Le Cnap aux Rencontres d'Arles 2022

Trois expositions monographiques sur des artistes bénéficiaires du soutien à la photographie documentaire
Exposition
Manifestation/Festival
Les Rencontres d'Arles Arles
Mitch Epstein, Ahmedabad, Gujarat, Inde, 1981 (détail).

Mitch Epstein, Ahmedabad, Gujarat, Inde, 1981 (détail).

À travers plus de quarante expositions installées chaque été dans divers lieux patrimoniaux de la ville, les Rencontres d'Arles contribue depuis 1970 à transmettre le patrimoine photographique mondial. En 2022, le Centre national des arts plastiques collabore aux Rencontres d'Arles et présente, dans le cadre de son soutien aux acteurs du champ de la photographie, les expositions monographiques de trois lauréats au soutien à la photographie documentaire contemporaine. Les projets de Bruno Serralongue, Julien Lombardi et Léa Habourdin sont à découvrir du 4 juillet au 25 septembre 2022.

Bruno Serralongue, Les gardiens de l'eau - Jardin d'été

D’avril à novembre 2016, les Indiens Sioux de la réserve de Standing Rock, dans le Dakota du nord, aux États-Unis, rejoints par d’autres nations et militants, ont dressé un camp le long des berges du fleuve Missouri, au niveau du lac Oahe, pour s’opposer à l’enfouissement sous le fleuve du Dakota Access Pipeline. La population vivant dans la réserve, en aval du lac, craignait des fuites qui pollueraient l’eau du fleuve. Le camp, nommé Oceti Sakowin, a accueilli jusqu’à 10 000 personnes lors d’une épreuve de force contre l’armée et la police, fin novembre 2016, aboutissant à la suspension des travaux, décrétée par le président Obama.
Puis, nouvellement élu, Trump a ordonné à l’armée de reprendre les travaux. En face, malgré le démantèlement du camp Oceti Sakowin, la détermination des Indiens à s’opposer à la destruction de leur « terre sacrée » ne faiblit pas. Elle prendra d’autres formes, sur d’autres fronts. C’est cette lutte constamment renouvelée qu’explore la série Les gardiens de l’eau (Water Protectors) (2017, en cours).

Visite d'exposition
Le 6 juillet 2022 de 11h à 11h30
Par Bruno Serralongue et Pascal Beausse, responsable de la collection photographie du Cnap.

Bruno Serralongue, série Les gardiens de l’eau, 2017

Bruno Serralongue, Gil Kills Pretty Enemy III devant sa maison, posant avec ses armes, McLaughlin, Dakota du Sud, 21 août 2017, série Les gardiens de l’eau (Water Protectors), 2017, en cours.

Julien Lombardi, La Terre où est né le Soleil - Croisière

Enclavée dans une vallée désertique du centre du Mexique, Wirikuta est la terre des mythes fondateurs et de nombreuses divinités pour les Indiens Huichols. Chaque année, ils s’y rendent en pèlerinage pour honorer la naissance du soleil et du feu. Objet de convoitises et de nombreux récits, ce territoire riche en ressources naturelles et culturelles fascine depuis la conquête espagnole. Associant photographies, vidéos et installations, Julien Lombardi nous immerge dans les transformations et les sensibilités qui façonnent cette terre sacrée. Son investigation détourne les codes visuels de l’ethnologie, de l’archéologie ou de la biologie, pour en éprouver les limites. Extraction, prélèvement, découpe sont autant de gestes-miroirs de l’acte photographique et d’une relation technique au vivant, ici en question. Évoquant le réalisme fantastique, Julien Lombardi suggère que les outils de captation du réel peuvent être hybridés à des phénomènes invisibles pour expérimenter de nouvelles formes de récits.

Visite d'exposition
Le 7 juillet 2022 de 10h15 à 11h
Par Julien Lombardi et Pascal Beausse, responsable de la collection photographie du Cnap.

Julien Lombardi, Après la cérémonie, série La terre où est né le soleil, Mexique, 2017-2021

Julien Lombardi, Après la cérémonie, série La terre où est né le soleil, Mexique, 2017-2021.

Léa Habourdin, Images-forêts : des mondes en extension - Croisière

Le travail de Léa Habourdin part d’un constat simple relaté dans la presse : les forêts primaires n’existent plus en France métropolitaine. Les forêts qui survivent sont celles qui n’ont pas subi de trop forte influence de l’homme au cours des dernières décennies. Accompagnée de forestiers et de conservateurs, la photographe a passé deux ans à documenter ces lieux protégés. Elle a ensuite réalisé ses tirages en extrayant la chlorophylle photosensible de végétaux, et en utilisant des pigments de plantes fabriqués par un artisan. Ces tirages, des anthotypes, ont la particularité de ne pas résister à la lumière diurne. Du jaune vif des feuilles de bouleau au rose pâle des pétales de coquelicot, l’image des forêts ainsi fixée est évanescente, entrant en résonance avec le fantasme que nous avons toutes et tous d’une forêt primaire.

Visite d'exposition
Le 7 juillet 2022 de 11h à 11h30
Par Léa Habourdin et Pascal Beausse, responsable de la collection photographie du Cnap.

Léa Habourdin, Images-forêts : des mondes en extension

Léa Habourdin, Images-forêts : des mondes en extension, sérigraphie, pigments d’écorce de chêne et de charbon.

Informations pratiques

Expositions du 4 juillet au 25 septembre inclus
Tous les jours de 10h à 19h30

Les Rencontres d’Arles sont entièrement bilingues (français/anglais).
Le catalogue des expositions sera disponible début juillet (coédition Les Rencontres d’Arles / Actes Sud, versions française et anglaise).
Les Rencontres d’Arles vous accueilleront dans le respect du protocole sanitaire en vigueur, si celui-ci est encore d’actualité, avec une attention particulière portée au contrôle des jauges dans chaque lieu d’exposition.

Adresse

Les Rencontres d'Arles

34 rue du docteur Fanton
13200 Arles
France

Dernière mise à jour le 4 juillet 2022