Résultats 2026

Soutien à un projet artistique

Chedly Atallah

Ultraviolet

Ultraviolet est un projet de recherche et de création autour des histoires personnelles et collectives des kashshāsh et l’architecture imaginaire qu’ils tissent dans le ciel libanais : une narration de territoires fantasmés, parfois réels, parfois perdus suite aux bouleversements géopolitiques des sociétés. Palestiniens comme syriens s’offrent à cette pratique sur les toits. Éleveur de pigeons, chasseurs, lanceurs, guetteurs.
À la croisée des chemins entre la tradition ancestrale des lancers de pigeons et les récits intimes gravés dans la mémoire collective des conflits, génocides et colonies alentour, le projet vise à cartographier un espace où le visible et l'invisible se confrontent. C’est une ode à la complexité des histoires individuelles qui s’entremêlent dans le spectre de l’ultra, soit de l’au-delà, du loin et du par-delà. 
De l’autre côté du Liban, la Palestine. De l’autre côté du Liban, la Syrie. De l’autre côté du Liban, la Méditerranée. 

Laetitia Badaut Haussmann

ARCHITECTURES FÉMINISTES : CONTRE-FICTION

Avec mon projet Architectures féministes : contre-fiction, je souhaite développer un processus de production visant l’exploration d’un ensemble de problématiques liées à la spatialité et aux environnements construits, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs. Cette démarche me permet d’interroger le potentiel spéculatif et critique de l’architecture queer et féministe, envisagée comme une matrice de production plastique. Ce processus de production accompagne la recherche que j'entame actuellement sur le même sujet dans le cadre de mon doctorat en pratique artistique avec SACRe et les Beaux-arts de Paris. Les deux versants de ce projet – production et recherche académique – se construisent sur une série d'étapes ayant pour fil conducteur le spatio-féminisme  et combinent une approche plurielle : historiographique, spatiale et représentationnelle. 

Angélique Aubrit et Ludovic Beillard

Angélique Aubrit et Ludovic Beillard

Le rêve d’une vie est un projet de film qui imagine la chute du capitalisme à travers un huis clos en plein espace public. Le film interroge les réactions individuelles et collectives lorsque la hiérarchie sociale disparaît : six personnages de classes différentes doivent inventer de nouvelles formes d’organisation, tandis que surgissent tensions, conflits, paniques et solidarités précaires.
Le projet s’appuie sur une recherche sur la pauvreté et les formes d’exclusion urbaine, depuis la création de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, jusqu’à la Zone, vaste bidonville ceinturant Paris après 1870, frontière matérielle et symbolique entre riches et pauvres, visibles et indésirables. Ces espaces résonnent avec les politiques contemporaines de déplacement et de tri social.

Marie-Mam Sai Bellier

Mon verre de cristal + Guichette typeface

« Mon verre de cristal + Guichette typeface » est un double projet de recherche artistique et typographique qui questionne l’idéal moderniste de neutralité et de transparence. En détournant l’essai «The Crystal Goblet» de Beatrice Warde de 1930, je développe une série de verres soufflés désobéissants, qui résistent à la fonction et revendiquent l’opacité, l’excès et l’ambiguïté entre objet et sculpture. En parallèle, je poursuis le développement de « Guichette », une famille typographique ornementale de type script calligraphique, pensée comme une exploration d’un «neutre pop»

Younès Ben Slimane

Plastic Mourning

Ce film s’ancre dans les cimetières de Guyane française. Il prend pour point de départ une observation: dans ces lieux de sépulture, les fleurs naturelles ont été progressivement remplacées par des fleurs en plastique, objets importés issus du commerce global, désormais intégrés aux gestes du deuil.Le film interroge la transformation contemporaine des rituels funéraires et la manière dont la mémoire passe aujourd’hui par des objets artificiels. Dans un territoire marqué par une biodiversité exceptionnelle, où la décomposition et la repousse sont omniprésentes, ces fleurs inaltérables introduisent un contraste entre vitalité naturelle et fixité de la matière.

Dominique Blais

À contre-courant

Ce projet de recherche, envisagé sur le long terme,  s’inscrit dans une réflexion autour des flux et de l’écoulement, en prenant pour objet central le fleuve Seine. Plus qu’un simple élément géographique, la Seine est abordée comme un système dynamique, traversé par des forces physiques, climatiques, urbaines et symboliques, dont le son permet de révéler les manifestations sensibles. Le fleuve est ainsi considéré comme un médium vivant, un corps en mouvement où se superposent différentes temporalités. Le projet consiste à parcourir la Seine à contre-courant, de l’estuaire à la source, en réalisant des écoutes et des enregistrements réguliers, à la fois en surface et sous l’eau grâce à l’usage de microphones et d’hydrophones. Cette double captation permet d’appréhender le fleuve comme un espace stratifié, composé de régimes sonores visibles et invisibles.

