Résultats 2025

Image/mouvement

25 lauréats, dont 7 en post-production et 18 en développement, ont bénéficié en 2025 du soutien Image/mouvement, à la suite des deux sessions de la commission dédiée qui se sont déroulées le 17 juin et le 8 octobre 2025.

Projets soutenus en post-production

Andolfi pour le film de Philippe Rouy

Des millénaires d’absence          

En 2011, quelques semaines après la catastrophe nucléaire de Fukushima, un groupe de filmeurs japonais se crée, Ukishima Collective. Anticipant un Japon totalement irradié, il a pour ambition de filmer l’intégralité des 6852 îles de l’archipel avant sa désertification. Évoluant comme une organisation quasi-clandestine, le collectif est très actif pendant un peu plus de deux ans. Puis, on perd sa trace. Jusqu'à ce qu'en 2024 du petit matériel de tournage et un disque dur soient retrouvés dans un collège désaffecté de l’île d’Osakishimojima, dans la Mer intérieure du Japon.

Bocalupo Films pour le film de Ivan Markovic 

Promised Spaces             

Promised Spaces observe les transformations drastiques de l'environnement urbain du point de vue de personnages issus de différents horizons personnels et sociaux. Les personnages, les rencontres et les intrigues des deux premiers chapitres sont entrelacés à travers des espaces, dont l'apparence ne cesse de se transformer et d'abstraire la notion du temps. Promised Spaces se déroule dans les paysages urbains en pleine expansion de Phnom Penh et Sihanoukville au Cambodge. Bien que le film prenne en compte et englobe le contexte local, son attention reste centrée sur les modèles universels et mondiaux de la commercialisation de l'espace et la manière dont l'architecture incarne l'inégalité sociale.

 

Kamal Aljafari Productions pour le film de Kamal Aljafari

With Hasan in Gaza       

J'ai récemment retrouvé trois cassettes MiniDV que j'ai tournées à Gaza en 2001.Cette découverte m'a rappelé un voyage que j'ai fait à Gaza à la recherche d'un ancien compagnon de prison que j'avais connu en 1989. Lors de ce voyage, je ne l'ai pas retrouvé. Au cours de ce voyage, je me suis retrouvée à documenter la vie dans la bande de Gaza. With Hasan in Gaza est un voyage à travers la bande de Gaza, du nord au sud, en compagnie de Hasan, l'homme qui m'a accueilli.

Les Films de la Villa pour le film de Mahmoud Ibrahim

La soie, quartier ouvrier

Après la démolition du quartier ouvrier où ils ont grandi et vivent, les amis n'ont plus d'endroit où se retrouver, Mahmoud assemble leurs images et souvenirs avec diverses traces et archives pour restaurer l'histoire oubliée du quartier ouvrier de Al Harir et ainsi réinventer un espace où être ensemble entre amis.

Les Films Hatari pour le film de Bojina Panayotova

With Love and Rage

Les 16 et 17 novembre 1980, au lendemain de l'élection de Ronald Reagan et en réaction à sa politique nucléaire, 2 000 femmes venues de tous les États-Unis ont encerclé le Pentagone, dansé, improvisé des rituels de deuil et de colère, et même tissé un fil de laine qui a bloqué les entrées du Pentagone, fil que la police a coupé et qu'elles ont retissé encore et encore.
J'aimerais revisiter cette action, fondatrice du mouvement écoféministe, en imaginant un objet filmique de forme libre. Plutôt que de réaliser un documentaire relatant de manière objective les événements survenus en 1980, j'imagine un récit subjectif en voix off, composé d'images d'archives (images de la « Women's Pentagon Action », images d'amateurs américains de sources multiples).
À travers un style cinématographique qui hybride les registres du documentaire historique, de l'autofiction, de la poésie et de la théorie, je chercherai un rapport actif, vivant et, pourquoi pas, magique à une possibilité politique, où se rejoignent les effets intimes et l'action collective.

