Point(s) de vue

Exposition proposée par le service éducatif du Frac Bretagne et le service des publics du Domaine de Kerguéhennec, centre d’art contemporain
Exposition
Arts plastiques
Frac Bretagne, Fonds régional d'art contemporain Rennes
"Point(s) de vue" est l’amorce en 2009 d’une nouvelle synergie entre le service éducatif du Frac Bretagne et le service des publics du centre d’art contemporain de Kerguéhennec, liés par une histoire commune, celle du parc de sculptures, créé en 1986. Le projet naît d’un désir partagé : mettre en commun les ressources, les spécificités et l’histoire des deux structures. Il est question de point(s) de vue à échanger sur le site de Kerguéhennec à partir de la collection du Frac Bretagne. Le premier épisode de cette aventure partenariale est une exposition proposée au 1er étage du château à Kerguéhennec, du 1er février au 31 mai 2009. Prenant appui sur des œuvres d’artistes présents dans le parc et la collection (Toni Grand, Elisabeth Ballet, Etienne Hajdu et François Morellet) l’exposition souhaite multiplier, en les faisant circuler, les points de vue sur les œuvres in situ du parc. Point(s) de vue entre intérieur et extérieur, entre des sculptures et des œuvres en deux dimensions, entre des œuvres contemporaines exposées temporairement dans un château du XVIIIe siècle et celles conçues in situ au XXe et XXIe dans le parc dessiné au XIXe…

Complément d'information

Les Point(s) de vue se déclinent dans les trois salles de l’exposition comme trois variations possibles sur les relations que chaque visiteur cherche à établir avec les œuvres. Dans la salle qui s’ouvre côté sud et dont la fenêtre permet d’apercevoir la cour, le portail, l’allée cavalière et les sculptures du parc, les points de vue paradoxalement s’organisent plus volontiers à l’intérieur de l’exposition. Le Praticable n°2 de Jocelyn Cottencin, sculpture et banc, invite tout autant à tourner autour qu’à s’assoir pour choisir de regarder Tableau 5°-95°, médiane 90° de François Morellet ou le grand dessin vertical Sans titre n°449 d’Etienne Hajdu ou encore les photographies Domaine de Kerguéhennec de Geoffrey James. Bien sûr, les œuvres de ces trois artistes conduisent mentalement à se projeter vers l’extérieur, dans le parc de sculptures. Pourtant, François Morellet introduit, non sans humour, une vision décalée, ou plutôt biaisée puisque l’oblique noire peinte sur la toile, devenue verticale, détermine un accrochage de l’objet-tableau de guingois. Le point de vue unique, traditionnellement assigné au regardeur, est quelque peu chahuté.
L’espace de la salle centrale, qui donne à l’ouest vers l’étang, est consacré à Toni Grand qui a toujours catégoriquement réfuté la notion d’in situ pour ses sculptures : « La relation de la sculpture aux lieux est paradoxale, je la situe hors toute règle possible. Peut-être faut-il transporter des sculptures dans des lieux par hasard et encore en se trompant? Je veux dire que le désaccord profond ou l’indifférence me semblent de beaucoup plus passionnantes méthodes1 ». Prenons alors le risque de mettre en présence cette sculpture au sol, Sec Equarri-abouté en ligne courbe fermée avec Sec, équarri, refentes entières-glissé-collé, pensée par l’artiste pour être suspendue au plafond. Les interrogations sur la place du spectateur, pour autant, ne sont pas étrangères au sculpteur : « Mes sculptures lient le spectateur à l’espace tout en le déliant d’elles-mêmes2 ». Le regard, ici, balaie un espace entre sol et plafond, et invite à nedéambulation.
Ces deux sculptures, malgré des modalités différentes et complémentaires de présence dans l’espace, appartiennent à une même famille qui révèle l’importance du geste sculpteur (équarrir, fendre, glisser, coller, abouter…), met en évidence une succession d’opérations le plus souvent soustractives qui produisent la forme.
Enfin, dans la salle qui ouvre vers le nord, dessin, photographie et volume déplacent les points de vue dans une rencontre entre une sculpture d’Elisabeth Ballet Par les mots au centre de la pièce et une photographie de paysage Glarus I de Balthasar Burkhard. Cette vue, contrairement à celle de Geoffrey James, ne projette pas le visiteur dans le parc de Kerguéhennec. Le format vertical et la construction étagée de l’espace à la manière d’une peinture de paysage orientale, la montagne et la cascade représentées, tout suggère un ailleurs. Par les mots d’Elisabeth Ballet déploie un dessin géométrique dans l’espace en trois dimensions, jouant du dialogue constant entre surfaces et volumes, l’idée et sa réalisation, présence et représentation.
1. Catalogue Toni Grand, éditions du Centre Pompidou, Paris, 1986, .48 2. Idem, p. 25

Autres artistes présentés

Jocelyn Cottencin, Geoffrey James, François Morellet,
Etienne Hajdu, Toni Grand, Elisabeth Ballet,
Balthasar Burkhard

Horaires

Ouvert tous les jours sauf le lundi, de 11 à 18h

Adresse

Frac Bretagne, Fonds régional d'art contemporain 19 avenue André Mussat 35 000 Rennes France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020