Villes Africaines en Mouvement

Films soutenus par le Cnap
Projection/Diffusion audio
Ca'asi Venise
Photographie de Stéphane Couturier, Alger - Cité « Climat de France »

Stéphane Couturier, Alger - Cité «Climat de France», 2011-2012 - Façade #1

David Yon, <i>La nuit et l’enfant, ou le Songe d’un habitant de Djelfa</i>, 2015, 60’
Production : Survivance / A bénéficié d’une aide au développement Image/mouvement du CNAP en 2012

Image tirée du film HILLBROW de Nicolas Boone

Nicolas Boone, HILLBROW, 2014, 32’. Ce film a bénéficié d'une aide au développement Image/ mouvement du Cnap en 2013.

Image tirée du film La Fièvre de Safia Benhaïm

Safia Benhaïm, La Fièvre, 2014, 40’. Ce film a bénéficié d’une aide à la production Image/mouvement du Cnap en 2010.
 

Image tirée du film À qui appartiennent les pigeons ? de Frédérique Lagny

Frédérique Lagny, À qui appartiennent les pigeons ?, 2012, 39’.
Ce projet a bénéficié d'un soutien pour une recherche artistique du CNAP en 2011.

Vue in-situ de Villes africaines en mouvement

Vue in-situ, Villes africaines en mouvement, La maison commune d'Architecture-Studio à Venise.

Vue in-situ de Villes africaines en mouvement

Vue in-situ, Villes africaines en mouvement, La maison commune d'Architecture-Studio à Venise.

Vue in-situ de la maison commune d'Architecture-Studio à Venise

Vue in-situ, La maison commune d'Architecture-Studio à Venise.

Vue in-situ de la maison commune d'Architecture-Studio à Venise

Vue in-situ, maison commune d'Architecture-Studio à Venise.

AS.Architecture-Studio invite Pascale Cassagnau – responsable des collections audiovisuelles, vidéo et nouveaux médias au Cnap – et Françoise Docquiert – directrice adjointe du département Arts et Sciences de l’Art à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – à présenter Villes Africaines en Mouvement.

Au sein de la Ca’ASI, l’exposition poursuit la réflexion engagée par AS.Architecture-Studio sur les villes africaines, initée en 2014 avec le concours « Young Architects in Africa ». Le projet Climat de France de Stéphane Couturier, présenté par Françoise Docquiert, ouvre cette exposition. Série de photographies et de vidéos réalisées à Alger dans la cité dessinée par Fernand Pouillon, ce travail explore la vie inhérente à l’habitat collectif moderniste. Un ensemble de vidéos soutenues par le Centre national des arts plastiques complète cette présentation et offrent une vision poétique sur l’Afrique urbaine d’aujourd’hui et de demain.

La ville, l'architecture, la question urbaine

Films soutenus par le Centre national des arts plastiques
Programme proposé par Pascale Cassagnau - Responsable des collections audiovisuelles, vidéo et nouveaux médias au Cnap

Contemporain de l’invention du cinéma, l’espace urbain moderne s’est constitué à la manière d’un film par collages successifs, montages, architecture de la lumière. La ville, l’architecture et le cinéma entretiennent de nombreux rapports croisés : des représentations aux métaphores, de l’architecture des images à la cinématique de la ville. Le cinéma des origines comme le cinéma moderne portent avec l’architecture qui leur est contemporaine les valeurs de modernité. Vecteurs d’une utopie pensée comme planétaire, les films Berlin, Symphonie d’une ville de Walter Ruttman, L’Homme à la caméra de Dziga Vertov, Les Hommes le dimanche de Robert Siodmak, en témoignent notamment. Établissant des carnets de villes dans l’espace filmique, les artistes contemporains se sont emparés de l’architecture propre au film et de l’espace urbain, pour questionner à nouveau, après Antonioni et Wenders notamment, la modernité et ses espaces publics, l’identité, le sujet, la singularité quelconque. L’espace urbain constitue le miroir et la scène privilégiés pour décrypter et inscrire les turbulences politiques du présent, les autobiographies collectives, les archives de la mémoire.

Safia Benhaïm, Cap Tingis, 2012, 6’
À Tanger, au bord d’une route, un panneau invite à venir visiter un appartement témoin dans une résidence en construction. Sur l’affiche, un homme est dessiné, habitant virtuel de la résidence dominant la mer. L’homme accoudé à son balcon regarde. Un grincement sourd résonne : deux enfants jouent à la balançoire. Les regards des enfants vivants et de l’homme virtuel s’échangent, se croisent, habitants d’un même entre-monde.

Safia Benhaïm, La Fièvre, 2014, 40’
Production : Red Shoes / A bénéficié d’une aide à la production Image/mouvement du Cnap en 2010
Tourné au Maroc en février 2011 pendant les émeutes révolutionnaires, le film de Safia Benhaïm est un montage parallèle qui entremêle la vision du réel portée par une enfant prise de fièvre traversant une ville en voiture et l’évocation du retour d’une exilée politique dans son pays natal, sous la forme d’un fantôme entrevu. Les points de vue de l’enfant et du fantôme de l’exilée ne cessent de s’échanger, par éclats d’images, en un voyage dans le temps et l’espace qui fait coïncider par ailleurs le présent des luttes et le passé de l’exil politique. Le double récit ressucite l’histoire de la décolonisation et de luttes oubliées en éclairant les nouvelles luttes du présent.

