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Centre national des arts plastiques

Galerie Dohyang Lee

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Résurrection

Exposition
22 mai • 17 juillet 2010

Il est désormais devenu des plus commun dʼapprendre, avec une fréquence de plus en plus soutenue, que telle ou tel artiste relit lʼhéritage moderniste, les enjeux de lʼart conceptuel ou quelque autre partie de lʼhistoire de lʼart. A tel point quʼil semble illusoire de vouloir cerner les multiples applications de ces stratégies. Cʼest donc sans ambition dʼexclusivité que la galerie Dohyang Lee présente avec plaisir des photocopies de publications épuisées, une conférence sur les copies des motifs géométriques de Piet Mondrian, un plan qui a sûrement servi à Robert Smithson pour préparer Amarillo Ramp et qui en porte désormais la trace, lʼattestation quʼau MoMA la roue de bicyclette de Marcel Duchamp tourne encore et la remise en circulation dʼune œuvre de Ben Kinmont. La rencontre de ces propositions voudrait postuler que toute manipulation dʼœuvre permet de les ramener à la vie, en sachant quʼil ne sʼagit pas obligatoirement de celle quʼelle connaissait jusquʼalors.

En effet, le déplacement depuis le passé, qui a vu naître une œuvre, vers le présent, qui lʼaccueille désormais, en produit toujours un renouvellement. Elle est ainsi pourvue de strates supplémentaires, appliquées par les conditions de leurs diverses apparitions, qui les reconfigurent inlassablement. Les artistes ici exposés, plutôt que de nier cet état de fait, lʼexploitent comme modalité de production. Plus exactement, en refusant de considérer les œuvres historiques comme désormais inaltérables, ils les envisagent depuis leurs situations actuelles. Situations qui ne sont plus celles de leur création. Mais puisque aucune mesure ne pourra les rendre aux temps de leur naissance, il apparaît salutaire de les placer dans celui qui a la charge de les conserver. Si ce retour vers le présent les réanime selon des modalités qui nʼétaient probablement pas inscrites sur leurs actes de naissance, il garantit néanmoins de les maintenir en vie. Une vie qui se prolonge alors sous une apparence renouvelée.

Ainsi, les revues et livres photocopiés par le collectif Continuous Project se présentent sous leur forme la plus élémentaire dʼimprimé. Les reprises sur différents supports et dans des contextes variés des formes géométriques de Piet Mondrian sont présentées par Alexis Guillier comme autant de survivances du travail de ce peintre. En faisant apparaître une sculpture pensée pour évoluer avec les cycles de la nature sur une représentation objective du territoire, Yves-Marie Rinquin lui offre une implantation paradoxale. Les documents qui rendent compte des risques que prend Pierre Leguillon à refaire un geste habituel pour Marcel Duchamp replacent lʼaventure au cœur de la visite de musée tout en déjouant les codes de lecture qui y sont imposés. Le protocole élaboré par Ben Kinmont pour répondre à une contrainte économique est recomposé par Emilie Parendeau pour ne plus sʼadresser uniquement à lʼinstitution qui lʼaccueille mais aussi à son public. Ici, les œuvres du passé ne sont pas des objets éternellement inscrits dans une période révolue mais ont la capacité de hanter la nôtre. Elles sʼactivent en prenant acte de la définition de Walter Benjamin postulant que « lʼhistoire de lʼart est une histoire de prophéties ».

Le samedi 5 juin à 18h aura lieu M for Mondrian, une conférence illustrée proposée par Alexis Guillier

Dernière mise à jour le 20 août 2018

Galerie Dohyang Lee

73-75 rue Quincampoix
75003 Paris 03
France
Téléphone : 01 42 77 05 97
Télécopie : 01 42 76 94 47
Dohyang Lee