Véadakis

Aujourd'hui, je sème ma mémoire
Exposition
Arts plastiques
Galerie Dialogos - 75003 Paris 03
De Véa Xiradakis à Véadakis Mutation d’une artiste totale L’été dernier, la Galerie Dialogos a présenté un condensé de 10 intenses années de peinture et de sculpture de Véa Xiradakis. Entre 1990 et 2000 l’artiste se donne entièrement à l’abstraction picturale en même temps que son expression sculpturale s’épanouit totalement dans le bronze, passant de la période du « Corps en Mouvement » à celle du « Corps mis en Pages » qui donnera naissance à ses célèbres « Femmes-Livres ». Cet automne, à partir du 8 octobre, Véa Xiradakis, artiste du XXe siècle, transmutée en Véadakis, artiste du XXIe siècle investit les murs et l’espace de la galerie parisienne pour y présenter l’exposition « Corps de lettre et l’être de corps », ses travaux récents et inédits, mêlant nouvelles technologies et matériaux novateurs. Véa Xiradakis, une artiste du XXème siècle Tout d’abord peintre, Véa Xiradakis a abordé la sculpture presque par accident, au détour des incessantes expérimentations formelles qui jalonnent son parcours artistique. Les personnages de sa peinture figurative ont décidé de sortir de la toile et de s’offrir une existence tridimensionnelle. La figure humaine, qui était alors au centre de sa peinture, occupe désormais tout le champ de sa création sculpturale : de sa naissance (« Le Corps originel ») à son épanouissement physique (« Le Corps en Mouvement »), en s’attachant particulièrement à son intériorité sans en délaisser sa sensualité (« Le Corps mis en page »). Sa dextérité et sa soif d’expérimentation la pousse à travailler la terre, le plâtre, la cire, les métaux soudés ou le béton cellulaire. Mais c’est dans le bronze que son besoin d’exprimer le corps se matérialise le plus parfaitement. Véa Xiradakis noue une relation fidèle depuis plus de vingt ans avec le même fondeur, chez qui elle trouve une qualité à la hauteur de ses exigences. C’est de cette alchimie artistique et technique que proviennent cette vivacité et cette tension parfois exacerbée du corps humain (« Le Corps en Mouvement »), tendu vers d’insatiables désirs. C’est de cet hommage créatif que la « Femme-Livre », noble et sensuelle, consciente et fière de ses combats, impose sa forte présence à notre regard. Un hommage habité par le sensible, l’émotionnel, le charnel, mais aussi par le spirituel et l’intellectuel. Au final une expression sculpturale universelle, compréhensible au-delà des codes artistiques et conceptuels, mais également par delà les langages. Même si c’est la sculpture qui lui apporte la plus grande notoriété, cette expression n’est pour Véa Xiradakis que l’un des champs des possibles. Elle n’abandonne pas la peinture de ses débuts, la sculpture lui ayant également permis de faire évoluer son expression picturale. D’onirique, voir surréaliste, à l’orée des années 1980, sa peinture a pu s’affranchir de l’expression figurative quand cette dernière s’est imposée en sculpture. L’acte de peindre s’abstrait de tout sujet pour oser emprunter les chemins imprévisibles du Happening. L’œuvre n’est plus conçue mentalement à l’avance : elle se construit au hasard des couleurs versées directement du pot de peinture sur la toile couchée au sol. De ces gerbes de couleurs pures vont naître des jaillissements explosifs, sans forme définie, sans autres limites que celles de la toile et de la vision spontanée, improvisée par l’artiste qui les retient, les maîtrise, les détoure, pour en offrir une lecture à la fois libre et personnalisée. C’est également par des expérimentations successives que Véa Xiradakis a pu ainsi s’exprimer dans l’abstraction et libérer son désir de confronter la couleur pure à la forme. Impressionnée dès le début des années 1980 par l’essor de l’imagerie informatique (et notamment par l’imagerie médicale), elle décide d’en appliquer les principes pour interpréter différemment une seule et même toile ou image photographique. Le « Polyvisionisme » est né. Cette démarche lui permet de sectionner, de décomposer et de fragmenter ses œuvres à l’envie, leur offrant ainsi une multitude de visions, de perceptions. A l’approche du XXIème, Véa Xiradakis est toujours investie par la sculpture et la peinture, mais l’arrivée des nouvelles technologies combiné à l’expérimentation « polyvisioniste » va opérer une mutation et aboutir à la création d’un « double » artistique : Véadakis, l’artiste du XXIème siècle. Véadakis, l’artiste du XXIème siècle Dès 1999, grâce au développement de l’informatique et à l’apparition d’outils performants, offrant souplesse et permettant une nouvelle technicité créative, Véa Xiradakis va pouvoir décupler sa démarche « polyvisioniste ». Les combinaisons sont infinies, l’expression devient multiple et polymorphe, autorisant l’artiste à une mue alors qu’elle entre dans le XXIe siècle. A l’instar des images qu’elle peut désormais reproduire et retravailler, Véa Xiradakis crée en Véadakis son propre avatar à l’ère numérique. Elle retourne paradoxalement avec cet outil moderne sur le passé, sur le territoire de l’enfance. Elle revisite des photographies ou créent des images mentales, rémanences de sa propre histoire avec laquelle elle peut désormais jouer, réglant sans concession avec celle-ci quelques comptes, mais de manière humoristique. Ses souvenirs et son histoire jalonnent ses nouvelles créations à travers des installations comme « Mon manège à moi », saga personnelle de photographies retravaillées sur ordinateur présentées sur des supports tournants et se reflétant les unes dans les autres. La vidéo, grâce au support numérique, fait elle aussi désormais partie intégrante de son expression. Elle y prolonge la perception du corps humain, en offre une nouvelle dimension, comme ce fut le cas des « Femmes-Livres » de Véa Xiradakis. Les corps filmés de Véadakis sont désormais siens et, dans son objectif et sur sa palette graphique, deviennent irréels, mutants et virtuels. Ils se dématérialisent et se recomposent sans cesse. Une nouvelle corporéité leur est offerte. Par l’intermédiaire de son corps et de son image, Véadakis nous interroge. C’est cette double thématique, celle de son enfance et de sa propre image qui est au cœur de cette nouvelle exposition. « Réflexion fragmentale », installation inédite et pièce majeur de cet accrochage, part à la recherche des images kaléidoscopiques provoquées par jeu quand l’artiste était enfant, en appuyant de manière prolongée les doigts sur ses paupières closes. Cette installation confronte des photographies choisies dans un album familial, travaillées sur ordinateur, et présentées sous forme de bandes verticales, à des projections d’images vidéos et de pages d’écriture, présentes également sur les murs de la galerie. La fascination de l’artiste pour le thème du miroir, symbole du narcissisme et de l’image virtuelle inversée est à la base de sa démarche, de ses jeux de dédoublement, de fractionnement et de multiplication. Autant de nouvelles images, leurres d’une nouvelle réalité. Cette installation est le centre de cette nouvelle exposition. Elle constitue en quelque sorte un syncrétisme de toutes les expressions de l’artiste. Sa contemporanéité est totale et questionne, à travers une vision kaléidoscopique, le thème du corps, de sa représentation, de sa disparition, mais également de son désormais possible clonage virtuel. L’adjonction des mots projetés change aussi aléatoirement la perception de l’installation et plonge le visiteur dans une perte consentie de repère temporel et spatial. Un voyage dans un infini vertigineux. Certaines des images qui composent cette installation sont également présentées individuellement dans la galerie, sous forme de tirages numériques sur papier Fine Art. Les dix premières vidéos réalisées par Véadakis depuis 2005 sont également projetées à cette occasion et une série d’images fixes tirées de ces vidéos sont proposées en kakemonos de deux mètres de hauteur. De Véa Xiradakis à Véadakis, l’œuvre de l’artiste est en perpétuelle mutation, en questionnement permanent. C’est un cheminement, non pas vers une identité unique, mais bel et bien vers une identité multiple et mouvante, qui est révélé dans cette dernière période de création. De la multiplication de sa propre image naissent de nouveaux reflets et des visions inédites. Autant de pistes qui la conduiront sans doute à d’autres découvertes et à la réappropriation de sa propre histoire. Ce faisant, c’est finalement à l’exploration de notre propre chemin qu’elle nous encourage.

