Chute d’étoiles

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Monumenta 2007 - Sternenfall © Didier Plowy © MCC

Chute d’étoiles se compose de sept maisons et trois sculptures monumentales. Chacune des maisons contient des œuvres : tableaux, installations et sculptures. Le dispositif de l’exposition se construit sur un principe de strates et de niveaux multiples permettant au lecteur de dessiner son parcours à la fois visuel, émotionnel et intellectuel.

LES SEPT MAISONS PRÉSENTÉES

Maison II / nebelland (Pays de brouillard)
Inspirée du poème « Nebelland » d’Ingeborg Bachmann, cette maison croise les motifs de l’Egypte antique, des rites sacrificiels aztèques et de la poésie d’Ingeborg Bachmann, ouvrant une réflexion plastique sur le destin de ces civilisations et la situation de ce cœur d’or arraché, entre la vie et la mort, entre la réalité et le souvenir. Für Ingeborg Bachmann : J’ai vu le cœur du brouillard j’ai mangé le cœur du brouillard, 1997. (Acrylique, émulsion, shellac et plomb sur toile. 2,80 x 5,60 m)
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Maison II / geheimnis der farne (Secret des fougères)
En référence au poème éponyme de Paul Celan, cette maison convoque fougères et bunker en évoquant leur capacité respective à provoquer invincibilité et invisibilité. Ce qui est vrai pour le bunker l’est aussi pour les fougères dont les graines sont réputées détenir, à l’occasion de la Saint Jean, ces vertus secrètes. Installation composée de 44 œuvres et de trois sculptures en béton. (Argile, fougères, émulsion sous verre. Chaque œuvre mesure 1,90 x 1,40 m)
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Maison III la voie lactée
Sous la voûte du Grand Palais, cette maison est habitée par un ciel étoilé qui prend la forme d’un tableau aux proportions impressionnantes. Marquant le temps circulaire qui relie l’homme au cosmos, ce tableau est constellé d’étoiles qui ont chacune un chiffre correspondant à la nomenclature établie par la NASA. Du verre brisé aux graines de tournesol, les matières convoquées accentuent les résonances symboliques. (Huile, émulsion, acrylique, shellac, et plomb sur toile. 7,10 x 8 m)
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Maison IV / aperiatur terra
Reprenant le vers biblique tiré du livre d’Isaïe - « Que la terre s’ouvre » -, Anselm Kiefer reproduit ces paysages craquelés manifestant la force du végétal qui éclot et la puissance desséchante du soleil. Ces toiles aux couleurs vives sont constellées d’autant de fleurs, signes d’une possible renaissance. Aperiatur terra et germinet salvatorem, 2006. (Huile acrylique, émulsion et shellac sur toile. 2,80 x 7,60 m) / Lieber Tot Als Rot, 2006. (Huile, acrylique, émulsion et shellac sur toile. 2,80 x 7,60 m) / Für olympe - für Victor Hugo, 2006. (Huile, acrylique, émulsion, shellac sur toile. 2,80 x 5,60 m).
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Maison V / voyage au bout de la nuit
En hommage au célèbre roman de Louis Ferdinand Céline (1894-1961), cette maison joue sur l’évocation de ce voyage qui n’en finit pas d’empirer. Chaque page du livre nous fait descendre un peu plus profondément dans l’abîme et élève, dans un même mouvement inverse, notre lucidité. Composée d’une trentaine de tableaux disposés en vis-à-vis où se mêlent bateaux, mer et rouille, cette maison fait écho au thème du voyage initiatique. Installation composée de 30 tableaux. (Acrylique, émulsion, shellac, huile et plomb sur toile. Chaque tableau mesure 1,90 x 3,30 m)
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Maison VI / sternenfall (bibliothèque) (Chute d’étoiles).
Dans cette maison, est installée une bibliothèque monumentale de livres de plomb au bord de la chute. Des plaques de verre émergent d’entre les pages et se brisent au sol par intermittence. Le contraste entre la matière ductile du plomb et le caractère cassant du verre témoigne de manière symbolique de cette chute d’étoiles, reprenant par là-même le titre de l’exposition et le jeu architectural avec le Grand Palais. (Bibliothèque constituée de deux éléments en fer - largeur 4 m, hauteur 6 m - et de livres en plomb - entre 190 et 200. Elle est la plus inquiétante réalisée par l’artiste depuis 60 millions de petits pois, 1991, Hamburger Bannhof, Berlin et Mésopotamie - la Papesse, 1985-1989, Hans Rasmus Astrup, Oslo.)
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Maison VII / palmsonntag, 2008 (Dimanche des rameaux).
Reprenant le motif du dimanche des rameaux, Anselm Kiefer réinvestit l’imaginaire de cette fête qui marque l’entrée du Christ à Jérusalem. Le contraste entre cette entrée triomphale et le calvaire à venir intéresse l’artiste qui, par des effets de matière saisissants, joue avec ces feuilles de palmiers trempées dans du plâtre. Ce gigantesque herbier de gloire s’oppose à l’immense palmier mort couché au sol. Installation composée de 33 œuvres et d’un palmier de 18 m de long. (Argile, palmes, émulsion, fusains sous verre. Chaque œuvre : 2,95 x 1,40 m)