Stéphane Blanquet

Automate Kugelberg-Welander

Cette nouvelle œuvre, intitulée Automate Kugelberg-Welander, fera suite à ma première sculpture autobiographique, Kugelberg-Welander, créée en 2024, avec pour objectif de pousser plus loin l’exploration du rapport entre l’homme et la maladie, le corps et la machine. Dans cette œuvre, je m’inventerai un fauteuil roulant imaginaire, entre la locomotive et l’exosquelette mécanique, pour créer un lien entre le corps et la machine. Cet exosquelette à concevoir, avec différents matériaux (bois, métal, tissu, acier) sera peint, dessiné, et surtout animé par une fausse robotique mécanique, influencé notamment par ORLAN et son robot, mais aussi nourri par les œuvres cinématographiques de David Cronenberg, ou littéraires de J.G. Ballard.

Camille Brée

HOW LOW

Ma recherche porte sur la médiumnité à effet physique, centrée sur la figure d’Hélène Duncan, et se déroulera à Londres à travers l’étude d’archives, des rencontres avec des médiums et la collecte de matériaux sonores et vidéo, afin d’alimenter des dispositifs sculpturaux et installatifs explorant l’apparition, la matérialisation et les seuils perceptifs. Ce travail de recherche nourrira un développement formel et conceptuel visant à transposer des phénomènes métaphysiques dans des dispositifs sculpturaux. Il me permettra d’approfondir les notions d’apparition, de matérialisation, de seuil et d’incarnation, en lien avec mes préoccupations plastiques portant sur les relations entre matérialité et invisible.

Nicolas Chardon

APPAREIL CRITIQUE

Appareil critique (pour une peinture problématique) est un projet de recherche et de production dans lequel j'envisage la peinture comme un terrain d’analyse et de mise en question de ses propres conditions d’existence. À travers la réalisation d’un ensemble inédit de peintures, associé à des matériaux critiques (entretiens, textes, formes graphiques), le projet vise à construire un dispositif où la peinture se donne moins comme image que comme opération de pensée.Le projet repose sur un travail en atelier, nourri par une recherche théorique, historique et discursive. Les tableaux produits constituent  un ensemble de pièces interdépendantes, articulées à un appareil critique autonome : textes, entretiens et formes éditoriales conçus non comme commentaires, mais comme des espaces parallèles de pensée.

Clément Courgeon

Wrestling Society

Je souhaite créer une ligue de catch intitulée WRESTLING SOCIETY, plateforme performative qui prolongerait et incarnerait mes recherches sur le catch. La pièce manquante de ce projet est un ring de catch, pensé comme une sculpture fonctionnelle : ce ring serait une œuvre plastique à part entière, répondant à toutes les exigences techniques permettant d’accueillir les acrobaties des catcheur·euse·s professionnel·le·s ou amateur·rice·s. Ce ring sera fabriqué de mes mains et conçu avec mon vocabulaire plastique : Une scène mobile et burlesque.

K. Desbouis

La grande nouvelle / The Great News

Projet de film d’animation d’environ 15 minutes qui prend pour point de départ formel les projections de confettis réalisées lors de cérémonies de révélations de genres de bébés (Gender Reveal Party) - une performance de standardisation du genre d’origine américaine, mais qui s'est globalement répandue à travers le monde - ainsi que les travaux de philologie psychotique de Jean-Pierre Brisset. The Great News réemploie le code visuel du confetti ‘’it’s a boy / it’s a girl’’ en multipliant ses messages et variations de langage pour les mettre en mouvement dans un film qui emprunte à la fois à la poésie concrète et au psychédélisme. Ici, les « it’s a boy / it’s a girl » sont complétés par un ensemble d’autres blocs de langage (‘‘it’s a blob’’ / ‘‘it’s a cop’’ / ''it's a slut'' / ‘'it’s a lie’’ / ‘'it’s a hole’’...) qui opèrent comme des particules, ou des unités mises en mouvement pour dessiner l’action synesthésique du film. Le monde visible dans The Great News est un monde de la performativité immédiate du langage et de son déclin qui répond à la manière dont la réalité est scriptée, construite, médiatisée.