Complément d'information

Les lauréats du Salon des A.J.T. 2009 (Artistes Jeunes Talents)

Le Premier Salon des A.J.T. s’est déroulé à l’ESPACE DIALOGOS de Cachan, Val de Marne, du 11 au 21 Octobre 2009 et a distingué trois Artistes Jeunes Talents parmi les trente artistes de moins de 40 ans faisant partie de la sélection 2009 :


LES PRIX DU SALON DES A.J.T. 2009

PRIX DIALOGOS
décerné par un jury de professionnels de l’art à
Delphine POITEVIN, 34 ans
Pour son triptyque photographique « Danse du dedans »

PRIX DU PUBLIC
décerné par le vote des visiteurs durant les 10 jours du salon
a salué la jeune virtuosité de
Magdalena LAMRI, 23 ans
Pour ses peintures « Mademoiselle II » et « Madame L »
et
Cédric CENCI, 26 ans
Pour l’originalité de ses estampes numériques faisant partie d’un projet de bande dessinée


Véa Xiradakis, alias Véadakis dont les œuvres récentes sont actuellement exposées dans la salle du rez de chaussée, fondatrice et commissaire du Salon des A.J.T., invite les lauréats 2009 à la rejoindre, du 23 au 31 octobre 2009, dans sa galerie parisienne, au 1 Place de Thorigny dans le 3ème arrondissement.

Autres artistes présentés

Delphine POITEVIN, Cédric CENCI, Magdalena LAMRI

Accès mobilité réduite

Oui

Adresse

Galerie Dialogos - 75003 1 place de Thorigny 75003 Paris 03 France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020