LES TROIS SCULPTURES PRÉSENTÉES

Sternenfall – 2007
Tour de béton qui s’élève sous la voûte du Grand Palais, cette œuvre monumentale joue d’un contraste fort avec l’architecture aérienne de verre et d’acier de la nef. Faisant référence aussi bien au mirador qu’à la tour de Babel ou à un mémorial, cette tour se dresse vertigineusement en jouant avec son propre équilibre. (Béton, livres en plomb. Hauteur 17 m, largeur 2 m)
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Verunglükte hoffnung– 2007 (Espoir accidenté)
Tour renversée qui dessine dans l’espace un paysage de ruine, cette œuvre aux allures prophétiques accomplit le destin suspendu de la première tour. L’architecture d’ensemble est bouleversée par cette évocation puissante. Au milieu des décombres, seule la lumière vient nourrir un nouvel espoir. (Béton, bateau en plomb, fer.)
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Sonnenschiff– 2007 (Bateau soleil)
Sculpture puissante évoquant à la fois une architecture improbable et un vaisseau massif, cette œuvre est, par son titre, un hommage à Ingeborg Bachmann. Divers tournesols confèrent à la sculpture cette puissance solaire faisant à la fois référence au motif cher à Van Gogh et à cette constellation en négatif composée de graines calcinées de la plante. (Béton, terre, fer, livres en plomb, tournesols. Hauteur 8 m, largeur 4 m, longueur 7 m)
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La puissance d'émotion des œuvres d'Anselm Kiefer est immédiate : elles nous proposent d'habiter des lieux où la matière et les signes se rejoignent, où l'Homme et le Monde à la fois se séparent et se lient. Composée de peintures et de sculptures à la puissance émotionnelle immédiate, son œuvre s'inspire des grands drames du 20e siècle et de nombreux motifs cosmogoniques. Sables, branches, corps célestes, cheveux, textes poétiques, mystiques ou scientifiques sont autant de matériaux qu'il rassemble dans des œuvres grandioses mais toujours très directes. Et c'est parce que ces émotions et ces questionnements font partie de l'expérience de toute condition humaine que l'œuvre d'Anselm Kiefer éclaire les fondements de notre civilisation, jusque dans ses plus sombres errements historiques. Refusant l'amnésie, l'artiste trouve dans de fulgurantes visions des ressources nouvelles pour faire face à l’irreprésentable et nous engage à reconstruire le fil de la raison. En perpétuelle réélaboration, l’œuvre d’Anselm Kiefer se construit par couches et sédimentations.

Les matériaux s’accumulent, les peintures se densifient et subissent les assauts de la nature. Les éléments qu’ils rassemblent et utilisent sont assimilés par ses œuvres souvent monumentales qui dessinent dans l’espace de véritables paysages plastiques. La matérialité même des tableaux saisit le visiteur qui est littéralement transporté au cœur d’un art de la démesure, un art où le temps fait son œuvre et où chacun est invité à se perdre et se retrouver.

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Dernière mise à jour le 22 août 2017