Les Volcans pour le film d‘Ana Vaz

Hanabi (Fleu de Feu)

Hanabi (Fleur de Feu) explore les conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima de 2011. Le film navigue entre les champs (dé)contaminées de Fukushima, la mégapole de Tokyo et les îles d’Ogasawara, et donne la parole à des communautés confrontées à la toxicité invisible du drame. 
À travers leurs témoignages et des extraits du "Journal d'une cervelle radioactive" de l’écrivaine Yoko Hayasuke, le film tisse un récit choral à la fois sensible et engagé, qui met en lumière les répercussions existentielles d’une catastrophe planétaire et nous invite à repenser en profondeur nos modes de vie, notre rapport au monde et nos imaginaires.

Collectif A

Nous & Eux

Tout est devenu interdit.
Comment faire un film dans ces conditions ? Quel film ?
Comment accueillir la peur des unes et des autres ? Comment la porter ?
Comment assumer la mienne ?
On a marché dans les rues de nos villes pour éprouver une liberté, une citoyenneté, dans une expérience corporelle commune.
Nous étions un peuple, ce que nous n’avions jamais su être.
Nous avons rêvé un pays qui nous ressemblerait enfin.

Projets soutenus en développement

Acqua Alta pour le film de Daniel Mann

Le projet Ouganda         

En 1904, les dirigeants de la diaspora juive d’Europe Centrale menés par Theodor Herzl (le «père» du sionisme politique) décident d’organiser, en collaboration avec Joseph Chamberlain, alors ministre des Colonies de l’Empire britannique, une expédition aux frontières de l’Ouganda qui est alors un territoire d’Afrique orientale sous protectorat. L’objectif est d’évaluer si ce territoire pourrait servir à y établir la nation d’un peuple menacé par l’antisémitisme grandissant en Europe. Cent vingt ans plus tard, une société de production de films anglaise embauche Dan M., un cinéaste juif résidant à Londres, pour réaliser un film d’époque pour en raconter l’histoire, mais celui-ci ne verra finalement pas le jour.

Baton Rouge pour le film de Erik Bullot     

La pierre brisée 

Peut-on envisager l’Occitanie comme un pays à venir ? Les rêves de l’occitanisme ont-ils encore la possibilité de s’actualiser ? Telle est l’hypothèse de ce film consacré à la langue occitane et à l’utopie qui explore, à mi-chemin du documentaire et du merveilleux, la mémoire des parlers et les présages du cinéma militant en imaginant une société du futur, lyrique et musicale.

Ecran Noir productions pour le film de Mitra Farahani et Jean-Paul Battagia

Impossible Scenario, la mort de Virgile 

Jean-Luc Godard quitte le monde le 13 septembre 2022 suivant un scénario écrit par lui, un scénario de mort volontaire. Depuis plus de deux ans il travaille à un ultime projet de film intitulé Scénario, produit par Écran noir productions en coproduction avec Arte. Impossible scénario, la mort de Virgile retrace l’itinéraire de ces derniers mois de création. Alors que l’agonie emplit l’horizon, l’œuvre résiste jusqu’aux limites finales. La veille de sa mort, Jean-Luc Godard adresse ses derniers mots à ses proches devant une caméra, ultime instruction pour une œuvre inachevée.

Les films du Worso pour le film de Felipe Gálvez et Antonia Girardi

Alameda

Alameda est un essai cinématographique sur la mémoire politique et urbaine du Chili, centré autour de la célèbre avenue de Santiago et de la statue du général Baquedano, devenue symbole contesté lors de la révolte sociale de 2019. Le film mêle archives, enquête historique et réflexions contemporaines, depuis le retrait de la statue jusqu’à la redécouverte d’un film inachevé d’Edgar Morin tourné en 1962. À travers cette exploration, il interroge la manière dont l’histoire persiste dans les espaces, les objets et les silences.

Les Films Pelléas pour le film de Marcel Mrejen      

Dragons in Bloom

Dragons in Bloom propose une exploration de la mécanique complexe de la vision à l’ère de l’automatisation. Ce projet plonge au cœur de l’outil technologique afin de comprendre les transformations du paysage agricole contemporain et les nouvelles dynamiques de pouvoir entre les géants technologiques et les communautés rurales. En adoptant une perspective non-anthropocentrique, le projet explore les dynamiques de pouvoir inhérentes à ces environnements automatisés, où les outils de surveillance et de contrôle façonnent de nouveaux «paysages cyborgs» largement dépourvus de présence humaine. Dragons in Bloom tente d’explorer les multiples écologies existantes entre les machines et le vivant à travers deux territoires antipodaux - le Guangxi et Westland - questionnant l’émergence de nouvelles formes d’exploitation et de représentation de notre environnement.

