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Une collection sans murs

Collection historique

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Louis Janmot, Sainte Cécile, un chef d’œuvre méconnu de la peinture lyonnaise au sein des collections du CNAP

  • Louis Janmot, Sainte Cécile, 1869
    FNAC FH 869-215
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Louis Janmot, Sainte Cécile, 1869, FNAC FH 869-215
    Détail des deux figures d’anges de droite, situées derrière sainte Cécile. Il s’agit du portrait des deux filles de l'artiste, Charlotte et Aldonce, comme en témoigne un dessin préparatoire conservé au Département des arts graphiques du Musée du Louvre (RF 41313, recto), également daté de 1869.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Louis Janmot, Sainte Cécile, 1869, FNAC FH 869-215
    Détail de la signature en bas à gauche.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Pierre-Henri Revoil (1776-1842), Charles Quint à l’abbaye de Saint-Just, 1836, FNAC PFH-827
    Formé dans l’atelier de David à l’École des Beaux-Arts de Paris à partir de 1795, Revoil se forme à la peinture d’histoire mais s'oriente dès les années 1810 vers des sujets historiques populaires au caractère anecdotique et à la technique minutieuse qui témoigne de sa fascination pour le Moyen-Age et le passé national, fondant avec le peintre lyonnais Fleury-Richard le « style troubadour ». Lyon devient rapidement l’un des centres de production de ce genre pictural alors que Revoil est nommé professeur à l'École des beaux-arts de Lyon au Palais Saint-Pierre (actuel Musée des Beaux-Arts). Cette huile sur toile, datée et signée 1836, est achetée au Salon des Artistes Vivants en 1838 où elle est exposée sous le numéro 1491. Illustrant un épisode de la vie de l’Empereur du Saint-Empire Romain Germanique, après son abdication en 1556, qui médite sur la gloire passée et éphémère et la vanité du Monde, le tableau est déposé dès 1839 au Musée Calvet d’Avignon.
    © domaine public / CNAP / photo : Musée Calvet (Avignon)