Pierre di Sciullo

Réalisations dans l'espace public et recherches croisées

Projet de recherche-création typographique à partir de la revisite in situ de six de ses œuvres dans l’espace public. Au fil de voyages, d’observations et de rencontres, Pierre Di Sciullo collecte et transforme des matériaux issus des usages, du temps et des lectures des lieux.Ce processus constitue l'essence d’une œuvre nouvelle : la création d’une typographie originale de 80 caractères, portant en elle la transformation du patrimoine graphique et urbain autant que celle de l'artiste dans son processus créatif. En retournant sur les sites de ses œuvres dans l’espace public, l’artiste ne cherche ni à en dresser un bilan ni à en figer la mémoire, mais à confronter ces formes à leur devenir : leur usure, leurs détournements, leurs usages et leurs lectures actuelles. 

David Douard

Shaping Grids

Ma pratique artistique repose sur l’assemblage et la contamination de formes, d’images, de mots et de matériaux issus du quotidien. En combinant des fragments de vie – paysages traversés, objets domestiques, archives personnelles ou éléments organiques –, je cherche à faire émerger une essence commune des espaces que nous habitons. Ce projet a pour objectif d’approfondir une recherche sculpturale à partir du médium de la fonderie, envisagée comme un espace de tension entre contrôle et imprévu. En travaillant l’aluminium, je souhaite expérimenter des protocoles de production qui intègrent volontairement l’accident, l’erreur et la transformation, afin d’observer la manière dont une forme normée peut être altérée par le geste, le contexte et les contraintes matérielles.

Baptiste Filippi

La vie qui va avec

En 2014, j’ai acheté une ancienne Renault Twingo afin d’exercer un travail alimentaire en périphérie de Strasbourg. Bien que cette activité ait cessé, j’ai conservé le véhicule. À partir de 2019 et face à un contrôle technique qui s’annonçait défavorable, j’ai engagé un travail de transformation de cette Twingo, envisagée comme matière première artistique.
J’ai progressivement démonté certaines parties de la carrosserie afin de les exploiter comme plaques à graver. En détournant le slogan publicitaire du véhicule — « À vous d’inventer la vie qui va avec » — j’ai développé une série d’estampes faisant appel à différents ateliers et à un large éventail de techniques de gravure. Pour ouvrir un nouveau volet de cette recherche, je souhaite réaliser une nouvelle série de gravures en couleur, toujours à partir de la carrosserie de la Twingo. 

Mona Renée Filleul

Tr4nSf£m Studies

Tr4nSf£m Studies est un projet de recherche et de production artistique ouvrant un nouveau cycle dans mon travail. Il s’inscrit dans une phase de reconfiguration formelle et méthodologique, articulant sculpture, peinture, matériaux de construction et électronique. Le projet se développe autour de cinq portraits réalisés en dialogue avec cinq femmes trans vivant en Île-de-France. Le portrait y est conçu comme un ensemble identitaire sans figure centrale, composé de plusieurs œuvres inscrites dans une structure commune. Le travail s’ancre dans une échelle située et volontairement limitée, attentive à des trajectoires singulières.

Garance Früh

Clean and Concealed

Clean and Concealed est un projet de recherche et de création qui interroge les régimes temporels imposés aux corps féminins dans les sociétés contemporaines. À partir de l’histoire des cosmétiques, de la publicité et du cinéma, le projet analyse comment les dispositifs de lissage, de correction et de dissimulation du temps façonnent les normes de féminité, de désirabilité et de vieillissement. S’inscrivant dans une approche féministe et queer des chronopolitiques, le projet donne lieu à la production de sculptures mêlant céramique, cuir, textile, métal et objets trouvés. Ces formes, à l’esthétique séduisante mais traversées de tensions et d’affaissements, révèlent les architectures invisibles qui soutiennent, contraignent et modèlent les corps féminins.

Laura Gozlan

99 : 99

99:99 est un film expérimental qui explore l’interruption et le désœuvrement à travers une mise en crise du temps. Le film se déploie au sein d’une communauté religieuse installée dans un immeuble automatisé, dont l’organisation repose sur une temporalité ritualisée. Le dérèglement progressif de ce dispositif révèle les dépendances, hiérarchies et vulnérabilités qu’il produit.
Le récit suit une figure extérieure employée par la communauté pour accomplir les gestes interdits durant le shabbat. Par sa circulation, elle agit comme un point de bascule : elle expose les zones grises de la loi et les effets ambivalents des mécanismes de protection.
Adoptant une forme burlesque et grotesque, proche du slapstick, le film fait émerger une violence structurelle diffuse à travers la répétition et l’absurde. La crise libère des désirs et des fantasmes, majoritairement féminins, projetés vers cette figure extérieure, faisant du désir un symptôme politique.

