Yvan Salomone - Aquarelle

Aquarelles sur papier,
92 x 133 cm chaque
,
1991-2015

Biographie

Né en 1957. Vit et travaille à Saint-Malo. Représenté par les galeries : Xippas, (Paris, France), galerieofmarseille, (Marseille, France), Baronian-Francey, (Bruxelles, Belgique), Sonia Zannettacci, (Genève, Suisse)

Depuis le 5 août 1991, Yvan Salomone réalise des aquarelles selon des règles précises et immuables qui l'ont amené à constituer un corpus de près de sept cent-trente images. L'utilisation de cette technique, que l'on est spontanément tenté de juger anachronique, est chez lui tout sauf nostalgique. Elle se double de la pratique de l'écriture dont Le point d'Ithaque. Cahiers 1991-2006, ouvrage récemment publié par le Mamco et véritable plongée intime dans la constitution des images, est le résultat.

Avant de peindre des aquarelles, Y. Salomone a composé une série de tableaux au format très allongé (à la manière du cinémascope). Réalisées avec du bitume de Judée, matière noire et photosensible, ces oeuvres dépeignaient des zones portuaires sans présence humaine, un motif qui demeure aujourd'hui encore au centre de son travail. Car les aquarelles qui ont très vite succédé aux tableaux proposent d'une manière quasi-exclusive des paysages industriels dont l'identité est en suspens et dont l'homme est physiquement le grand absent même s'il est le seul responsable du spectacle silencieux que l'artiste dépeint. Chaque aquarelle a le même format (133 x 97 cm). Pour la réaliser, l'artiste part en repérage, un geste qui structure véritablement son existence car, confie-t-il, « la vie est un repérage ». Il prend des photos de ces espaces qui enregistrent les traces matérielles et quelquefois monumentales du travail humain puis les projette et choisit celles qui seront le moment d'impulsion de la peinture. Il projette alors à nouveau la photo sélectionnée sur la feuille de papier sur laquelle, en utilisant la technique de l'aquarelle, l'image est reprise. Cette manière de faire refroidit un rapport à la peinture et à un processus de fabrication d'images très ancien qui pourrait être nostalgique. Bien au contraire, non seulement le choix des motifs donne une dureté iconographique actuelle à la représentation, mais l'apport singulier d'Y. Salomone est d'avoir inscrit l'aquarelle dans sa condition photographique. Souvent des carrés, des rectangles et autres cercles noirs circulent sur ces images amplement colorées. Ce sont des formes géométriques qui recouvrent ou s'insèrent dans des paysages industriels, des zones urbaines a priori peu séduisants, et qui ne leur appartiennent pas, sortes de moments d'abstraction sombres qui arrêtent le regard au milieu d'un traitement polychrome de la figuration.

Extrait du texte écrit par Thierry Davila pour l'exposition d'Yvan Salomone’s Yes I will yes, in cycle Futur antérieur, séquence d'été, 2010.

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Yvan Salomone began painting watercolours on 5th August 1991, following a set of precise and unchanging rules. These paintings have since become an entire body of work. The use of this specific technique, which one might readily deem anachronistic, is in his case anything but nostalgic. (…)

Before switching to watercolours, Y. Salomone created a series of very wide, cinemascope-like pictures painted in bitumen of Judea, a black photosensitive substance. These pieces depicted harbour scenes devoid of any human presence – a motif that remains a central motif in his work to this day. Indeed, the watercolours, which quickly replaced his other pictures, are almost exclusively focused on non-identified industrial scenes, in which the physical presence of humans is conspicuously absent – albeit being responsible for the silent spectacle that the artist depicts. All of the watercolours are equally sized (133 x 97 cm) and follow the same process. First, the artist scouts a location. He considers this step as something that truly structures his existence, in that “life is scouting”. He then takes photographs of these locations that evidence the material, and at times monumental, traces of human labour, then projects them in order to choose which of them will give him the impulse to paint. He then projects the selected photograph onto a piece of paper and reproduces the image thus obtained in watercolours. This method puts a damper on a certain idea of painting and very ancient process of creating pictures, which could be considered nostalgic. Quite the contrary: not only does Y. Salomone’s choice of motifs give the depictions a relevant iconographic sharpness, but his unique contribution is also to have reconnected watercolour to its photographic condition. Black squares, rectangles and circles can often be found hovering within the otherwise mostly colourful pictures. The geometric shapes are painted over or inserted in these industrial landscapes, these urban areas that seem anything but appealing. They do not belong there – they are like dark moments of abstraction that catch the eye amidst his polychromatic treatment of figuration.

Excerpt from a text written by Thierry Davila for Yvan Salomone’s exhibition Yes I will yes, in the “Futur antérieur” rotation, summer 2010

Site internet et réseaux sociaux

Site internet : http://www.salomone.org
Source

Documents d'artistes Bretagne - Partenariat Centre national des arts plastiques / Réseau documents d'artistes.

Dernière mise à jour le 10 juin 2021