  • Pierre-Henri Revoil (1776-1842), Giotto enfant, 1840, FNAC PFH-4921
    Acheté en 1842, mais daté de 1840, ce tableau illustre l’un des mythes qui ont fasciné tout particulièrement les artistes et les intellectuels au XIXe siècle, celui de l’enfance et de la vocation précoce des grands maîtres du passé. Il décrit en effet le moment (relaté par Lorenzo Ghiberti et Giorgio Vasari) où « Giotto enfant aurait commencé par garder les chèvres de son père Bondone, et le peintre Cimabue, le surprenant à dessiner sur une pierre avec un charbon près d'un cours d'eau, émerveillé de son génie précoce, aurait emmené le jeune berger, âgé d'une douzaine d'années, dans son atelier ». Exposé au Salon des Artistes Vivants de 1841 sous le numéro 1683, le tableau sera envoyé la même année au Musée des Beaux-Arts de Grenoble.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Antoine-Jean Duclaux (1783-1868), Paysage, FNAC PFH-5890
    Paysagiste et peintre animalier, Duclaux se forme à l’École des Beaux-Arts de Lyon, auprès de Revoil, et a comme condisciples Fleury-Richard, Genod, Bonnefond ou encore le sculpteur Legendre-Héral. Ce tableau est une délicate évocation de la vie pastorale, un troupeau de vaches paissant aux abords d’une rivière, et témoigne de l’habileté de l’école lyonnaise et de Duclaux en particulier, dans la pratique de la peinture de genre, caractérisé par un rendu minutieux et illusionniste, proche de la peinture sur porcelaine, témoignant d’une fidélité aux techniques de la peinture hollandaise des XVIIe et XVIII e siècle.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Elise Bruyère (1776-1842), Fleurs et fruits, 1817, FNAC PFH-6327
    Fille du peintre d’histoire Le Barbier (elle signe d’ailleurs souvent Bruyère née Le Barbier), lyonnaise d’adoption, elle se spécialise dans la peinture de fleurs. Ce tableau de petites dimensions (95 x 75 cm), exécuté en 1817, est acheté à l’artiste le 4 décembre 1819 pour la somme de 1200 francs, après avoir été exposé au Salon des Artistes Vivants de cette même année, sous le titre Fleurs dans un vase et branche de prunier sur une tablette de marbre. Cette superbe nature morte, rappelant la facture de la peinture sur porcelaine, témoigne de la virtuosité alors reconnue de cette femme peintre qui bénéficiera d’autres achats ou commandes de la part de l’État. Elle est déposée dès l’origine au Musée des Beaux-Arts de Lyon.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Simon Saint-Jean (1808-1860), Guirlande de fleurs suspendue autour d’une niche gothique contenant une statue de la Vierge, dite Offrande à la Vierge, 1842, FNAC PFH-5636
    Datée de 1842, cette huile sur toile (145 x 118 cm) présentée en 1842 au Salon de la Société des Amis des Arts de Lyon, puis au Salon des Artistes Vivants de 1843, sous le numéro 1053, à Paris où elle est achetée par l’Etat (avec une participation de la ville de Lyon) pour la somme de 3 000 francs, est peut-être le chef d’œuvre de l’artiste. Peintre de fleurs, une spécialité lyonnaise liée à l’importante présence des ateliers de soierie dans la ville, formé à l’École des Beaux-Arts de celle-ci, l’artiste combine ici inspiration médiévale, goût romantique du passé catholique, et rappel de la grande tradition hollandaise de la peinture de fleurs. L’œuvre est déposée depuis 1843 au Musée des Beaux-Arts de Lyon.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Simon Saint-Jean (1808-1860), Guirlande de fleurs suspendue autour d’une niche gothique contenant une statue de la Vierge, dite Offrande à la Vierge, 1842, FNAC PFH-5636
    Détail de la figure de la Vierge.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Simon Saint-Jean (1808-1860), Guirlande de fleurs suspendue autour d’une niche gothique contenant une statue de la Vierge, dite Offrande à la Vierge, 1842, FNAC PFH-5636
    Ce détail atteste de la virtuosité technique et picturale du peintre à rendre le relief et la gamme chromatique des fleurs, dans un parfait effet de trompe-l’œil.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Hippolyte-Jean Flandrin (1809-1864), Le Dante conduit par Virgile, offre des consolations aux âmes des envieux, 1834-1835, FNAC PFH-5893
