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Centre national des arts plastiques

Galerie Art : Concept

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Jean-Luc Blanc

faux-roman visage

Arts plastiques - Exposition
22 mars • 23 avril 2014

A l’occasion de sa huitième exposition personnelle à la galerie Art : Concept, Jean-Luc Blanc présente un nouvel ensemble de dessins et de peintures. Difficile de sortir du cadre et de ne pas citer pour la énième fois les sources d’inspiration de cet artiste qui secoue la scène artistique française depuis plus de 20 ans. On se rappelle volontiers son Opéra Rock, rétrospective au CAPC de Bordeaux en 2009 pour laquelle il s’était entouré de ses amis artistes. On le dit généreux, fidèle, entier, amasseur, étrange, limite... mais connaît on vraiment Jean-Luc Blanc ?


On sait qu’il accumule, trie et classe des centaines d’images provenant de magazines, revues et autres supports médiatiques allant des années 70 à nos jours, se constituant une sorte de banque de données toujours en mouvement et intemporelle, bien réelle dans une ère pourtant régie par Wikipedia ou Google. Les images sommeillent, décantent puis un jour, l’une d’entre elles se révèlent à l’artiste. De ces images somme toutes banales, galvaudées voire vulgaires, sorte de symboles d’une société décadente, vont naître des images nouvelles. L’image choisie n’est plus la simple reproduction sur papier glacé sans qualité plastique évidente de quelqu’un à un instant « T », mais elle devient le fil conducteur d’une autre histoire ; une histoire qui se déroule dans un contexte en perpétuel évolution et qui participe à la création de nouvelles formes de la conscience tragique.


Absurdité, désarroi, disgrâce d’une époque certes, mais l’image a une valeur symbolique dans le travail de JLB car elle permet une disjonction entre ce que l’on voit et ce que l’on ressent. Rappelant les mécanismes du cinéma et notamment ceux des films de Marguerite Duras où la description de ce que le spectateur ne peut pas voir lui permet de se créer ses propres images ; les images de JLB autorisent des interprétations multiples et outrepassent les codes préétablis chers à la peinture et dans le cas présent assignés au genre du portrait. Ici, pas de représentation cadrée à mi-corps ou en pied, on s’éloigne volontiers des carcans académiques ; le cadrage est étrange, les visages grimaçants, plaintifs ou inquiétants. Plus qu’une représentation fidèle à une personne, il s’agit davantage d’un moment où le temps s’arrête et où tout peut basculer ; la mère de famille dont la vie est réglée comme du papier à musique et s’écoule en une lente mélodie ou agonie c’est selon… va prendre un couteau et égorger son mari, le serial killer va finalement passer à l’acte, le chasseur va mettre en joue sa proie passant de promeneur bucolique à assassin.


Cette idée de basculement, d’instant où le cours des choses jusqu’ici calme est bouleversé, rappelle que le travail de JLB s’articule aussi autour de la notion de temps. Marguerite Duras mettait des points de suspensions, utilisait des anaphores pour signaler la domination prééminente et inéluctable du temps sur les êtres humains. Jean-Luc Blanc, lui, inscrit ses personnages dans une temporalité lente et répétitive ponctuée par les coups de pinceaux portés sur la toile. Les allers et retours, les retouches ou ajouts sont nombreux et la finitude d’une œuvre n’est ainsi jamais vraiment déterminée. faux-roman visage est une exposition qui disloque ses protagonistes, elle est l’expression que peindre ou dessiner chez Jean-Luc Blanc est intimement liée aux expériences et modes de vie de chacun, c’est à dire qu’elle relève davantage de nos sensations et d’une narration finalement personnelle que d’un fil conducteur parfaitement établi. Les personnages de JLB sont tels les pellicules d’un film, on peut les lire de droite à gauche, les mettre sur pause, les faire revenir en arrière, leur inventer un futur, les retoucher ; ces œuvres à mi-chemin entre palimpseste et objet fictionnel devenant alors autant de moyens de confronter l’être humain à lui-même et à ses contradictions fondamentales.

Horaires : 
mardi-samedi 11h-19h
Heures de vernissage : 
18h-21h
Dernière mise à jour le 11 avr. 2014

Galerie Art: Concept

4, passage Sainte-Avoye
entrée 8, rue Rambuteau
75003 Paris 03
France
Téléphone : 01 53 60 90 30
Télécopie : 01 53 60 90 31
Directeur : Olivier Antoine