vitrines de l'Artothèque : Gil J Wolman et Eric Watier

Gil J Wolman peintre de tradition orale et Eric Watier éditeur simpliste
Exposition
Arts plastiques
Bibliothèque municipale de Lyon Lyon

Vitrines de l’artothèque : Gil J Wolman peintre de tradition orale et Eric Watier éditeur simpliste Il est devenu évident aujourd’hui que l’art de Gil J Wolman (1929-1995) comportait de nombreuses intuitions artistiques qui ont été reprises et amplifiées dans les années 1960. La Bibliothèque montre les aspects essentiels de l’œuvre, à travers des archives et quelques œuvres originales. L’artiste Eric Watier (né en 1963) est très proche des perspectives esthétiques et idéologiques de Wolman. L’exposition les met en dialogue, et atteste de nombreuses connections entre les deux, parmi lesquelles les problématiques du don et de la diffusion de l’œuvre, celles de sa matérialité et de son originalité. Gil J Wolman (né en 1929) a participé à plusieurs courants artistiques de l’après guerre, en conservant une marque personnelle « d’avant gardiste permanent »: il se lie d’abord au Mouvement lettriste, qui active le mot et le son, et les incorpore à des propositions plastiques. Il touche également au cinéma, avec son film l’Anticoncept (1951), précurseur du cinéma expérimental. Wolman et son ami Guy Debord fondent le mouvement de l’Internationale Lettriste en 1952, qui publiera une revue éponyme. La revue Potlatch leur sert de bulletin d’information. Simple feuille ronéotypée, Potlatch est envoyée à des lecteurs involontaires choisis à travers le monde (1954 à 1957). Cette notion de don arbitraire marquera fortement les travaux d’Eric Watier quelques décennies plus tard. Wolman co-signe avec Debord le « mode d’emploi du détournement » (1956) qui préfigure l’Internationale Situationniste de Debord : on y prône l’usage du plagiat - «communisme littéraire». En 1963, Wolman invente le procédé de « l’art scotch » : il prélève un texte imprimé en l’arrachant à l’aide d’un morceau d’adhésif, avant de le tremper dans l’eau pour ne retenir que l’encre : puissance de l’écrit orphelin de son support. Il réfléchit aussi à la matérialité de l’œuvre : dans une démarche proche de l’art conceptuel, il théorise la désincarnation de l‘œuvre d’art dans l’Hypothétique manifeste de l’hypothétisme (1962). La notion de « séparation » est sans doute fondamentale dans le mode opératoire de Wolman : il déchire (« sépare ») toutes sortes de documents, images ou objets, selon le principe de destruction créatrice cher aux lettristes. A partir de 1980, Wolman se concentre sur le marché de l’art, essayant d’en démonter les mécanismes. Question qui sera l’un des moteurs de l’œuvre d’Eric Watier, 30 ans plus tard. Depuis 1992, Éric Watier (né en 1963) a orienté son travail vers les questions et de reproduction et de diffusion. Le concept d’originalité de l’œuvre est selon lui invalidé par les techniques de reproduction qui se succèdent depuis les années 1980. C’est ainsi qu’il a d’abord reproduit ses propres dessins sous la forme d’un mensuel photocopié. Sa rencontre avec la revue Potlatch de Wolman et Debord a renforcé ce désir de mise à disposition de l’œuvre et sa recherche sur le don : il envoie à 50 abonnés involontaires sa première revue : les architectures remarquables avec un papillon de désabonnement. (1996) L’ère numérique a marqué encore une évolution dans le système de diffusion d‘Eric Watier : ce qui est numérisé pouvant être reproduit sur n’importe quel support, dans n’importe quelles dimensions, en 2003 Eric Watier propose gratuitement des CD comportant une image d’Éric Watier libre de droits. Le site web monotonepress.net permet désormais de télécharger et d’imprimer les dessins et autres scanographies d’Éric Watier. Une même œuvre peut revêtir des apparences différentes, relayant en cela les préceptes de dématérialisation de Gil J Wolman. En étant attentif aux potentiels de chaque évolution technologique, et en adoptant une position radicale vis-à-vis des droits d’auteur, Eric Watier a développé un modèle idéologique tout autant qu’artistique : connaisseur et admirateur de l’œuvre de Wolman, son système de production et sa réflexion sur l’appréciation de l’œuvre semblent être l’héritage de la générosité wolmanienne. Commissaire : Françoise Lonardoni

Complément d'information

vendredi 7 octobre à 18h30 conférence de Frédéric Acquaviva :

à la Bibliothèque municipale de Lyon, La Part Dieu
Présentation des différentes parties de l'oeuvre, avec extraits sonores et films sur Gil J Wolman.

Frédéric Acquaviva (1967) est historien du lettrisme et de la poésie sonore, et commissaire d'expositions (Isidore Isou, Henri Chopin, Maurice Lemaître, Pierre Albert-Birot,Gil J Wolman au MACBA Barcelone, Fundaçao Serralvès-Porto, CIPM Marseille). Il est directeur de collection et fondateur des Editions AcquAvivA.
Compositeur de musiques expérimentales, il a réalisé 9 radio/phonies pour France Culture autour des avant-gardes historiques.
Il a édité 16 CDs monographiques chez Al Dante, Casus Belli.... et diffusé sa musique dans des lieux tels que la Fenice à Venise, le Centre Pompidou ou le Palais de Tokyo à Paris, White Box à New-York

jeudi 24 novembre Nuit Résonance à Lyon : lectures d'Eric Watier passage Thiaffait 69001 Lyon et autres artistes jusqu'à 23h

Artistes

Autres artistes présentés

Gil J Wolman

Partenaires

Galerie Lara Vincy (Paris) Frédéric Acquaviva, Paris Charlotte Wolman, Paris Centre du Livre d’Artiste, Saint Yrieix la Perche Éric Watier, Montpellier

Horaires

du mardi au samedi 10h - 19h (18h le samedi)

Adresse

Bibliothèque municipale de Lyon 30 boulevard Vivier Merle 69431 Lyon France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020