Le monde entier s'était remis à vivre

Oeuvres de la collection du Frac Bretagne
Exposition
Arts plastiques
Frac Bretagne, Fonds régional d'art contemporain Rennes
Effondrement des valeurs, quelles soient boursières, idéologiques, religieuses ou morales, bouleversements climatiques annoncés, conflits en tout genre, force est de constater la difficulté à figurer le monde, à penser un avenir meilleur. Raison, progrès, liberté, autant de repères dont la pertinence ne va plus de soi. Face à ces formes d’instabilité généralisées, de morosité ambiante, la tentation est grande de céder au repli individualiste ou à l’inverse de se laisser aller à des réactions plus grégaires. Conscients des mutations profondes qui traversent la société, les artistes, loin d’en nier la réalité, sont porteurs de projets dont l’esprit peut, selon l’expression du penseur Michel Maffesoli, contribuer à « ré-enchanter le monde » (1). Le monde entier s’était remis à vivre, titre emprunté à une nouvelle de l’auteur de science-fiction H.G. Wells (2), rassemble des artistes qui ont en commun de proposer une recomposition des territoires et des espaces qui articule l’individuel et le collectif, le singulier et l’universel. Qu’elles puisent aux sources de l’imaginaire, de l’intuition ou de la tradition des utopies critiques et sociales, ces œuvres cultivent pour la plupart humour et poésie. La cartographie de Marcel Broodthaers fait basculer, par une banale correction de lettres, une carte du monde de géographie politique dans un univers poétique. Emma Kay dessine de mémoire un planisphère pointant la nature subjective de la connaissance puisque la représentation des pays n'est pas proportionnelle à leur dimension réelle mais bien à l'idée que l'artiste s'en fait. Symbole de voyages et de découvertes, la mappemonde est soumise par Guillaume Janot à des perturbations et des décalages : les deux hémisphères ne s'emboîtent plus logiquement, l'Amérique du sud et l'Afrique forment un seul et improbable continent. Pascal Mirande s’est forgé un imaginaire peuplé de mythes et de symboles universels dont les décors mettent en scène l’infiniment petit ou l’infiniment grand. Joana Hadjithomas et Khalil Joreige travaillent autour de l’émergence de l’individu dans les sociétés communautaires, du rapport à l’image et à la représentation, de la difficulté de vivre un présent. Maria Nordman s’intéresse à la cité dont elle propose plans, lignes et parcours pour les fondations d'une ville utopique. Elle combine dans des oeuvres, souvent conçues comme des maquettes, tous les éléments indispensables aux échanges urbains, montrant leur influence sur les comportements sociaux. Thomas Huber interroge le statut, le lieu et la place de l’image dans la société. Ses grands dessins mettent en scène des espaces architecturaux dont la théâtralité vide de toute présence semble ne renvoyer qu’aux apparences de la peinture et de la réalité. (1) Michel Maffesoli, Le réanchantement du monde, éd. La table ronde, 2007 (2) H.G. Wells, Le nouvel accélérateur, éd. Mille et une nuits, 1995

Autres artistes présentés

Marcel Broodthaers, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige, Thomas Huber, Guillaume Janot, Emma Kay, Pascal Mirande, Maria Nordman

Partenaires

Le Frac Bretagne reçoit le soutien du Conseil Régional de Bretagne, du ministère de la Culture et de la Communication - DRAC Bretagne. Le Frac Bretagne est membre des réseaux « Platform », regroupement des Fonds régionaux d’art contemporain et ACB, art contemporain en Bretagne.

Horaires

Exposition ouverte tous les jours sauf le dimanche

Adresse

Frac Bretagne, Fonds régional d'art contemporain 19 avenue André Mussat 35 000 Rennes France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020