 

Momento! pour le film de Stefan Pavlovic

Fluidité du bégaiement 

Dans ce nouveau film, j’accompagne un cheval dans un voyage au fil de l’eau. Nous ne savons ni où nous allons, ni pourquoi cette jument a une patte blessée. Elle se tient toujours face au soleil évitant son ombre dont elle a peur, détériorant progressivement sa vue. La plupart des personnes qui souffrent de bégaiement ne bégaient pas dans deux situations : quand elles chantent et quand elles s’adressent aux animaux. Ma relation avec le cheval me permettra peut-être d’atteindre et de créer mon propre langage, mon histoire, mes récits. Un lien et une langue se créent entre nous grâce à des monologues et à des dialogues, à différents langages, sons et émotions, au fil de l’eau et des interruptions des bégaiements.

Petit chaos pour le film de Agustina Comedi

Mujeres Publicas   

Ivana, Maria, Quilla et Georgina sont des TDS (travailleuses du sexe) argentines syndiquées à l’AMMAR. Elles sont aussi mes amies depuis dix ans. Ayant en commun la réalité du travail du sexe, elles se définissent par des expériences et projections propres à chacune. Ensemble, nous essayons de mettre au défi les représentations imposées sur leur métier, afin de transformer leur expérience de stigmatisation en un acte d’affirmation : celui de réaliser leur propre portrait collectif. Une sacrée revanche pour elles.

Tamara Films pour le film de Marie Losier

Nôt 

Nouvelle figure de la danse contemporaine, l’artiste Cap-Verdienne Marlène Monteiro Freitas est devenue en quelques années le visage et le corps du renouveau tant attendu du geste chorégraphique et de l’engagement politique. Contre toute attente, ce qui aurait pu sembler « pointu » dans son œuvre s’est révélé large, accueillant, chaud, drôle, puissant et ses spectacles ont su toucher les publics du monde entier. C’est à l’occasion des répétitions de son prochain spectacle, Nôt, prévu pour la Cour des Papes en ouverture du Festival d’Avignon, que j’ai décidé de la suivre.

Volte Film pour le film de Catherine Libert  

Your life really matters for me

Your life really matters for me est l’histoire d’une rencontre en temps de guerre entre Catherine, une cinéaste en France, et Mahmoud, un chirurgien Palestinien à Gaza. Dans le silence des montagnes ardéchoises, Catherine commence une correspondance avec Mahmoud, un chirurgien de Gaza, après son évacuation de l’hôpital Nasser de Khan Younes, assiégé pendant deux mois. À 26 ans, il a survécu aux bombardements, à la famine et à la pénurie de médicaments, tout en trouvant un refuge dans nos échanges quotidiens. Mahmoud lui raconte la souffrance à Gaza, les morts, les absents, et les corps qu'il a soignés dans un hôpital devenu cimetière. Mais au milieu de cette horreur, il résiste, trouve de la force dans la parole, et crée un lien, même fragile. Après plusieurs mois, il quitte Gaza et nous nous retrouvons au Caire. Nos retrouvailles marquent un tournant : les souffrances partagées à distance se transforment en un quotidien commun. Mahmoud, confronté à la guerre qui le hante, cherche un sens à sa vie. Le film suit son cheminement, entre ses retrouvailles avec la vie et les blessures profondes de Gaza. 

Allers Retours Films pour le film de Narimane Mari      

L'in-ouï 

L’in-ouï est une géographie dans laquelle, des territoires contraints violemment composent le paysage de la « France Africaine », cabossé, amputé, aux trous si béants qu’ils interdisent la rencontre. 
La langue officielle qui s’impose est celle de la francophonie, celle du film est l’oralité.
L’oralité où tout se donne « à (re)construire », rien n’est jamais complètement achevé, où les mémoires qui se disent en milliers de vers se manifestent dans une dimension éclatée de la compréhension du réel et des imaginaires. L’oralité ne suppose pas une direction quand elle jaillit de l’humain, elle pénètre dans un autre humain non de façon chronologique mais de façon diffuse. C’est un espace qui fait face à la fatalité coloniale contemporaine.

