11 lauréats, dont 4 en post-production et 7 en développement, ont bénéficié en 2024 du soutien Image/mouvement, à la suite de la première session de la commission dédiée qui s’est déroulée le 20 juin 2024.

Projets soutenus en post-production

Ad Libitum pour le film de Dominique Cabrera

Le cinquième plan de La Jetée

Pendant l’exposition Chris Marker à la Cinémathèque, mon cousin Jean-Henri s’est reconnu dans "La Jetée". Il était là de dos, avec ses parents sur la terrasse d’Orly dans le cinquième plan du film. Si c'était lui, il était le héros du film, enfant. Toute la famille les a reconnus, j’ai été happée par sa vision et par les chemins secrets qu’elle ouvrait dans l’histoire de notre famille et dans celle des images : c’est par Orly que notre famille était arrivée d’Algérie en 1962, quant à Marker…

Kinoelektron pour le film de Bani Khoshnoudi

Point de fuite

Des maisons abandonnées, des objets survivants porteurs de mémoire. Exilée d'Iran après l'interdiction de son film, la cinéaste Bani Khoshnoudi brise le silence familial au sujet d'une cousine disparue, exécutée lors des purges dans les prisons politiques en 1988. Aux prises avec son éloignement, elle utilise des fragments, des archives, ainsi que ses images diaristiques des années passées à Téhéran pour réfléchir à ce tabou collectif, tout en contemplant la résistance qui continue de croître au sein de la société.

Les Films Hatari pour le film de Virgil Vernier

Hidden Hills

Jason dirige une compagnie de traitement de nuisibles à Los Angeles. Avec son collègue Joe, ils forment Laura, une nouvelle recrue. Jason reste marqué par la grande mission de sa carrière lorsqu’il y a quelques années, il s’est occupé de la maison de Kim Kardashian et Kanye West à Hidden Hills, Calabasas.

Salaud Morisset pour le film de Maxime Garault

Sa Rafale

Guillaume est un ami. Il est schizophrène. Il a déjà été hospitalisé quatre fois. En 2015, Guillaume quitte Paris pour s’adonner pleinement à son activité de peintre. Le 1er mars 2020, je suis hospitalisé à mon tour dans un service de psychiatrie. Là-bas, je prends beaucoup de notes. Je pense à Guillaume. Lorsque je sors, il me donne justement de ses nouvelles. Il aimerait que l’on refasse un film ensemble. Cela tombe bien, je voulais lui proposer de faire le portrait des patients que j’ai rencontrés à l’hôpital, sur la seule base de mon récit. Je lui fais part de mon idée, il accepte avec enthousiasme. Le 1er août, je le rejoins.

Projets soutenus en développement

Darjeeling pour le film de Chloé Galibert-Laîné

La Grande Vacance

La Grande Vacance est un projet hybride, à mi-chemin entre l'essai documentaire et la fiction spéculative, sur les images de l'épuisement, et sur l'épuisement par les images. Prenant pour point de départ une vidéo trouvée sur la plateforme de streaming en ligne Twitch, qui montre un internaute se filmant en train de dormir afin de monétiser son temps de repos, le film mène une enquête critique sur l'articulation contemporaine entre fatigue, (auto)-exploitation, et pratiques des écrans connectés.

La Huit pour le film de Mina Saidi Sharouz

Depuis que je suis partie - des jardins dans les ruines

40 ans après le terrible tremblement de terre qui a secoué la région de Tabas en Iran, un collectif de jeunes entreprend la rénovation du village en terre, détruit et abandonné par leurs parents. Je reviens en ces lieux que je connais et décide de suivre le combat de ces hommes et de ces femmes dans un pays fracturé.

 

Morituri pour le film de Jacques Kebadian

Un souvenir tel qu'il brille à l'instant d'un péril

Lazare, cinéaste engagé, reçoit de son cousin Stéphane, producteur, une commande très sensible: réaliser une fiction documentée sur le foyer arménien de Courbevoie, où vécurent leurs parents exilés en France suite au génocide de 1915. Point de départ : un magnifique album d’images encore méconnues, réalisées au début des années 1930 par Phébus (pseudonyme de Jacques Semerdjian), photographe de la communauté arménienne francilienne et proche ami de Khoren, le père de Lazare.