Nicolas Boone, Hillbrow, 2014, 32’
Production : Tournage 3000 / A bénéficié d’une aide au développement Image/mouvement
du Cnap en 2013
Fruit d’une résidence en Afrique du Sud, Hillbrow met en scène la traversée d’un quartier de Johannesbourg particulièrement déshérité et violent, par des personnages de fiction qui accomplissent diverses actions sur le mode de la performance, en se passant successivement le relais des gestes. Découpé en dix scènes, à partir de récits collectés à Hillbrow même, le film met en tension la fiction et la réalité : les non-lieux urbains que sont la rue, le supermarché, les parkings, les terrains vagues sont le cadre d’actions dessinant le portrait inversé de la ville et de ses communautés.

Frédérique Lagny, À qui appartient les pigeons ?, 2012, 39’
Ce projet a bénéficié d’un soutien pour une recherche artistique du Cnap en 2011.
Troisième volet d’une série d’essais réalisés au Burkina Faso, ce film s’inspire du livre L’histoire du fou, un roman de l’écrivain et essayiste Mongo Beti. Le film interroge la construction des identités culturelles en Afrique de l’Ouest, au Burkina Faso plus précisément, dont la culture est marquée par le fait colonial et qui s’ancre dans les problématiques des développements post-coloniaux. À travers le portrait croisé de deux personnages, le film tend au spectateur le miroir de deux solitudes appréhendées à travers l’exercice poétique du langage parlé et du langage gestuel. En puisant son inspiration dans la littérature de Mongo Beti et de Sony Labou Tansi, l’écriture filmique emprunte au dispositif du plan séquence sa puissance d’évocation et d’incarnation, dans l’espace même d’un théâtre sans théâtre.

Ange Leccia, Azé, 2004, 70’
Production : Camera Lucida / A bénéficié d’une aide à la postproduction Image/mouvement du Cnap en 2003
Conçu sans paroles, Azé met en évidence une matière filmique extrêmement dense, dont les séquences tournées en Afrique du Nord, sont agencées selon un principe de dérivation : les images et les plans semblent toujours dévier de leur trajectoire première, par répétition, dédoublement ou segmentation. Le film invente son propre mode temporel étiré que souligne la matière sonore, faite de sons enregistrés, de bruits, de musiques. À son tour, le spectateur est invité à recomposer l’ensemble du récit qui est livré d’une manière dispersée et fragmentaire à l’ouverture du film.

David Yon, La nuit et l’enfant, ou le Songe d’un habitant de Djelfa, 2015, 60’
Production : Survivance / A bénéficié d’une aide au développement Image/mouvement du Cnap en 2012
Se fondant sur la correspondance entre la philosophe Simone Weil et l’anarchiste espagnol Antonio Atares, qui fut interné dans les années 40 dans la ville algérienne de Djelfa, le film de David Yon prend la forme d’un essai rhapsodique pour évoquer au présent toutes les strates qui composent l’histoire architecturale et humaine de Djelfa, faisant ressurgir par bribes les fragments fragiles d’une mémoire et ses traces effacées.

Stéphane Couturier, Climat de France

Proposé par Françoise Docquiert, Directrice adjointe du département Arts et Sciences de l’Art à l’université - Paris 1

Ce nouveau travail marque à la fois une continuité et une rupture avec les dernières séries de Stéphane Couturier. Une continuité, car il porte sur un ensemble architectural et urbain, une rupture, car Stéphane Couturier délaisse la photographie pour s’emparer de la vidéo. Contemporain de son époque, l’artiste ne pouvait se résoudre à utiliser un seul médium même si l’image sous toutes ses formes – statique ou animée – n’est que le prolongement d’une réflexion plus théorique sur l’agencement des métropoles modernes.
C’est une partie de ce travail, exposé précédement à l’Hôtel des Arts de Toulon, centre d’art du Conseil Général du Var, et à la galerie Michel Journiac, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qui est présentée à la CA’ASI. Oubliant la rectitude du format photographique, Stéphane Couturier a choisi, pour enrichir son vocabulaire, de reproduire le grouillement de la cité à travers une seule photo courant sur une longue cimaise en continu, complété par des vidéos et des images fixes. L’artiste joue ici sur le recto et le verso des façades pleines de vie de cette immense cité moderniste. Avec cette série, Stéphane Couturier nous incite et nous force à regarder les brèches et les aspérités des explosions urbaines du XXI ͤ siècle et de ses populations. Mais aussi à entrer en empathie avec les déracinements du siècle.

Complément d'information

7 mai 2015 : vernissage de l’exposition
8 mai 2015 : ouverture à la presse et aux professionnels
9 mai - 30 août 2015 : exposition ouverte au public
Horaires d’ouverture : tous les jours 11h-18h, sauf le lundi et le mardi.

Adresse

Campiello Santa Maria Nova, 6024
30121 Venise
Italie

Dernière mise à jour le 23 mars 2020