    Illustrant La Divine comédie du poète italien Dante, acheté à l’artiste en 1836 pour la somme de 3 500 francs, ce grand tableau de chevalet (295 x 245 cm) est un envoi réglementaire de Rome, alors que Flandrin est pensionnaire de la villa Médicis, après le Prix de Rome obtenu en 1832. Commencé en septembre 1834 et achevé en mars 1835, il est présenté au Salon des Artistes Vivants de 1836, sous le numéro 697 où cette composition obtient la Médaille d’or de Seconde classe. Il est déposé dès 1837 au Musée des Beaux-Arts de Lyon. L’artiste a dépeint un épisode du Chant III du Purgatoire, celui où Dante, accompagné de son guide le poète latin Virgile, s’entretient avec les âmes des Envieux, aveugles de corps et d’esprit.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Claude Bonnefond (1796-1860), Un vœu à la Madone (Scène romaine), 1835, FNAC FH 862-28
    Cette huile sur toile (193,5 x 147,5 cm), présentée en 1836 au Salon de la Société des Amis des Arts de Lyon puis au Salon des Artistes Vivants de 1861, sous le numéro 330, est particulièrement représentative de la peinture de genre romantique de cette période, issue de la description du pittoresque de la vie romaine. Il s’agit d’un achat posthume à la veuve de l’artiste en 1862, pour la somme de 3 000 francs. Le tableau est déposé dès 1864 au Musée des Beaux-Arts de Lyon.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Paul Chenavard (1807-1895), La Palingénésie sociale ou La Philosophie de l’histoire, vers 1850, FNAC PFH-5887 (1)
    Cette monumentale huile sur toile (303 x 380,5 cm) appartient à l’ensemble du cycle intitulé La Palingénésie universelle commandé à l’artiste le 18 avril 1848 pour la décoration du Panthéon que les autorités de la Seconde République souhaitent alors transformer en temple de l’Humanité. Chenavard entreprend alors de créer un cycle de pas moins de 60 épisodes retraçant l’épopée humaine depuis le chaos originel jusqu’à la Révolution française, auxquels devaient également s’ajouter des décors reproduits en mosaïque. Il s’agit ici de l’esquisse de la composition de la coupole du Panthéon, destinée à être traduite en mosaïque, comportant pas moins de 150 personnages, articulée en 3 registres : Le Passé, Le Présent et L’Avenir. L’avènement du Second Empire en 1851 devait mettre fin brutalement au projet de décor de Chenavard. La série de 22 toiles de Chenavard est déposée depuis le 24 février 1875 au Musée des Beaux-arts de Lyon.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Gabriel Tyr (1817-1868), Le Christ enfant instruisant, 1850, FNAC PFH-5481
    Œuvre du peintre lyonnais Gabriel Tyr, cette huile sur toile (104 x 68 cm), signée et datée de 1850, est un achat par commande à l’artiste le 28 février 1849 pour la somme de 1200 francs. Exposé au Salon des Artistes Vivants de 1850 sous le titre L’Ancien et le Nouveau Testament (numéro 2974 du livret), ce tableau est particulièrement représentatif de la peinture religieuse lyonnaise de cette époque et montre la fascination des peintres lyonnais, dont Janmot, pour les primitifs italiens. Il est aujourd’hui déposé au Puy-en-Velay.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Antoine Chintreuil (1816-1873), Paysage, 1858, FNAC PFH-2811
    Le peintre Antoine Chintreuil est particulièrement bien représenté sur les inventaires du Fonds national d’art contemporain. En effet pas moins de 14 tableaux représentant majoritairement des paysages ont été acquis tout au long de sa carrière, dont plusieurs représentations de son département natal, l’Ain. Ce paysage, signé et daté de 1858 est un achat par commande à l’artiste cette même année, et ce pour la somme de 1 500 francs. Déposé dès 1859 au Musée de Mende, il témoigne du développement de la peinture de paysage et du plein-airisme d’après le motif, à la suite de l’école de Barbizon.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

  • Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898), L’Automne, 1864, FNAC FH 864-261
    Cette huile sur toile de dimensions monumentales (285 x 226 cm), est à mettre en relation avec l’ensemble des œuvres exécutées pour le décor monumental de l’escalier du Musée de Picardie à Amiens. Exposée au Salon des Artistes Vivants de 1864, sous le numéro 1590, achetée par l’Etat pour la somme de 4 000 francs, l’œuvre est déposée la même année à Lyon. Il s’agit d’une composition allégorique où la figure de la femme assise, vêtue de bleue, semblant regarder pensivement le groupe des jeunes femmes à la nudité antique, symbolise à la fois l’âge mûr, l’Automne de la Vie mais aussi le cycle des saisons. Rappelons que le Musée des Beaux-Arts de Lyon conserve aussi la composition monumentale marouflée Le Bois Sacré cher aux Arts et aux Muses (FNAC 732), installée dans le grand escalier du Musée depuis juillet 1884.
    © domaine public / CNAP / photo : service interne

Alors que les musées de Lyon et de Bourg-en-Bresse célèbrent actuellement le rôle de nombreux peintres lyonnais dans la redécouverte du passé national et l’invention du genre de la peinture troubadour 1, il semble nécessaire de revenir sur un peintre trop méconnu, Louis Janmot. Aujourd’hui conservé au Musée des Beaux-Arts de Lyon, l’étude de ce singulier tableau religieux permet à la fois de replacer la figure de Louis Janmot dans le champ de la création artistique française et européenne du XIXe siècle, de faire ressurgir la place singulière de Lyon comme grand centre artistique régional, mais aussi de voir comment l’État a pu se positionner face à des artistes ou des créations pouvant se placer en marge des Salons parisiens officiels, et faire ainsi redécouvrir d’autres acteurs de la modernité historique.
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LOUIS JANMOT, UN PEINTRE SINGULIER, ACTEUR DES CERCLES INTELLECTUELS ET PHILOSOPHIQUES DE LYON.
Louis Janmot, né à Lyon en 1814 (où il meurt en 1892), est un acteur majeur de l'idéalisme lyonnais, et peut-être l'un des artiste-apôtres du romantisme les plus emblématiques. Il se forme à l’école des Beaux-Arts de Lyon à partir de 1831 puis à Paris où il devient l’élève du lyonnais Victor Orsel et du peintre Jean-Dominique Ingres, qu’il suivra à Rome en 1836. À partir de 1835, il conçoit un vaste cycle, intitulé Le Poème de l’Âme, dont les trente-quatre panneaux et mille quatre cent quatre-vingt-douze vers sont achevés définitivement en 1880. Cet ensemble suit la transmutation sur terre de deux âmes-sœurs, pour regagner leur patrie céleste. Cette doctrine est développée originellement dans L'Homme de désir, publié à Lyon en 1790 par l'illuministe Claude de Saint-Martin. Cette œuvre picturale et littéraire marquée du sceau de l’étrangeté attire très vite l’attention de ses contemporains. Théophile Gautier dès 1854, puis Baudelaire sont attirés par les dix-huit toiles du Poème de l'âme, admises à l'Exposition Universelle de 1855 grâce à l’appui d’Eugène Delacroix. Les sources illuministes inscrivent Le Poème de l'âme dans la vaste famille européenne des disciples, proches ou lointains, du mystique Jakob Böhme, de William Blake ou du peintre allemand Philipp Otto Runge dans ses propres tableaux liés aux Heures du Jour. La peinture et l’œuvre de Janmot ne peuvent aussi se comprendre sans les replacer dans le contexte intellectuel si particulier de Lyon, berceau du catholicisme social, marqué par un fort sentiment de singularité dans une ville partagée entre « la colline qui prie » de Fourvière, et « la colline qui travaille » de la Croix-Rousse industrieuse 2, et aussi empreinte d’un mysticisme issu du souvenir des martyrs des premiers chrétiens de la Capitale des Gaules tout comme d’une nostalgie royaliste envers le Moyen-Age. Janmot appartient également au proche cercle intellectuel catholique de Frédéric Ozanam, Henri Lacordaire et Lamennais. Cependant il n’arrivera pas à obtenir tous les honneurs officiels parisiens tant espérés : il ne bénéficiera en effet, vers la fin de sa vie, que de quelques achats de la part de l’Etat, dont ce tableau de Sainte Cécile 3.
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LA SAINTE CÉCILE DE JANMOT : UN TABLEAU PROGRAMME, EMBLÉMATIQUE DU PRÉRAPHAÉLISME FRANÇAIS ?
Acheté pour la somme de 2 000 francs au Salon des Artistes Vivants en 1869 où il est exposé sous le numéro 1252, l’inquiétante étrangeté du tableau est flagrante : tout d’abord son format ovale alors déjà désuet (mais renvoyant à la forme du tondo de la Renaissance), sa gamme chromatique profondément irréelle, le choix d’une architecture céleste, la déformation tout aussi symboliste des visages et de la composition, le profond mysticisme émanant du groupe de la jeune martyre et des quatre anges figurés sous des traits enfantins féminins allié à un érotisme et une  suavité qui ne sont pas sans provoquer un certain malaise pour le regard contemporain. Les deux figures d’anges de droite sont en fait les portraits des deux filles de l'artiste, Charlotte et Aldonce, renforçant l’aspect énigmatique du tableau. Issu à la fois de l’étrangeté irréductible de la peinture ingresque, mais aussi d’une étude attentive des maîtres du Quattrocento dont le Pérugin et son élève Raphaël, Lyon ayant été au XIXe siècle (et tout particulièrement les collections du Musée des Beaux-Arts) un lieu essentiel pour la diffusion du goût pour les Primitifs italiens, le tableau de Janmot s’inscrit effectivement dans le processus créatif rétrospectif complexe qui traverse alors une large part de la création européenne, des Nazaréens allemands aux Préraphaélites français puis anglais. Les figures féminines de Janmot partagent en effet avec ces derniers une même ferveur dantesque et énigmatique ; elles anticipent à la fois Odilon Redon et nombre de figures mystérieuses du Symbolisme européen. Mais l’œuvre de Janmot est aussi à relier aux créations des nombreux artistes lyonnais comme Fleury-Richard, Revoil, Victor Orsel, les frères Hippolyte et Paul Flandrin ou encore Jean-Baptiste Frenet. Enfin le mysticisme philosophique de Janmot est à rapprocher de l’œuvre d’un autre artiste lyonnais Joseph Chenavard qui mériterait à lui seul un développement spécifique, tout comme il semble anticiper l’art secret et symboliste d’un Puvis de Chavannes 4.
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LE PARCOURS ADMINISTRATIF SINGULIER DE L’ŒUVRE : UN CHEF D’ŒUVRE LYONNAIS REVENU RÉCEMMENT DANS SA VILLE NATALE
Il ne faudra pas moins de 120 ans pour que le tableau de Janmot regagne les rives du Rhône et de la Saône. En effet dès son acquisition en 1869, il doit être envoyé dans l’église paroissiale de Lunel dans l’Hérault. Sa taille ne permettra pas cependant de concrétiser ce projet, il sera alors déposé en 1872 au château royal de Blois, puis finalement redéposé en 1999 au Musée des Beaux-Arts de Lyon, complétant ainsi le corpus des artistes lyonnais.
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DE PIERRE-HENRI REVOIL A PUVIS DE CHAVANNES, LES MULTIPLES FACETTES DE L’ART LYONNAIS DANS LES COLLECTIONS DU CNAP
La collection nationale de l’État a porté sur ses inventaires de nombreux tableaux d’artistes de l’école Lyonnaise, permettant une traversée esthétique de cette école si singulière, des prémices de la peinture Troubadour aux horizons nouveaux du Symbolisme.