Elika Hedayat

HAROUM

Après avoir imaginé la ville-laboratoire de Haroum, une ville-laboratoire du futur en état embryonnaire, je souhaite rencontrer ses habitantes, en allant chercher des femmes exceptionnelles dans notre réalité, unies par une connexion profonde à la terre et à ses créatures. 
Une metteuse en scène et pédagogue suisse, une artiste biologiste trans brésilienne et une agricultrice iranienne (kurde), toutes les trois engagées dans une démarche écologique et féministe : c’est avec elles que je souhaite poursuivre le récit de l’avenir de Haroum, en favorisant des échanges entre elles à travers le monde.

Dominique Hurth

figuiers du diable

Au centre de mon projet se trouvent les figuiers de Barbarie bouffés par les parasites comme métaphores des mémoires et répercussions de la Guerre du Rif dans le paysage du Rif oriental (Maroc). Ce projet matérialise à la fois une dimension écologique et historique des répercussions de cette guerre dans la région. Le figuier de Barbarie, une espèce originaire du Mexique qui s’est naturalisée dans le bassin méditerranéen, doit son nom aux traces de colonisation française dans la région du Maghreb. Terme obsolète et raciste, le nom « Barbarie » est ainsi automatiquement lié aux violences coloniales de la région. 
Ce travail souhaite aborder la question d’archives, d’histoire de violence et du passé colonial via la figure de ce cactus. 

Jean-Baptiste Janisset

Glanage dans les Pyrénées

Depuis 2015, je développe une pratique sculpturale fondée sur le moulage de formes issues du patrimoine funéraire et sacré. Cette recherche a donné naissance à une collection de plus de 250 moulages, que je nomme les Témoins, constituant une archive de gestes et d’ornements sculptés. Le projet consiste en un séjour de recherche dans les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques afin de collecter de nouveaux Témoins dans les lieux de culte et cimetières de ce territoire, que je n’ai encore jamais exploré.

Tarik Kiswanson

The Rupture

The Rupture est une œuvre vidéo qui se concentre sur l’internement de George Nakashima (1905–1990) et de sa famille au camp de Minidoka, dans l’Idaho, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le projet s’inscrit dans la continuité de ma recherche sur les notions de mémoire, de traumatisme et de régénération, en explorant comment l’expérience de l’enfermement affecte la psyché, la mémoire et la création. 
Le camp de Minidoka, composé de baraquements précaires entourés de barbelés, devient un espace de suspension du temps, où la privation de liberté et la déshumanisation laissent une empreinte durable. La vidéo adopte une écriture non linéaire, construite autour de boucles pour traduire la circularité de l’expérience traumatique et la fragilité de la mémoire. 

François Lancien-Guilberteau

Foreign Experiences

Ce projet de recherche s’inscrit dans la continuité de ma pratique d’installation, dans laquelle j’envisage l’exposition comme un médium à part entière. À travers le son, le texte, la vidéo et le dessin, je développe des dispositifs qui déplacent les conditions habituelles de perception et d’attention, en travaillant des temporalités longues et des situations d’écoute où le sens se construit par l’expérience.

À mesure que le son a pris une place plus centrale dans mon travail, il est devenu un point d’entrée pour interroger les relations entre attention, durée et expérience collective. La recherche porte sur un ensemble de pratiques expérimentales développées aux États-Unis à partir de la fin des années 1960, notamment au sein de Sonic Arts Union, du Sonic Meditations Group et du Deep Listening Band. Ces pratiques ont en commun de concevoir la composition comme une situation d’écoute : un environnement, un processus ou un exercice collectif, attentif au contexte et aux conditions de perception. 

Florence Lazar

Sous terraines

Au moment où la terre de "Providence" est menacée de disparaître, effaçant la mémoire collective de l’une des grandes luttes menées contre le système de plantation, je souhaite réaliser un film sur ce site emblématique, en résonance avec 125 hectares. En accompagnant Véronique Montjean dans son désir de « laisser une trace », je souhaite non seulement revenir sur cette lutte, mais aussi convoquer les liens souterrains de solidarité et de protection de la terre inscrits dans une filiation matrilinéaire.

