Jean-Kenta Gauthier | Odéon
Trois fois rien
Arts plastiques
Jean-Kenta Gauthier | Odéon • Paris 06
➜
Raphaël Dallaporta
Raphaël Dallaporta: Trois fois rien, vue d'installation, Jean-Kenta Gauthier Odéon
« Si ces objets ne disent rien sur eux-mêmes, ils ont beaucoup à dire sur nous-mêmes. » (Raphaël Dallaporta)
On collectionne habituellement des objets qui se raréfient. Depuis de nombreuses années, Raphaël Dallaporta collectionne des objets qui se multiplient. Il les désigne comme « Oni - Objets non identifiés »; ils ne sont pas « volants », car ils sont glanés au sol dans l’espace public. À Paris, à New York, à Lisbonne, ils se ressemblent tous et ont été patiemment sélectionnés pour leur absence de fonction et leur origine méconnaissable. Parfois colorées et souvent noires, faites de plastique, de caoutchouc ou de métal, ces formes simples sont toutes anthropiques: elles incarnent l’activité humaine et en constituent les rebuts. Elles semblent également obéir à une loi physique troublante à l’instar des « kipple » de Philip K. Dick dans Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?, écrit il y a soixante ans puis adapté au cinéma sous le titre Blade Runner - ces détritus inutiles prolifèrent dès lors qu’on n’y prête plus attention.
Afin de l’exposer pour la première fois, Raphaël Dallaporta réunit sa collection d’ « Objets non identifiés » qu’il met en réseau dans une constellation de mobiles. En faisant lentement tourbillonner dans les airs ces légers objets venus d’en bas, il applique un principe qui traverse l’ensemble de son œuvre et qu’il doit à l’astronome danois Tycho Brahe (1546-1601) et à sa devise latine: « Suspiciendo Despicio, Despiciendo Suspicio » — « En regardant en haut, je regarde en bas; en regardant en bas, je regarde en haut ». Ce renversement du regard et des valeurs, auquel l’artiste nous invite ici, s’accompagne d’un merveilleux contrepoint: chaque objet est associé à son image, un photogramme qui s’apparente à son ombre. Ainsi suspendue à l’autre extrémité de la tige souple, l’image agit comme contrepoids, établissant un équilibre qui réanime l’objet laissé pour compte.
Trois fois rien est la septième exposition personnelle de Raphaël Dallaporta à la galerie Jean-Kenta Gauthier.
(Jean-Kenta Gauthier, avril 2026)
L’œuvre de Raphaël Dallaporta interroge notre rapport au monde. Avec la complicité de chercheurs dans divers domaines, Raphaël Dallaporta élabore des dispositifs qui, à l’aide de la photographie, de la sculpture, de l’installation, de la vidéo ou encore des livres, invitent à la contemplation. Se référant souvent à des penseurs de l’Antiquité ou de la Renaissance, Raphaël Dallaporta établit des liens entre histoire, sciences et arts, pour considérer la relation que le progrès entretient avec notre évolution.
Lauréat de l’ICP Infinity Award en 2010, du Foam Paul Huf Award en 2011, du prix Niépce en 2019, il a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome — Villa Médicis en 2014-2015. Raphaël Dallaporta est l’auteur de plusieurs livres salués par la critique et élaborés en majorité avec Xavier Barral et les éditions GwinZegal. Ses œuvres sont notamment abritées dans les collections du Cnap - Centre national des arts plastiques, du J. Paul Getty Museum, Los Angeles, de la MEP - Maison Européenne de la Photographie, du Musée national d’art moderne — Centre Pompidou, de la New York Public Library et de Photo Élysée à Lausanne. Né en 1980, il vit et travaille à Paris.
Artistes
Horaires
mercredi - samedi, 14h-19h
Adresse
Jean-Kenta Gauthier | Odéon
5, rue de l’Ancienne-Comédie
75006 Paris 06
France
https://jeankentagauthier.com/fr/expositions/presentation/202/trois-fois-rien-n…
Comment s'y rendre
Ligne 12, Metro Volontaires
Dernière mise à jour le 12 mai 2026