Training ground for democracy

Exposition
Arts plastiques
Sextant et plus - Friche La belle de mai Marseille

sans titre, 2003, At your own risk, Kunsthalle Schirn, Francfort

.../Si Training ground for democracy, parle de zone balisée entre camp d’entraînement et parcours d’école de conduite, « ground » pris isolément nous renvoie à Ground Zero, au 11 septembre 2001, au registre du chaotique, à un parcours ponctué d’objets issus du répertoire de l’artiste : carcasses de voitures incendiées, gravas et sacs de sable. Dans l’oeuvre de Büchel, l’objet déplacé et recontextualisé joue l’incarnation fétiche de ce qui a eu lieu. Training ground for democracy se situe entre reconstitution et vestiges archéologiques et renvoie ironiquement aux mythologies de fin du monde en fabrication quotidienne dans nos mass médias.../

Complément d'information

Training ground for democracy

Training ground for democracy

Lorsque Christoph Büchel sollicite Philip Ursprung pour une participation à l’écriture de son catalogue Shelter II, il lui demande une critique dévastatrice. On reconnaît immédiatement l’adjectif comme faisant partie du corpus sémantique attaché au travail de l’artiste, la destruction, le chaos, la subversion. Mais la lecture de ladite critique dévoile un autre niveau de compréhension, un autre pan de l’oeuvre de Christoph Büchel, celui qui scrute les rouages du monde de l’art contemporain, ses conditions et ses limites. Ursprung est saisi dans sa posture de critique et pose un préalable sous forme de constat sur sa profession plus proche d’un mariage forcé entre critiques, artistes et acteurs du marché sur un mode communicationnel que d’une compétence à jugement esthétique.
Déjà, pour l’exposition Capital Affair au Helmhaus de Zurich, Christoph Büchel associé à Gianni Motti a retourné comme un gant la proposition d’exposition. Les deux artistes dissimulent à l’intérieur du musée le budget de l’exposition soit 50 000 fr, transformant le vernissage en chasse au trésor, attendu que le butin enfin trouvé est acquis au découvreur. Le Maire de Zurich s’oppose au concept, puis négocie à la baisse le montant du budget. Capital Affair ne dure qu’une journée puisque les artistes refusant toutes négociations décident son annulation. Sélectionné la même année pour la Manifesta de Francfort, Christoph Büchel propose à la vente sa participation sur un site internet d’enchères, obtenant ainsi la somme de 15 099 $.

Dès lors, quand Christoph Büchel arrive à la Friche en décembre 2005 sur notre invitation, c’est avec curiosité et une légère appréhension que nous lui faisons visiter les quelques 40000m2 qui composent ce grand ensemble culturel abrité dans une friche industrielle, le point d’orgue de ce « safari » étant l’espace de la Galerie et ses salles adjacentes, des « white cubes » surdimensionnés mais parfaitement circonscrits à l’image des architectures écrins de l’art contemporain. Les espaces sont réservés et nous attendons la préfiguration de son projet d’exposition. Bien sûr, l’installation Training ground for democracy s’intéressera à d’autres espaces pour rejeter ceux, balisés et aseptisés, de l’art. Et c’est dans des zones annexes, toujours traversées par leur passé industriel, que se déploie l’oeuvre proliférante de l’artiste. D’abord l’immense terrain vague, actuel parking et ancien lieu de transit des marchandises, ensuite, la piscine, dont l’usage loin de sa nomination actuelle, était un bassin de rétention d’eau et pour finir, le terrain de tennis, appendice bourgeois du patronat post dix-neuvième. Les lieux évincent toute tentative de neutralisation et renvoient implicitement à un projet antérieur de Christoph Büchel, Close Quarters à la Kunsteverein de Freiburg en 2004. L’artiste y transformait par des jeux de superpositions ou de mise en boîte le centre d’art en terrain multisport dans lequel il juxtaposait des reconstitutions d’habitats issues de nos stéréotypes sur l’immigration européenne. Si Training ground for democracy, parle de zone balisée entre camp d’entraînement et parcours d’école de conduite, « ground » pris isolément nous renvoie à Ground Zero, au 11 septembre 2001, au registre du chaotique, à un parcours ponctué d’objets issus du répertoire de l’artiste : carcasses de voitures incendiées, gravas et sacs de sable. Dans l’oeuvre de Büchel, l’objet déplacé et recontextualisé joue l’incarnation fétiche de ce qui a eu lieu. Training ground for democracy se situe entre reconstitution et vestiges archéologiques et renvoie ironiquement aux mythologies de fin du monde en fabrication quotidienne dans nos mass médias.

Christoph Büchel est né en 1966 à Bâle où il vit et travaille. Lauréat en 1998 du Swiss Art Award à l'occasion de la foire de Bâle pour son projet Hopp Büchel, ("Saute Büchel"), il participe au Studio Program du P.S. 1 à New York. Sélectionné pour la Manifesta 4 de Francfort en 2002, il est également invité au Swiss Institute de New York et au Centre Culturel Suisse de Paris en 2004. Christoph Büchel expose en 2005 à la Kunsthalle de Bâle et est présent dans l'exposition Dionysiac au Centre Pompidou à Paris. Il est représenté aux Etats Unis par la galerie Maccarone Inc, New York et en Europe par la Galerie Hauser & Wirth, Zurich.

Autres artistes présentés

Christoph Büchel

Partenaires

Ville de Marseille, Conseil Régional PACA, DRAC PACA, Conseil Général 13, Friche Belle de Mai

Mécénat

Mécènes du Sud Prohelvetia, fondation suisse pour la culture

Horaires

du mardi au samedi de 14h30 à 18h30attention, l’exposition sera fermée du mardi 8 au samedi 19 aoûtréouverture le mardi 22 août à 14h30

Accès mobilité réduite

Oui

Adresse

Sextant et plus - Friche La belle de mai 41 rue Jobin 13003 Marseille France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020