderne qu’est le cinéma pour sa capacité à générer des représentations et des fictions mimétiques de la réalité et de simultanément soustraire le spectateur à sa propre vie et au réel le temps de la projection. Le recours à l’utilisation de médiums traditionnels, voire décalés comme le dessin très fouillé, de facture réaliste allant jusqu’au dessin façon gravure scientifique du XIXe siècle, accélère la sensation que ces œuvres trouvent leur point commun dans des manipulations.

Complément d'information

Des artistes explorent le temps

Projections réunira les œuvres d’une dizaine d’artistes dont les pratiques trouvent leur point de croisement dans un intérêt pour les manipulations temporelles, parfois en référence à la science fiction, parfois en prise directe avec un réexamen des acquis modernistes, notamment en architecture. Nées après des décennies de production de vidéos et de sophistication des images, elles dépassent la notion de spectacle pour s’interroger sur les schémas perceptifs et la possibilité d’induire une fiction.

« Ce que tous les films ont en commun, c’est le pouvoir d’entraîner la perception ailleurs. Tandis que j’écris, j’essaie de me rappeler un film que j’ai aimé, ou même que je n’ai pas aimé. Ma mémoire devient une forêt vierge peuplée de multiples ailleurs. » A Cinematic Atopia, 1971 ; la description que Robert Smithson donne de ce nouvel espace mental peuplé d’images est proche de l’imaginaire nourri de mélanges des temps, de virtuel et de réel qui fonde les œuvres de toute une jeune génération. A ce titre, la projection du film de Chris Marker La Jetée à l’entrée de l’exposition dans Argos Cinema, structure en carton réalisée par Tobias Putrih, est programmatique.

L’atopie décrite par Smithson, comme l’utopie, est un espace sans localisation physique. Les œuvres exposées ont souvent pour point de départ les scories d’une époque : architectures abandonnées, hypothèses laissées de côté, scénarios qui tournent court. Certaines des œuvres sélectionnées expriment une vraie compétence dans les domaines de la 3D et des espaces simulés (Chris Cornish). Elles embrassent aussi les questions de décalage, de potentialités, induites par le stockage et la mémoire des données numériques (Jean-Pascal Flavien) mais peuvent aussi pointer un fort intérêt pour des techniques « dépassées » telles que la gravure (Cyprien Gaillard) et le dessin d’illustration ou de vulgarisation à la Gustave Doré (Daniel Arsham) ou à la Camille Flammarion (Laurent Grasso). La plupart ont un substrat documentaire, qu’il s’agisse de la forme d’une salle de cinéma (Tobias Putrih), de données climatiques relevées par un service météo (Iñigo Manglano-Ovalle) ou d’un événement artistique tel que l’Hommage à New York, machine programmée par Jean Tinguely pour s’autodétruire, thème récurrent de la science–fiction et sujet de la série H2NY du britannique Michael Landy.
La discontinuité, la question des modèles, l’expérimentation, la rupture, le passage, autant de notions qui façonnent le parcours de cette exposition.

Autres artistes présentés

Daniel Arsham
Gordon Cheung
Chris Cornish
Jean-Pascal Flavien
Michael Landy
Iñigo Manglano-Ovalle
Tobias Putrih

Horaires

10h-18h tous les jours sauf le lundi

Adresse

Carré d'art de Nîmes Place de la Maison Carrée 30000 Nîmes France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020