Rainier Lericolais

Ani Hagever (hommage à Itzhak Katzenelson)

« Ani Hagever » : une œuvre expérimentale de 20 à 30 minutes inspirée du dernier poème d'Itzhak Katzenelson, « Le Chant du peuple juif assassiné » (1944), entre musique concrète et hörspiel contemporain. 
À la croisée de la littérature, l’histoire et la musique, ce projet de recherche inclura des collaborations avec des écrivain.es (Erri De Luca, traducteur du yiddish vers l'italien), des récitant.es (Macha Fogel, directrice de la Maison de la culture yiddish) et des musicien.nes (Pierre-Yves Macé, Tami Troman…) mais aussi un montage d’archives et de field recordings prélevés à Vittel (Vosges).

Géraldine Longueville

Mesclun

Le projet intitulé Mesclun est axé sur la recherche et la transmission des savoirs liés à l'amertume et à la colonisation en Algérie, à travers des pratiques de cueillette et de chant que j'utilise pour reconstituer des récits collectifs. Il s'inscrit dans une démarche de recherche sur l'impact de la colonisation sur le paysage algérien, en se concentrant sur l'histoire des plantes, notamment le quinquina, symbole amer de résistance à l'acclimatation coloniale .Le projet allie recherche historique, artistique et écologique pour interroger les traces laissées par la colonisation et leur résonance dans le paysage et les mémoires.
 

Melanie Matranga

Wide open

Wide Open est une vidéo tournée uniquement avec des caméras de surveillance existantes, dont la trame narrative, essentiellement axée sur la jalousie, se dévoile au fur et à mesure des messages téléphoniques échangés par les protagonistes, deux femmes et un homme. Les deux femmes sont très amies, et l’une d’elles est en « couple » avec le personnage masculin. Celui-ci voit en secret l’amie de sa partenaire, tandis que les deux femmes entretiennent une relation fusionnelle, faite d’envie et d’admiration. Les dysfonctionnements du trio apparaissent de manière « distanciée », car les caméras sont placées dans des lieux publics, limitant les démonstrations d’affection entre les personnages. C’est notamment à travers un split screen que le spectateur perçoit les différentes formes d’intimité partagées entre eux.

Louise Mervelet

Le volcan des mal assises

La proposition s’ancre autour d’un élément atypique du paysage urbain des banlieues de Bagnolet, Montreuil, Romainville et les Lilas : le plateau des Malassis, dont le nom équivoque et imagé se prête à la légende. À partir de discussions avec différents groupes sociaux des environs, tournant autour de l’origine réelle ou inventée de ce nom, un récit collectif sera écrit, prenant la forme d’un mockumentary sci-fi, dans la lignée des romans de l’autrice Sabrina Calvo. L’histoire fera l’objet d’un podcast et en découlera une série d’images conçues comme de fausses archives de ce récit. Le projet est transdisciplinaire, et se positionne à la croisé de la radio, de l’image imprimée, et de la sociologie.

Anna Meschiari

INT. LONZI EXT.

Marta Lonzi (1938–2008) est une architecte italienne dont l’œuvre demeure largement méconnue en France, notamment en raison de l’absence de traduction de ses écrits. Sa pensée critique s’inscrit dans le prolongement de Rivolta Femminile, collectif féministe fondé à Rome en 1970, auquel participait avec sa sœur Carla Lonzi.
Depuis deux ans, mon travail de recherche artistique se concentre sur la pensée et les réalisations de Marta Lonzi. L’objectif du projet est de concevoir les bases pour réaliser un film qui articule recherche archivistique, entretiens et observation filmée de la maison. Le film vise à rendre perceptibles les principes qui traversent son travail — négociation avec l’existant, relation au paysage, attention aux corps et aux usages — tout en interrogeant les conditions de transmission d’une œuvre architecturale marginalisée.

Gregory Niel et Laetitia Delafontaine

Obscured by clouds

Obscured by Clouds est un film expérimental de fiction située qui explore le devenir d’un territoire précis : une vallée du parc national des Cévennes. Le projet s’inscrit dans une recherche sur le « lieu multiple », visant à redonner de l’épaisseur au réel par l’entrelacement, dans un même espace, de ses variations. 
Par une approche non anthropocentrée, le film interroge les scénarios écologiques contemporains, en dialogue avec la théorie Half Earth d’E.O. Wilson et les réflexions de Virginie Maris sur la part sauvage du monde. Il propose une simulation spéculative d’un espace de coexistence fragile, ni sanctuarisé ni urbanisé, où humains, animaux, végétaux et sols négocient leurs présences. 