En effet, outre plusieurs tableaux emblématiques de la peinture dite « troubadour » (Pierre-Henri Revoil, Charles Quint, FNAC PFH-827 ; Giotto, PFH-4921), plusieurs courants et artistes lyonnais sont particulièrement bien représentés : peinture de paysage (Antoine-Jean Duclaux, Paysage, FNAC PFH-5890), peinture de fleurs (Simon Saint-Jean, Fleurs dans un chapeau, FNAC PFH-263, Guirlande de fleurs, FNAC PFH-5636, La Jardinière, FNAC PFH-8116, Elise Bruyère, Fleurs et fruits, 1817, FNAC PFH-6327), peinture religieuse ou d’histoire (Gabriel Tyr, Le Christ enfant instruisant, 1850, FNAC PFH-5481, Michel Philibert Genod, Une scène de l’inondation des Brotteaux (Lyon) en 1856, FNAC PFH-5620 ; Claude Bonnefond, Un vœu à la Madone, 1835, FNAC FH 862-28 ; Hippolyte-Jean Flandrin, Le Dante conduit par Virgile, FNAC PFH-5893, Euripide composant ses tragédies, 1836, FNAC 23144 ; Sébastien Melchior Cornu, Bacchanales, 1831, FNAC PFH-5120, mais aussi Claudius Lavergne ou Joseph Benoît Guichard). Paul Chenavard est représenté par l’exceptionnel ensemble des projets pour le décor du Panthéon. Enfin les peintres de la modernité comme Jacques Barthélemy dit Adolphe Appian (près de 12 tableaux dont Temps gris, marais de la Burbanche (Ain), 1868, FNAC FH 868-7, Antoine Chintreuil avec pas moins de 14 tableaux), sans oublier également Jean Louis Ernest Meissonnier ont également été achetés, mais c’est Puvis de Chavannes, acteur inclassable qui se dégage avec un ensemble exceptionnel de compositions monumentales : outre les décors du Musée de Picardie (Concordia et Bellum, FNAC FH 861-184, Jeunes picards s’exerçant à la lance, 1882, FNAC 403), du Panthéon, mais aussi de la mairie de Poitiers, l’artiste lyonnais est représenté par de grands tableaux de salons dont L’Automne, 1864, FNAC FH 864-261, anticipant les achats plus tardifs d’artistes comme Victor Koos ou Pierre Combet-Descombes.

