Les Immémoriales

Artistes : Agnes Denes, Monika Grzymala, Cecilia Vicuña
Exposition
49 NORD 6 EST Metz

Monika Grzymala, The River II, 2012/2013 Installation in situ réalisée avec Euraba Artists and Papermakers. Vue de l’exposition Les Immémoriales, Frac Lorraine. Photo : Eric Chenal © L’artiste

Nourries de la mémoire vive des peuples andins, amérindiens et aborigènes d’Australie, trois artistes de générations et d’horizons différents, Agnes Denes, Monika Grzymala et Cecilia Vicuña, proposent un voyage sensoriel et poétique au cœur des préoccupations politiques qui animent nos sociétés du Premier monde.

« Nous exploitons la Terre à la limite de ses capacités. Il est temps pour nous de prêter une oreille neuve au­­x voix des Anciens »
Cecilia Vicuña

Apparus dans les années 1960 (1) pour dénoncer les excès de la société de consommation et de l’industrialisation à outrance, les mouvements écologistes ont modifié en profondeur notre rapport au monde. Ils ont réussi à imposer dans les consciences l’idée que l’être humain est responsable d’une dégradation générale de la planète : les ressources naturelles sont pillées, les sources d’eau se tarissent, les terres ancestrales sont exploitées, les populations autochtones disparaissent… Des traditions orales millénaires s’éteignent, et avec elles, un pan de la culture et de l’histoire humaine sombre dans l’oubli.

Refuser l’oubli et la disparition pour réinventer un être-au-monde basé sur l’égalité, le respect et la liberté… Telle pourrait être l’ambition d’ Agnes Denes, Monika Grzymala et Cecilia Vicuña. Ces trois artistes ont en commun une conscience éthique et esthétique qui guide leur rapport au monde et aux autres. Leur art est éphémère, passage et transmission, habité par la mémoire à vif de peuples et de territoires avec laquelle elles tissent le présent et construisent le futur (2).

En 1968, Agnes Denes (1931, Hongrie) réalisait sa première intervention « éco-logique » dans l’état de New York annonçant ainsi son engagement dans les questions environnementales et les préoccupations humaines. En 1977, elle performait de nouveau le rituel Rice/Tree/Burial près des chutes du Niagara, une « allégorie du cycle de vie » associant plantation d’une rizière, enchaînement d’arbres dans une forêt sacrée jadis cimetière indien, tournage d’un film depuis les chutes et enfouissement d’une capsule témoin adressée au « Homo Futurus » de 2979.

Poète et artiste, Cecilia Vicuña (1948, Chili) crée depuis les années 1960 des installations qui convoquent l’esprit des premiers habitants des Andes. Elle y tisse ensemble le passé et le présent, au sens propre comme au figuré. Ses Quipus s’inspirent du système d’« écriture » des tribus indiennes (des bandes de tissus noués) bannis par la conquête espagnole. Les longues bandes de laine colorées qui animent l’installation immersive Quipu Austral (2012–13) composent une ode chatoyante et tactile à la communion de l’Homme et du cosmos.

Les interventions architecturales éphémères de Monika Grzymala (1970, Pologne) naissent de lignes physiques et mentales et de matériaux communs et fragiles (papier fait main, scotch, bandes magnétiques…). Elle a réalisé The River en 2012 en collaboration avec Euraba Paper Makers, un collectif de femmes aborigènes d’Australie fabricant du papier artisanal à partir des résidus de l’industrie du coton implantée sur leurs terres ancestrales. L’eau, indispensable à la fabrication du papier, est au cœur de la culture du peuple Goomeroi. The River inonde l’espace d’exposition de milliers de feuilles en papier blanc suspendues, rivière de larmes évoquant les esprits perdus.

Tissant le fil de l’eau pour retrouver le fil de la vie, cette exposition renoue le lien vital unissant l’homme à la Terre.

1— Printemps silencieux de Rachel Louise Carson paraît en 1962. Ce livre est un succès éditorial qui popularise le terme « écologie » aux États-Unis
2— Dédié « aux Maoris des temps oubliés », Les Immémoriaux, le roman ethnographico-poétique de Victor Segalen (1878–1919), commence par un trou de mémoire. Ce qui pourrait n’être qu’un oubli anecdotique dans la longue litanie récitée des ancêtres devient le présage de la disparition d’un peuple, oublieux de son savoir et de ses coutumes, de son propre passé

Tarifs :

Entrée libre

Horaires

49 NORD 6 EST – Frac Lorraine 1bis rue des Trinitaires, Metz - Visite libre des espaces d’exposition mardi – vendredi de 14h à 19h samedi & dimanche de 11h à 19h L’exposition est ouverte pendant les vacances scolaires & les jours fériés - Nuit des musées / samedi 18 mai Ouverture jusqu’à minuit Visites guidées gratuites pour tous Samedi & dimanche de 17h à 18h sans réservation Visites guidées gratuites en LSF Dimanches 24 mars, 28 avril et 9 juin à 15h sur réservation : mediation@fraclorraine.org OU sms : 06 87 06 76 40 Visites guidées gratuites pour les groupes (Adultes ou enfants & Personnes en situation de handicap) Du lundi au vendredi de 9h à 17h sur réservation mediation@fraclorraine.org

Adresse

49 NORD 6 EST 1 bis rue des Trinitaires 57000 Metz France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020