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Centre national des arts plastiques

Centre d'art contemporain Rurart

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Olga Kisseleva

Le meilleur des mondes

Arts plastiques - Exposition
30 septembre • 19 décembre 2010
En modulant par des dispositifs scientifiques l’espace public suivant l’humeur, les valeurs et les caractéristiques physiques des visiteurs, Olga Kisseleva construit à chacun un monde sur mesure et interroge notre capacité à vivre ensemble.
Complément d'informations : 
L’artiste russe Olga Kisseleva questionne les changements survenus dans la société et dans le comportement humain suite aux avancements de la science et au progrès technologique. Pour Rurart, l’artiste réalise trois nouvelles pièces. "Sur-mesure" éclaire la salle d’exposition de la couleur des yeux du visiteur. Un dispositif permet de capter la couleur de l’iris de chaque visiteur et de la convertir en lumière. L’œuvre donne à voir poétiquement le monde à la couleur de chacun. Mais au-delà de la poésie, l’artiste met en scène de manière ironique et grinçante la construction et la perception d’un espace public, collectif, de manière à ce que chaque individu s’y retrouve, quitte à flatter sa perception du monde en balayant celle du visiteur précédent. [Production Rurart] "It’s time" (réalisé en collaboration avec Sylvain Reynal, chercheur en physique quantique), consiste en une grande horloge digitale, qui s’adapte à l’état émotionnel des visiteurs. Ainsi l’horloge affichera-t-elle des messages apaisants et un temps ralenti lorsque les visiteurs de l’exposition seront d’humeur paisible. A contrario, un visiteur stressé verra l’horloge prendre de l’avance et lui adresser des messages l’invitant à se dépêcher davantage. Comme l’artiste le précise, "It’s Time" aborde une des questions cruciales de notre société postmoderne : l’accélération du temps. Ce changement de perception du temps se produit au niveau collectif et augmente sensiblement le niveau du stress et de la frustration individuelle. Ma recherche concerne ainsi différentes questions relatives à la perception du temps aujourd’hui, à la conséquence de cette perception sur la conscience individuelle, aux limites d’influence de la pensée individuelle sur la modification de la conscience collective. [Production Rurart] "Paradise", combine des bribes des Livres des quatre grandes religions monothéistes telles que les identifie l’artiste : la Bible, la Thora, le Coran, … et le Capital de Marx. Olga Kisseleva : les Livres en question sont en quelque sorte des modes d’emploi d’une conduite à tenir pour trouver le chemin du Paradis. J’ai grandi en Union Soviétique. La lecture et l’exégèse du Capital constituaient une forme de catéchisme, une conduite économique à tenir. La combinaison des extraits de ces textes, sacrés ou sacralisés, permet à chaque lecteur de construire un système de valeur qui lui est propre en fonction de ses aspirations, plutôt que de se fondre dans une religion standard. "Collapsar" est un dispositif optique composé d’un cône surmonté d’un miroir hémisphérique. En entrant dans le cône, le visiteur voit se refléter l’ensemble de la salle d’exposition dans le miroir hémisphérique au-dessus de lui. À l’exception d’une zone : celle dans laquelle il se trouve. Ainsi Collapsar fait-il disparaître le visiteur de la salle d’exposition, l’individu de l’espace public. En creux, c’est la place et la responsabilité de chacun dans le monde d’aujourd’hui que l’artiste interroge par l’absurde. [Production Rurart] En invitant à la définition d’un système de valeurs « à la carte », en construisant un espace à la perception individualisée, en influant le cours du temps en fonction de l’humeur du jour, pour le dire simplement en construisant pour chacun un monde sur mesure, Olga Kisseleva interroge la capacité des hommes à vivre ensemble en tenant compte des enjeux qui peuvent dépasser l’addition de leurs aspirations individuelles : La notion de la sur-mesure est symptomatique du monde contemporain. Aujourd’hui la question des limites se pose clairement. Dans quelle mesure avons-nous le droit d’adapter notre environnement suivant nos désirs de conforts ? Où se trouve la frontière entre le légitime et le superflus, entre l’amélioration et la destruction ?
Dernière mise à jour le 23 sept. 2011

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