Xavier-Philippe Guiochon
Conservateur en chef du patrimoine
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Pour en savoir plus
Le temps de la peinture : Lyon 1800-1914
: [exposition, Lyon, Musée des Beaux-arts, 20 avril-30 juillet 2007] / conception et réalisation, Sylvie Ramond, Gérard Bruyère et Léna Widerkehr ; auteurs, Yuriko Anne Baccon, Stephen Bann, Aloÿs de Becdelièvre,... [et al.]. - Lyon : Fage, cop. 2007.

L'esprit d'un siècle : Lyon, 1800-1914 : [catalogue d'expositions, Lyon, avril-juillet 2007] / [Benoît Bardet, Bruno Benoît, Dominique Bertin, et al.]. - Lyon : Fage éd., 2007.

Paul Chenavard, 1807-1895 : le peintre et le prophète : [exposition, Lyon, Musée des beaux-arts, 8 juin-27 août 2000] / sous la dir. de Marie-Claude Chaudonneret. - Paris : Réunion des musées nationaux ; Lyon : Musée des beaux-arts de Lyon, 2000.

Puvis de Chavannes au Musée des beaux-arts de Lyon [Texte imprimé] : [exposition, Musée de beaux-arts de Lyon, 1er octobre-6 décembre 1998] / [catalogue par Philippe Durey, Dominique Brachlianoff, Pierre Vaisse, et al.]. - Paris : Réunion des musées nationaux, 1998.

La peinture lyonnaise au XIXe siècle [Texte imprimé] / Élisabeth Hardouin-Fugier, Étienne Grafe. - Paris : les Éd. de l'amateur, 1995.

Louis Janmot précurseur du symbolisme [Texte imprimé] / études et documents réunis et présentés par Wofgang Drost, Elisabeth Hardouin-Fugier. avec le texte intégral du Poème de l'âme, 1881 / établi par Birgit Gottschalk. - Heidelberg : C. Winter, 1994.

Louis Janmot : 1814-1892 / Élisabeth Hardouin-Fugier. - Lyon : Presses universitaires de Lyon, 1981.

Les Peintres de l'âme : art lyonnais du XIXème siècle : [exposition], Musée des beaux-arts de Lyon, juin-septembre 1981. - Lyon : Musée des beaux-arts, 1981.

  • 1. Cette exposition portant le titre L’Invention du Passé. Histoires de cœur et d’épée en Europe, a débuté le 19 avril 2014.
  • 2. Cette caractérisation des collines de Lyon est issue l’ouvrage de Jules Michelet, Le Banquet, paru en 1878 : « Je vis bien dès ce jour l'opposition des deux montagnes, de la montagne mystique et de celle du travail : mais je ne sentis pas leur guerre ».
  • 3. Outre 3 copies exécutées pour le Musée européen des copies de Charles Blanc (conservées à l’ENSBA de Paris) et une réplique datant de 1877 du Portrait de Henri Lacordaire (Musée de Versailles, RF 226, MV 5152), 4 autres oeuvres de Janmot sont inscrites sur les inventaires du Fonds national d’art contemporain : un achat de 1867 (La Vierge et l’Enfant Jésus, saint Vincent de Paul et sainte Sophie, FNAC FH 867-148), un de 1868 (La Sainte Famille, FNAC FH 868-198), un de 1872 (La Décollation de saint Jean-Baptiste, FNAC PFH-8100) et enfin un en 1878 une Vierge glorieuse (FNAC PFH-8101).
  • 4. Le catalogue de l’exposition de 2007 du Musée des Beaux-Arts de Lyon, Le temps de la peinture : Lyon 1800-1914, reste l’ouvrage de référence sur l’art lyonnais du XIXe siècle.
Dernière mise à jour le 06 août 2014