Vincent Lemaire, Pendrillon

Projet soutenu par le Cnap
Exposition
Photographie
Galerie Dix9 Paris 03
photographie et photogramme, tirages argentiques sur papier Iford baryté brillant

detail d'une installation, photographie et photogramme, tirages argentiques sur papier Iford baryté brillant, 2021

Placée sous le commissariat d'Audrey Hoareau, cette première exposition personnelle en galerie de Vincent Lemaire bénéficie de l'aide à l'exposition du Cnap, Centre national des arts plastiques

Du nom de ces rideaux qui séparent les coulisses de la scène au théâtre, l’exposition Pendrillon joue sur la frêle frontière qui sépare la réalité de la fiction. L’exposition ouvre sur une succession de pièces de la série Rayonnement Fossile. Derrière cette terminologie scientifique, figurent des polyptyques de neuf photogrammes réalisés à partir de conglomérats de tubes fluorescents cassés. L’effet de répétition, alors que chacune de ces pièces est unique, évoque avec insistance la disparition symbolique d’une source de lumière, violemment brisée.

Au centre de l'exposition, Vincent Lemaire présente sa dernière production, une installation manifeste et énigmatique qui donne son titre à l’exposition. Volontairement complexe, son approche mathématique de l’espace soulève des problématiques relatives aux modes de représentation du monde. Ou plutôt d’un monde sans cesse contredit par son propre simulacre.

Complément d'information

Du nom de ces rideaux qui séparent les coulisses de la scène au théâtre, l’exposition Pendrillon joue sur la frêle frontière qui sépare la réalité de la fiction.

L’exposition ouvre sur une succession de pièces de la série Rayonnement Fossile. Derrière cette terminologie scientifique, figurent des polyptyques de neuf photogrammes réalisés à partir de conglomérats de tubes fluorescents cassés. L’effet de répétition, alors que chacune de ces pièces est unique, évoque avec insistance la disparition symbolique d’une source de lumière, violemment brisée. En son centre, Vincent Lemaire présente sa dernière production, une installation manifeste et énigmatique qui donne son titre à l’exposition. Volontairement complexe, son approche mathématique de l’espace soulève des problématiques relatives aux modes de représentation du monde. Ou plutôt d’un monde sans cesse contredit par son propre simulacre. Un motif en escalier se répète et devient repère. Il s’agit d’un prélèvement, trouvé à l’arrière plan de La Flagellation du Christ de Piero della Francesca. De la Renaissance à aujourd’hui, l’artiste s’affranchit de toute logique temporelle et spatiale comme de toute justification. Rien ne l’empêche d’associer des fragments de monochromes de Robert Ryman, en hommage à son traitement de la matière comme élément physique, à des vues du Rocher aux Singes du Zoo de Vincennes. Reconnaissable entre mille, ce lieu, décor factice à l’existence anecdotique, fait figure d’allégorie de cette frontière obsédante entre le vrai et le faux.

Un pas de plus franchi dans le décryptage, on comprend qu’à plusieurs endroits, Pendrillon met en scène des paysages qui n’existent pas. De «véritables» photographies de montagnes exhumées des archives personnelles de l’artiste jouxtent d’autres points de vue ambiguës et troublants. Comme par exemple des captures d’écran de jeux vidéo. Pendrillon revendique un parti pris formel fort. Un assemblage d’une vingtaine de tirages argentiques (photographies et photogrammes) de tailles et de sujets variés occupe l’espace. L’installation s’étale sur deux
larges pans de mur qui forment un angle, avec la volonté affirmée de bouleverser nos réflexes perceptifs les plus primaires.

Panorama scenographié avec application, il provoque une bascule et ouvre le passage d’une dimension à une autre. La composition exploite plusieurs niveaux de représentations différents dans une sorte de confusion maîtrisée à contrecourant de l’ère « control freak » de notre société moderne. Au-delà de la pensée, la pratique est fondamentale. Pendrillon résulte d’expériences menées à l’atelier. La phase de réflexion dépassée, le processus de création est plus que décisif. Faire ! Du volume au papier, du papier au volume, l’installation est une alternance d’illusions fabriquées et de fragments de réel qui prend vie à mesure que les tirages argentiques - qu’il réalise lui-même - ne s’imbriquent. Habitué des chemins de traverse, Vincent Lemaire bouscule l’ordre établi en proposant pour sa première exposition en galerie, une recherche formelle aboutie et originale, synthèse épilogue de ses préoccupations d’hier et d’aujourd’hui.

Profondément artiste, Vincent Lemaire est formé aux Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de Christian Boltanski. Aussi proche d’Annette Messager, c’est en partie de là qu’il tient cet esprit de création de mythologies individuelles. Aux antipodes, à quoi peut bien correspondre ce renvoi constant aux références scientifiques ? Chaque étape du travail de Vincent Lemaire le rapproche de sa propre quête de compréhension du monde. Il avoue une fascination pour les théories de la physique quantique et pour l’impression réconfortante de solutions qu’elles délivrent. Quant à la cosmologie, elle ne fait que nous rappeler la petitesse de notre place dans le monde. De l’infiniment grand à l’infiniment petit, toutes les échelles sont à la portée d’une oeuvre qui se nourrit des oppositions les plus évidentes. La réalité contre la fiction, l’argentique versus le numérique, les chefs d’oeuvre de la peinture face à l’humble photographie… La vraie montagne discrédite la montagne en carton qui toise la montagne de pixels. A la science devrait naturellement s’opposer l’art, mais au final, Vincent Lemaire s’évertue à les appliquer l’un au service de l’autre.

texte d'Audrey Hoareau

Commissaires d'exposition

Artistes

Horaires

Du mardi au vendredi de 14h à 19h, samedi de 11h à 19h et sur rdv

Tarifs

Entrée libre

Accès mobilité réduite

Oui

Adresse

Galerie Dix9 19 rue des Filles du calvaire 75003 Paris 03 France

Comment s'y rendre

Métro Filles du Calvaire

Dernière mise à jour le 20 août 2021