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Une collection sans murs

Histoire du fonds national d'art contemporain

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1960-1976 : l’ère Malraux

  • Marc Chagall
    Plafond de l'Opéra Garnier à Paris
    1964

  • Pol Bury
    81 boules sur 9 plans, 1966
    Bois, moteur
    120 x 230 x 60 cm
    FNAC 9600
    Achat par commande en 1968
    © ADAGP/CNAP/photo : CNAP

  • Max Ernst
    Fontaine pour la ville d'Amboise, 1967¬ - 1968
    Achat par commande en 1967
    FNAC 9611
    En dépôt depuis 1968 : Ville d'Amboise
    © ADAGP/CNAP/photo : CNAP

  • Nicolas Schöffer
    Chronos 10, 1970
    Duraluminium, acier, inox, plastique
    Hauteur : 400 cm Envergure : 500 cm
    Achat par commande en 1970
    FNAC 9736
    En dépôt depuis le 14 septembre 1987 : Direction des Parcs, Jardins et Espaces Verts de la Ville de Paris
    © ADAGP/CNAP/photo : CNAP

  • Nicolas Schöffer
    Chronos 10, 1970
    Duraluminium, acier, inox, plastique
    Hauteur : 400 cm Envergure : 500 cm
    Achat par commande en 1970
    FNAC 9736
    En dépôt depuis le 14 septembre 1987 : Direction des Parcs, Jardins et Espaces Verts de la Ville de Paris
    © ADAGP/CNAP/photo : CNAP

LES ACHATS
Avec l’« ère Malraux » et la création du ministère des Affaires culturelles en 1959, une politique d’acquisition ouverte et attentive à la création contemporaine est mise en place. En 1962, le service de la création artistique naît sous la direction de Bernard Anthonioz et intègre le Bureau des travaux d’art. À cette période, sont également mis en place un bureau des travaux de décoration des édifices publics et une commission de la création artistique, « chargée de proposer au Ministre l’acquisition ou la commande d’œuvres d’art ».

Cela se traduit successivement par la création de corps de personnels « experts » et d’établissements en faveur d’une politique d’achat plus stricte, tournée vers l’art vivant, français et international (nomination des inspecteurs de la création, mise en place d’un réseau de conseillers régionaux en 1965, création d’une association, le Centre national d’art contemporain, CNAC, en 1969).
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DANS LES ANNÉES 1960, le monde de l’art se dote d’outils critiques, de revues et de lieux d’exposition dédiés spécifiquement à l’art contemporain. Attentifs à la pluralité des propositions, une nouvelle équipe d’inspecteurs de la création artistique réalise en amont un travail de prospection dans les visites d’ateliers ou dans les Salons. L’État fait alors des choix pertinents dans l’actualité artistique française.
Les achats reflètent bien l’effervescence de la création contemporaine. Ils sont presque simultanés à des manifestations fondatrices des groupes et des mouvements artistiques inscrits aujourd’hui dans l’Histoire. L’art cinétique est aussi bien représenté dans les collections que la Figuration narrative ou le Nouveau Réalisme. L’art s’engage alors dans la lutte politique, voisine avec la pensée scientifique et philosophique ou utilise de manière critique les rebuts ou les symboles de la société de consommation.
Les échanges internationaux et la présence à Paris d’artistes de diverses origines favorisent l’ouverture sur la scène artistique internationale. Les services du ministère acquièrent en 1968 par exemple une œuvre majeure de Francis Bacon à Londres pour le Musée national d’art moderne. Mais ils se tournent surtout vers la scène américaine : Alexander Calder est sélectionné en 1964 et 1969 pour des sculptures monumentales.
Au cours des années soixante, une centaine d’œuvres cotées sont achetées à Louise Nevelson, Mark Tobey, Sam Francis, Mark Rothko, Georges Segal ou Edward Kienholz… Pour des sommes plus modestes, des œuvres de  Joan Mitchell, Claes Oldenburg (des estampes) ou Peter Saul sont acquises.
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À PARTIR DE 1969, date du lancement officiel du projet du Centre Pompidou, une grande partie du budget d’acquisition est allouée à la constitution d’une collection pour le futur Centre (il ne disposera d’un budget d’acquisition autonome qu’à partir de 1974). Parallèlement à cette politique active d’acquisition d’œuvres muséales, l’achat d’œuvres destinées aux dépôts institutionnels est maintenu.
L’État achète entre 350 et 600 œuvres chaque année. Mais une période complexe s’engage en raison du faible budget alloué. Il ne compense pas les dépenses extraordinaires exigées par l’importance du futur musée du Centre Pompidou. L’État s’appuie aussi sur les donations ou sur les dations pour pallier l’insuffisance de crédits. Durant ces années, l'État acquiert beaucoup d’œuvres graphiques peu coûteuses. Il découvre également de jeunes artistes prometteurs, comme Bernar Venet, Christian Boltanski, Annette Messager ou Daniel Dezeuze… Il assure une politique du suivi d’un artiste tout au long de sa carrière. Cela permet de constituer un fonds représentatif de son travail, dans la durée et la variété de ses modes d’expression. L’État peut aussi acheter des œuvres secondaires d’un artiste en difficulté économique. Cette politique sociale est menée jusqu’à ce qu’un système de sécurité sociale pour les artistes soit créé en 1977.
Alors que le Centre Pompidou est créé en 1977, une nouvelle appellation est choisie pour désigner la collection de l’État. Elle porte dorénavant le nom de « Fonds national d’art contemporain », par arrêté de Michel Guy du 25 avril 1976.
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LA COMMANDE PUBLIQUE
EN 1962, le service de la Création artistique du ministère d’André Malraux est fondé. Il confie des commandes prestigieuses à des artistes réputés : Marc Chagall pour l’Opéra Garnier et André Masson pour le Théâtre de l’Odéon. Parallèlement, Bernard Anthonioz développe une politique de commandes passées à de jeunes artistes : Agam, Jean Tinguely, Jean Pierre Raynaud…
Le ministère des Affaires culturelles apporte son appui à certaines initiatives locales. Le « musée sans murs » est le premier symposium de sculptures en France, organisé à Grenoble en 1967 pour les Jeux Olympiques d’hiver.
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À PARTIR DE 1974, débute un vaste programme de commandes dans les villes nouvelles. Monique Faux est nommée conseiller aux arts plastiques dans le cadre de cette politique d’aménagement du territoire. Développé durant plus de vingt ans, ce programme permet de lancer des commandes ambitieuses dans les villes.
L’artiste est invité à travailler pour l’espace public et avec des équipes pluridisciplinaires. Un dialogue nouveau s’engage avec l’aménageur, l’architecte, l’urbaniste, ou encore le paysagiste.
Ce croisement de compétences est une des nouvelles orientations de la commande publique.

Dernière mise à jour le 02 Mai 2016