Aurélien Potier

A door ajar 

Ma pratique artistique vise la création d’environnements émotionnels chargés, où les matériaux (industriels, organiques, issus de l’intime ou d’usages collectifs) deviennent porteurs de tensions physiques et affectives. Les œuvres cherchent un état de vibration, une fréquence, une instabilité, porteur de tension mais aussi de potentiel profond.  Sculptures et installations se déploient en réactivité aux les lieux, investissant seuils et zones de faille. Ma recherche s’articule autour de trois notions : la saturation, la perte et l’instabilité, que je souhaite aborder à la fois comme contraintes et comme possibles. Le projet repose sur une phase d’expérimentation et de production de nouvelles sculptures, intégrant réemploi, moulage et variations de densités et d’échelles.

Achim Reichert

Papa’s facebook

Mon père a constitué, à partir des années 1950, une collection de cartes au format A5 sur lesquelles il collait des portraits de personnalités découpés dans les journaux. Classées par ordre alphabétique, ces cartes forment aujourd'hui un ensemble couvrant environ soixante-dix ans de culture populaire, jusqu'aux environs de 2020. Chaque lettre de l'alphabet regroupe une dizaine de cartes. Cette collection se trouve aujourd'hui dans mon atelier, où je réfléchis à la manière de la valoriser. 
À travers ce travail patient et méthodique, mon père cherchait à constituer une sorte de base de données visuelle des personnalités qui ont marqué la musique, le spectacle et la culture populaire de son époque. Bien avant l'ère numérique, il élaborait ainsi un lexique visuel personnel, une archive de visages et de noms qui témoigne autant de l'évolution du show-business que de son regard sur le monde.
Je me demande aujourd'hui comment répondre à cette idée, comment prolonger ou réinterpréter ce projet pour lui donner une nouvelle forme et le partager avec d'autres.

Julie Sas

ONLINE TOUR #5935038

Cette recherche se concentre sur l’étude du site mémoriel d’Auschwitz-Birkenau, à la croisée d’une histoire familiale et d’une glaçante actualité qui le place au cœur d’un processus inédit de renversement des valeurs morales associées au fascisme. L’étude du tourisme de masse que génère le mémorial associé au constat d’une perte d’autorité morale de la Shoah m’ont inspiré une réflexion sur les liens que peuvent entretenir le « devoir de mémoire » et son mésusage politique, la moralité et le sentiment de justice. Les stratégies de muséification du mémorial n’échappent pas aux logiques néolibérales de gestion des critères moraux, de capitalisation des affects, de délégation de l’éthique aux lois vaporeuses du numérique, et d’ajustement du récit historique à des fins de dé-responsabilisation nationale ou personnelle. Sur la base de ces observations, accompagnées par la lecture des écrits de Günter Anders – en particulier « L’obsolescence de l’homme » (1956) – je souhaiterais formaliser un projet filmique et d'installation autour de ces questions. 

Eden Tinto Collins

Ordalie Tardive - recherches

Ordalie Tardive est un projet de recherche et d’écriture qui prend la forme d’une fiction transhistorique articulant Moyen Âge européen, modernité coloniale et avant-gardes afro-atlantiques. À travers le personnage de Jane Dark, figure de passage entre les époques. Le projet interroge la manière dont les images, les lieux et les archives produisent des mémoires actives plutôt que des récits figés. Cette phase de travail se concentre sur l’élaboration d’une mythologie critique, où le voyage dans le temps devient un outil de lecture des violences historiques, des transmissions invisibles et des formes de résistance, en vue de constituer une base conceptuelle et narrative pour des développements artistiques ultérieurs.

Valérie Vigon Vve John

Réparer. Repriser. Réconcilier

Mon projet Réparer. Repriser. Réconcilier.  s’inscrit dans une continuité de recherche artistique sur la mémoire, le geste et la transmission. Il explore la manière dont l’art peut devenir un outil de réparation et de réconciliation, tant sur le plan formel que symbolique.
L’atelier est ici envisagé non comme un lieu fixe, mais comme un espace mouvant, un « atelier-œuvre » qui s’étend au-delà de ses frontières physiques pour aller à la rencontre de nouveaux territoires de création. En investissant des hors-lieux, je souhaite éprouver ma pratique en dehors du cadre conventionnel de l’atelier, afin d’explorer l’impact du déplacement et du dialogue interdisciplinaire sur mon processus créatif.

Dernière mise à jour le 27 juillet 2026