Athénaïse pour le film de Ben Russell

Terre contre Ciel

Terre contre Ciel est un documentaire long-métrage situé dans l’ombre équatoriale du Centre Spatial Guyanais (CSG), à Kourou en Guyane, territoire français d’outre-mer. Tourné au sein d’une communauté internationale de chercheurs, techniciens et ouvriers employés au CSG, ainsi que dans la ville, à 7km à peine, culturellement et économiquement hétérogène. Kourou est une « ville-usine » construite dans les années 70 en partie par des Marrons Saramaka venus du Suriname voisin et dont beaucoup sont restés. 

Terre contre Ciel est un portrait de science-fiction contemporain de l’étrangeté propre aux lieux traversés et marqués par la colonisation. C’est une œuvre où des systèmes de croyances divergents, des identités complexes et des luttes économiques s’entrelacent à travers le spectacle mensuel d’une fusée s’élevant vers les cieux.

Baldanders Films pour le film de Philippe Pigeard         

Châteaux de sablier

Ce film est un essai cinématographique depuis l’irruption et les conséquences d’une mort violente au sein d’une famille.
À travers différentes expérimentations artistiques puis par la réalisation d’un film, un père tente de faire face à la perte d’un enfant. Il mobilise ses pratiques du langage, du son, de l’image et, convoquant des archives, il donne peu à peu forme au vide laissé par la disparition.
Ce père, c’est moi. Mon fils aîné, Alexandre, a été tué lors d’un attentat à Londres le 3 juin 2017.

Blue Train Films pour le film de Michale Boganim

Akerman, The City of Lost

En 2015, Chantal Akerman se lance dans la réalisation de ce qui sera son dernier film, un projet centré sur la ville marginalisée d'Al-Lydd/Lod, qui se situe à moins d'un quart d’heure de Tel-Aviv. Tragiquement, ce film restera inachevé, interrompu brutalement par le suicide de la cinéaste. 
Akerman envisageait de dresser le portrait de cette ville singulière, autrefois peuplée majoritairement de Palestiniens, puis marquée, après la Nakba de 1948, par plusieurs vagues migratoires — notamment marocaines, russes et éthiopiennes. Aujourd’hui, Lod compte environ 80 000 habitants et est considérée comme une ville « mixte », avec une population composée à 75 % de Juifs et à 25 % de Palestiniens, auxquels se rajoutent des migrants de travail, surtout depuis la guerre à Gaza. 

C'est à partir de ce projet avorté que se dessine Akerman, The City of Lost: un dialogue expérimental en images entre la réalisatrice Michale Boganim et la cinéaste disparue, à travers les histoires d’une ville meurtrie.

Don Quichotte Films pour le film de Ugo Simon

Le perdant radical

Entre le film-essai et le polar réflexif, Le Perdant Radical raconte l’histoire de Gabriel Fortin (G.F.), surnommé « le tueur de DRH ». À partir des commentaires produits à son sujet et des paysages de sa vie, le film interroge les conditions l’ayant poussé au crime et les difficultés à cerner ce personnage fuyant. 

Les 26 et 28 janvier 2021, entre l’Alsace et la Drôme, G.F. assassinait trois personnes et manquait d’en tuer une quatrième. Ses victimes étaient employées des Ressources Humaines au sein d’entreprises où il avait travaillé en tant qu’ingénieur avant de se faire renvoyer plus de dix ans auparavant, ainsi qu’une responsable d’agence Pôle Emploi où il avait été inscrit. 

En 2013, à la suite de sa radiation de Pôle Emploi, Gabriel Fortin a sombré dans l’isolement et s’est inscrit dans un stand de tir sportif qu’il a fréquenté assidûment jusqu’à son passage à l’acte. 

Le 9 avril 2025, à l’âge de cinquante ans, il est condamné à la détention à perpétuité.

Via journalistes, avocats, philosophes, psychiatre, syndicalistes on observe différents modes de production du discours, différentes manières de voir ses crimes et le monde. Mêlés à ses lieux de vie, se dessine en creux le portrait de Gabriel Fortin, et les violences sociales qui ont façonné son destin.

Écarlate Films pour le film de Stéphanie Roland

Drop! Cover! Hold On! 