Perspective Films pour le film de José Luis Guerin

En marge

Histoires d'un quartier suburbain qui vit la transition du monde rural au monde urbain. La population du quartier espagnol de Vallbona est majoritairement composée d’émigrants venus d'Andalousie au XXe siècle et de la nouvelle immigration mondiale au XXIe (latino-américains, marocains, pakistanais, ukrainiens...). Leurs histoires sont similaires à celles des « 3 000 foyers » à Séville ou celles de toute autre périphérie d'une grande ville d'Espagne ou, plus largement, de n'importe où dans le monde.

Poulet-Malassis pour le film d’Éric Baudelaire

En d'autres termes

En d’autres termes est l’histoire d’un homme, R, dont le métier est de porter la voix des autres, et qui existe à travers les récits d’autrui. « Visiteur de prison » pour le Comité international de la Croix-Rouge, R part en tournée tous les trimestres pour rendre visite aux détenus de Guantanamo. Il écoute scrupuleusement leurs histoires, puis se rend dans diverses villes et villages au Moyen-Orient et en Europe pour les restituer oralement aux familles. Depuis quelques mois, il commence à déraper, à transgresser, à s’insérer dans les histoires plutôt que d’en être un simple passeur neutre. La perte de son emploi, et le risque de voir se dévoiler ses transgressions incontrôlées, mènent à un bouleversement du fragile équilibre de sa vie au service des autres.

So-Cle pour le film de Geoffrey Lachassagne

Un film de Noël

Un 24 décembre, à Bort-les-Orgues. Un plan par rue, soit une centaine, souvent fixes, parfois en mouvement. Un barrage immense pèse au-dessus du village, des falaises enneigées l’entourent, les décorations de Noël clignotent çà et là, un chevreuil broute un bac à fleurs… Les humains sont rares, comme si la vie avait en partie déserté le village. Peu à peu se dessinent deux trajectoires convergentes.
Lionel, colosse mélancolique, est l’employé de mairie chargé d’incarner le Père Noël pour les enfants du village. Il est en retard, essaie d’enfiler son costume en marchant, fonce dans son utilitaire et percute un chevreuil, qui meurt sous ses yeux. Incapable d’abandonner sa dépouille aux chiens, il la prend sur ses épaules. Avec son costume de travers et l’animal sur son dos, il offre un spectacle étrange et révoltant et devient le gibier d’une chasse à l’homme.
Katchakine, chanteuse de gala, est en route vers la place du village, pour s’acquitter du concert de Noël. Elle manœuvre son camion dans les ruelles étroites, monte seule son podium, se mue en princesse punk lorsqu’elle enfile son costume de scène rouge sang, et entame une balance dont les stridences envahissent le village.
Traqué par les hommes et les chiens, Lionel finit par s’effondrer déposant le chevreuil comme une offrande devant le podium de Katchakine. Son chant, sauvage et libérateur, s’élève. Des silhouettes sortent de l’ombre. Ça ondule, ça twerke, ça sue. L’animal se redresse, vacille et bondit dans la nuit.

Tact Production pour le film d’Hassen Ferhani

Les Jaracandas

Les jacarandas, essence d'arbres exotiques, ont peuplé Alger en quelques décennies. Mon père journaliste, intellectuel et amoureux attentif de sa ville, en a tiré son premier roman, condensé politique et poétique de l’Algérie de ces quarante dernières années sur fond de faux polar. Cette passion m'interroge. Tandis qu'il cherche un éditeur, je le suis dans Alger. Je cherche à faire le portrait de ma ville à travers son livre.
Mon père meurt prématurément. Son cœur a lâché.
Guidé par les jacarandas, je cherche le moyen de continuer à conter ma ville à travers l’image obsédante de mon père. Dans les rues d’Alger, sa littérature m’accompagne.

Dernière mise à jour le 2 juillet 2024