Le projet Explorateur a démarré parce que, tous les quatre ans, se tient un grand événement : le Vendée Globe. En arrivant, j’ai eu envie de faire quelque chose en relation avec le Vendée Globe. J’avais entendu parler de l’exposition qu’avait réalisée Sébastien Faucon, intitulée Explorateur, à Anguilla-les-Bains. C’est ainsi que j’ai eu envie de prendre contact avec le Cnap, parce que je trouvais que c’était une idée intéressante pour construire une programmation en écho au Vendée Globe, autour des thèmes de l’exploration, de l’aventure et de la découverte.
Cette exposition se déployait un peu en deux volets. La première étape consistait à creuser scientifiquement ce que l’on souhaitait mettre dans l’exposition au niveau des œuvres, avec l’idée de concevoir une exposition collective d’art contemporain. C’est bien sûr une mission du Cnap, mais aussi celle du musée : le soutien à la jeune création, autour de ce thème transversal de l’exploration. Le Cnap était véritablement partenaire, à part égale, voire largement à part égale. Il ne s’agissait pas simplement d’un prêt d’œuvres, comme le Cnap peut aussi en réaliser, notamment pour le musée des Sables, très régulièrement. Là, il s’agissait réellement de bâtir une exposition ensemble, sous tous ses aspects.
C’était une exposition construite à deux voix, avec toute l’expertise du Cnap, tant sur la sélection des œuvres, avec le responsable des collections d’art contemporain, que sur la réalisation du catalogue, avec le responsable des éditions. Les collections du Cnap sont d’une richesse absolument inouïe et, effectivement, je pense qu’on a besoin d’un passeur pour pouvoir y entrer. Je peux faire un premier repérage dans les catalogues, puis je vais voir mon homologue au Cnap, en l’occurrence Sébastien Faucon, pour travailler sur les problématiques de la peinture contemporaine, de la peinture aujourd’hui.
J’arrive avec mon bagage et ma collection, que je connais très bien ; lui arrive avec son regard et sa collection, qu’il connaît tout aussi bien. On essaie de croiser tout cela, d’abord à partir des catalogues et des images, puis ensuite dans les réserves. Évidemment, la peinture, il fallait la voir, la regarder. La sélection était volontairement très variée : il y avait à la fois du dessin, de la photographie, de la vidéo, des wall paintings. Il y avait notamment un wall painting d’Amish Fulton, issu des collections du Cnap, qui n’avait sans doute pas été présenté très souvent. On présentait aussi des livres d’artistes, notamment une série d’On Kawara.
En entrant dans l’exposition, on découvrait une vidéo de Marcel Dinahet, Les Finistères, projetée sur un grand écran. Aux Sables-d’Olonne, le musée est plutôt réputé pour sa collection de peinture ; montrer de l’art vidéo constituait donc un changement, auquel nous tenions beaucoup. C’est toujours un peu compliqué, car il y a des œuvres très différentes, mais c’est aussi l’avantage et l’inconvénient de ce type d’exposition : chacun peut y trouver une œuvre avec laquelle il entre véritablement en résonance. Autour du propos de l’exploration, une tonalité générale se dégageait, une ambiance, que l’on ressentait assez bien dans l’exposition et qui a été très bien perçue par les visiteurs.