The Big One.
Le tremblement ultime. Un état d’urgence silencieux et sans fin. 
Des lignes de faille qui nous échappent.
Ils construisent leurs vies, leurs fictions, leurs rêves et leurs prophéties sur elle. Ils l’observent, la craignent, l’oublient. Ils s’endorment chaque soir sur elle. Quand les réveillera-t-elle?
Drop! Cover! Hold on! est un récit stratifié qui explore la faille de San Andreas, un phénomène géologique invisible, proche des studios de cinéma de Hollywood. Ses narrations superposées font écho aux couches géologiques de ces paysages désertés. Le film devient une mosaïque de différentes histoires qui forment ensemble un portrait de la notion de faille, entre la réalité et la fiction, le monde réel et le monde virtuel, la géographie et les affects. La frontière entre documentaire et fiction se fissure, d’invisibles phénomènes terrestres seront sondés, mais également des failles très humaines.

Les créations androgyne pour le film de Eve Le Fessant Coussonneau

Todo Era Gris

En décembre 2022, des flammes gigantesques ont ravagé la forêt du Kan-Kan (Chili). D’immenses tours de béton ont profité des centaines d'hectares de forêt native brûlée pour gagner du terrain et remplacer la faune et la flore. Pourtant, un petit groupe d'habitants résiste et défend la forêt en danger. Ils la soignent, les mains dans la terre. 
Avec eux, j’apprends à la regarder. Au rythme de la nature, je suis les gestes quotidiens de ces Gardiens et nous composons ensemble l’herbier vivant et filmique du Kan-Kan.
Depuis des années, les Gardiens protègent la forêt. Après l’incendie, je suis accueillie dans la communauté écologique par Karo, Marko, Raúl, Gonzalo. Ils me guident parmi les espèces natives. La forêt est traversée par des enjeux complexes: espèces invasives, ordures, constructions informelles et sécheresse. Mais surtout, les compagnies immobilières et leurs incendies criminels. Chaque été, cette région de la côte chilienne s’embrase.
Todo era gris fait le portrait sensible d’une forêt, en accueillant de multiples points de vue (humain et non-humains) et plusieurs formats, pour traduire plastiquement les dynamiques ambivalentes du lieu. À la manière d’un herbier alternatif, le film nous immerge dans le Kan-Kan : il compose entre les récits de lutte de la communauté et la matière organique qui prend progressivement le dessus, pour faire le récit d’une résistance visuelle et végétale.

Les Films du Bilboquet pour le film de Moïse Togo

Vaisseau Fantôme

Sur les plages de Zarzis, en Tunisie, un vieil homme offre une sépulture symbolique aux noyés anonymes. A l’autre extrémité de la route migratoire, au Sénégal, des familles restent sans nouvelles de leurs proches partis à l’aventure. Les absents habitent l’imaginaire de celles et ceux qui restent. D’un territoire à l’autre, leurs rêves s’emparent du vide et du silence. 

Météore Productions pour le film de Dominique Marchais

Même Combat!

Deux agences d’architecture, l’une à Paris, l’autre dans un village des Pyrénées-Atlantiques. D’un côté, une grosse commande publique pour un équipement culturel à Clichy-Montfermeil, en Seine-Saint-Denis (les Ateliers Médicis); de l’autre, des projets inscrits dans une campagne désargentée : logements solidaires pour déclassés ruraux, centre socio-médical pour ados en souffrance, tiers-lieu dans une friche industrielle…
Malgré les différences d’échelle et de contexte, ces deux agences, Encore Heureux et le Collectif encore, ont beaucoup en commun. L’entrelacement de leurs quotidiens nous fait apparaître une continuité entre banlieue et campagne, dessinant un « tiers paysage » pour un nouveau tiers état dont les doléances sont remisées. Entre révoltes des banlieues de 2005 et crise des Gilets jaunes de 2018, dans la grande fragmentation du champ social, cette architecture attentive aux fragilités des territoires, aux peines et à l’histoire des habitants, aux difficultés des élus, se donne comme un des meilleurs prismes pour mirer notre époque et notre société dans ses contradictions, ses peurs, mais aussi ses richesses et ses puissances.

Dernière mise à jour le 1 décembre 2025