Marie-Ange Guilleminot, Le salon de transformation blanc, 1999
Interview vidéo de Caroline Arhuero
Production : LET'S PIX
Vous avez ici le « Salon de transformation blanc » de Marie-Ange Guilleminot, de 1998-1999. C'est une œuvre participative, elle convie les gens à réaliser des tsurus, donc des origamis en forme de grues.
Cette œuvre a été imaginée en hommage à une enfant japonaise, Sadako Sasaki, qui a été victime de la bombe d'Hiroshima et qui a ensuite lutté contre la maladie.
Pendant sa lutte contre la maladie, elle avait commencé à réaliser des pliages dans l'espoir de guérir. Elle avait fait le vœu, selon la tradition, de pouvoir réaliser mille de ces tsurus. Elle n'en a réalisé qu'environ 600 et malheureusement elle n'a pas survécu.
Au-delà de cette histoire très précise, l'artiste a souhaité aussi montrer l'espoir. Marie-Ange Guilleminot a toujours été influencée par les relations entre l'Occident et l'Extrême-Orient, donc c'est un travail très important autour du Japon.
Vous avez ici deux ordinateurs qui, en permanence, montrent le pliage étape par étape, afin que les gens puissent le réaliser.
Tout le monde participe, tous les âges, les gens sont tout à fait ravis, certains avec une grande dextérité, puis d'autres avec plus de difficulté dans la réalisation, mais il y a un plaisir, ce souhait de participer, de réaliser quelque chose et de le laisser.
Marie-Ange Guilleminot, en invitant le public à participer à l'œuvre, montre aussi combien l'œuvre, c'est tout autant le geste, la réalisation, la transformation, l'acte en train de se faire que l'œuvre elle-même. Grâce à cela, l'intermédiaire que l'œuvre peut représenter entre un geste artistique et la connaissance d'un lieu, la connaissance d'une civilisation, et ce cheminement qu'il peut y avoir au travers de la participation à la réalisation d'une œuvre.
Marie-Ange Guilleminot fait dialoguer dans l’ensemble de son travail les cultures de l’Occident et de l’Extrême-Orient. Elle s’appuie notamment sur les arts asiatiques liés aux rituels : l’art du thé, l’art du kimono, l’art de l’origami. L’objet qui est au centre de son travail est toujours hybride, à la fois utilitaire, quotidien et œuvre d’art.
Ses Salons de Transformations sont des lieux de rencontrent qui sollicitent la participation active du visiteur. Dans Le salon de transformation blanc, Guilleminot nous invite ainsi, à l’aide d’une vidéo, à réaliser des Tsuru, pliages en forme de grues réalisés selon la technique de l’origami.
Profondément marquée par la découverte du Monument des enfants pour la Paix d’Hiroshima, Marie Ange Guilleminot, rappelle à travers ce rituel la destinée d’une jeune fille japonaise, Sadako Sasaki, victime de la bombe atomique, qui avait pratiqué l’origami dans l’espoir de guérir.
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Dernière mise à jour le 3 décembre 2025