TZIGANIE ARENA

Maxime Couturier
Exposition
Photographie
espace29 Bordeaux

Maxime Couturier Tziganie arena untitled 5 Photographie numérique Tirage sous label digigraphie 2010

« C’est parce ce qu’ils sont peu nombreux à faire de la photographie sans posséder une vision intérieure, qu’il y a en réalité très peu de vrais photographes. » Alfred Stieglitz (1864-1946) Venus du nord de l’Inde, les Roms traversent l’Asie et arrivent en Europe au Xe siècle. Une grande partie s’installe en Europe de l’Est, notamment en Roumanie où ils représentent environ 10 % de la population. Ce n’est pourtant que depuis les années 1990 que l’Europe prend vraiment conscience des enjeux de leur nomadisme. Ce peuple nous intrigue, nous étonne, et nous dérange parfois parce qu’il nous confronte à la notion de territoire. Souvent installés à la périphérie des villes, ces citoyens européens vivent en majorité dans des habitats vétustes et des conditions difficiles. Sur une proposition de l'ONG Médecins du Monde, le photographe Maxime Couturier s'est rendu à plusieurs reprises en 2010 sur des camps de Roms pour y rencontrer leurs occupants. De ces rencontres naît le projet de réaliser une série de photographies in situ de ces baraquements d’infortune dont la destruction est imminente. Ce ne sont pourtant pas des images de ces habitations dont nous fait part la série Tziganie Arena, mais celles d’une destruction précipitée, sinistres décors nocturnes de ce qui a été le lieu de vie de dizaines de familles. Les photographies de la série Tziganie Arena sont la mémoire d’un moment où le temps semble suspendu avant disparition totale d’une histoire qui n’aura « jamais » eu lieu. Dans un rapport frontal et répété, le halo lumineux d’une torche électrique balaye d’un relief particulier ces paysages de désolation, et laisse entrevoir des objets familiers. Ces choix esthétiques donnent une tension émotive sans effet dramatique, et prolongent voire accentuent la dimension politique et sociale de ce projet photographique. Discriminés dans leur pays, venus en France en quête d’une vie meilleure, dans l’imaginaire collectif les Roms suscitent diverses représentations hostiles, mais aussi celle du nomade libre qui éveille la curiosité offrant une échappatoire au modèle sédentaire occidental : « Ce qui perdure et caractérise aujourd'hui les Roms, bien plus qu’un nomadisme incessant, est cette capacité au voyage ; un minimalisme des besoins doublé d'une faculté à se remobiliser collectivement, à se reconstruire ailleurs pour préserver ses intérêts les plus élémentaires. Néanmoins, elle est loin l’image poétique du tzigane qui vit librement, itinérant à la belle saison, exclusivement dévoué à sa communauté dont il protège en permanence les secrets. Cette époque vécue et décrite par Jan Yoors 1 n’est plus. Au rythme de la modernisation et des transformations sociales, les raisons et apparences de la mobilité ont changé. Mais nous ne savons pas y lire les signes laissés par ces familles, au fil des dernières générations, de leurs désirs de reconnaissance et d'assimilation, en réponse à un besoin de sécurité. » 2 Entre images documentaires et recherches plastiques, les photographies de Maxime Couturier traitent d’un humanisme nécessaire, un engagement solidaire essentiel, par un point de vue humain singulier sur des sujets de société en regard avec une réalité sociale sensible. Elles invitent à une contemplation réflexive sur ce qui nous fait peur parce que nous l’ignorons, sans toutefois se contenter de déplorer ou compatir, de se résigner ou de subir. ----- 1 Jan Yoors (1922-1977) est un écrivain, voyageur et photographe américain d’origine flamande. Il est notamment l’auteur du livre The Gypsies (publié en 1965) qui raconte son expérience vécue lors de ses voyages avec des Roms. 2 Maxime Couturier, Extrait du texte sur la série de photographies Tziganie Arena, 2010

Complément d'information

Exposition à l'occasion d'Itinéraires des photographes voyageurs

23 expositions dans 18 lieux – 20e édition
Depuis 1991, l'association Itinéraires des photographes voyageurs (animée par la fondatrice Nathalie Lamire Fabre et par Vincent Bengold) propose gratuitement au public, tous les mois d'avril à Bordeaux, entre sept et quinze expositions photographiques dans les principaux lieux culturels de la ville. Chaque année, le programme est composé d'expositions singulières : de la photographie humaniste classique à une photographie plus contemporaine, l'association Itinéraires des photographes voyageurs est animée par une volonté d'éclectisme. Des photographes reconnus ont participé à la manifesttation, notamment Cartier-Bresson, Max Pam, Jean
Dieuzaide, Bernard Plossu, Raymond Depardon…

En 2011, à l’occasion des 20 ans Itinéraires des Photographes
Voyageurs, la manifestation invite le public à découvrir 23 expositions photographiques sur le thème du voyage, de photographes confirmés ou issus de nouvelle génération, dans 18 lieux culturels dont l’espace29.

Autres artistes présentés

Maxime Couturier

Partenaires

exposition réalisée avec le soutien de Médecins du Monde Ville de Bordeaux, Conseil Régional Aquitaine, Conseil Général de la Gironde

Horaires

entrée libre du mercredi au samedi de14h à 18h rencontre avec maxime Couturier samedi 16 avril de 14h à 18h

Adresse

espace29 29 rue Fernand Marin 33000 Bordeaux France

Comment s'y rendre

Pour venir à pied :
- à 5 min du Centre commercial de Mériadeck, prendre la rue du Château d'eau en passant devant la poste, puis descendre la rue Georges Bonnac à gauche jusqu'à la rue Fernand Marin (1ère à droite).
- à 5 min de la Place Gambetta, descendre la rue Georges Bonnac jusqu'à la rue Fernand Marin à droite.

Pour venir en transport en commun :
- Tram Ligne A arrêt Mériadeck
- Tram Ligne B arrêt Gambetta
- Bus Liane 1, 2, 3, 83 et 16 arrêt Gambetta-Mériadeck.

Dernière mise à jour le 2 mars 2020