Shailesh BR

The Last Brahmin / Le Dernier Brahmane
Exposition
Arts plastiques
Villa Arson Nice
Shailesh BR

L’artiste indien Shailesh BR, né en 1986 en Inde du sud, se considère comme le dernier brahmane de sa famille. Au travers de cette exposition, il tente de démêler les diverses pratiques des castes en se référant à à des coutumes anciennes. Les objets et leurs rituels sont disposés selon le plan d’une maison brahmane dont l’artiste prend possession en y étant présent, comme s’il l’habitait. En invitant tout le monde à pénétrer dans son espace, il dénonce les discriminations induites par la hiérarchie des castes et ouvre la porte à la conversation, en tissant les événements de sa vie en une narration visuelle.

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Shailesh BR se considère comme étant le dernier brahmane de sa famille. L’origine de ce titre auto-proclamé vient du livre Le Dernier Brahmane : vie et pensées d’un spécialiste moderne du sanskrit, autobiographie de Rani Siva Sankara Sarma publiée en 2012 et qui se présente comme une histoire d’apprentissage, d’érudition et d’une rigoureuse discipline pédagogique.

Dans l’exposition Le Dernier Brahmane, Shailesh BR tente de démêler les diverses pratiques des castes en revisitant le cœur de leur structure, décodant les notions d’héritage, de formation et de déformation. Le Dernier Brahmane se réfère à des connaissances et des pratiques anciennes, mais les interprète au présent afin de faire prendre conscience de leur signification au sein de notre monde. Vivre loin de chez lui et du « pays sacré », lui offre un exil spirituel pour une profonde méditation afin de laisser place à l’introspection comme à l’extrospection.

Bien que les divisions et cloisons spatiales soient imaginaires, l’espace d’exposition, ses objets et ses rituels sont basés sur le plan d’une maison brahmane traditionnelle, ainsi que sur ses usages qui sont gouvernés par les lois du Vastu Shastra (système architectural traditionnel). « Dans mon village il est toujours interdit aux gens des autres castes de pénétrer dans une maison de brahmane, ce qui doit les rendre très curieux de savoir à quoi ressemble l’intérieur. » Shailesh BR a l’intention de poser un défi à ces mœurs d’hospitalité. « Mon point de vue est que n’importe qui peut être un brahmane en étant simplement exposé à certains systèmes de connaissance. Il en découle donc que n’importe qui peut entrer dans la maison d’un brahmane. » En invitant tout le monde à pénétrer son espace, Le Dernier Brahmane renonce aux discriminations basées sur la caste et ouvre la porte à la conversation.

Le Dernier Brahmane aura un début et une fin, devenant ainsi une expérience en soi, qui mènera à de grandes révélations ou … à une confusion encore plus grande. L’avenir nous le dira. Shailesh BR prend possession de cet espace en y étant présent tous les jours comme s’il l’habitait* (Voir vidéo « Chanting the Purusha Sukta« ).  Une cérémonie d’ouverture souhaite la bienvenue à un monde sans frontière, invitant à entrer, à observer, participer, et à sortir à n’importe quel moment au cours de trois cycles lunaires. « J’ai observé que les cycles de rituels suivaient un même déroulement : Projeter > Maintenir > Asphyxier par une monotonie hypnotique. » Il démarre ses journées avec le Sandhyavandanam, une routine élaborée de prières qui inclut la récitation des Védas, de la méditation et une pratique de Yoga-Yaga. L’artiste a l’intention de maintenir le feu rituel durant toute cette période, même si ce feu n’est qu’une flamme de bougie. Au fil des jours, en fonction de son « État d’Esprit », il s’exprime en écrivant et en dessinant. Chaque jour il étreint et maintient le Janeu – le cordon sacré. Le Dernier Brahmane indique la fin de cette période d’observance par une cérémonie de clôture qui sera le point culminant de ce qu’il y aura appris et interprété.

Le Dernier Brahmane souhaite ainsi brouiller toute frontière qui pourrait être perçue par ses visiteurs. L’artiste/brahmane partage ses souvenirs personnels afin de créer de l’amitié, de l’empathie et un sentiment de familiarité, tissant les événements de sa vie en une narration visuelle. Shailesh BR ne cesse d’évoluer conceptuellement en tant que Dernier Brahmane à l’aide de dessins, de peintures, de sculptures, d’objets trouvés et de machines. Il utilise également des médiums traditionnels comme les feuilles de palmier pour créer des manuscrits, et analyse la Puja (un rite d’offrande) ainsi que des objets quotidiens et accessoires brahmaniques sacrés.

Commissariat : Vitarka Samuh 

En raison du contexte sanitaire, Shailesh BR a quitté la Villa Arson pour être rapatrié en Inde. Les interventions initialement prévues dans l’exposition ne peuvent par conséquent se produire dans le cadre de sa prolongation. En vous remerciant de votre compréhension.

Complément d'information

Shailesh BR
« Mon processus de pensée commence avec des dessins qui illustrent mes idées de tous les jours comme autant de rituels ou de plans, et qui documentent les possibilités de mon travail. Ils imaginent la fabrication d’un dispositif qui peut éventuellement devenir un objet ou qui peut exister en tant qu’idée. J’ai affaire à des « machines » complexes et je simplifie leurs côtés matériel et fonctionnel afin qu’ils soient plus représentatifs des besoins et/ou des désirs des êtres humains ; de la même manière que certains mécanismes existent parfois dans la société sans qu’ils aient de nécessité réelle.
J’ai grandi dans un petit village du sud de l’Inde sans électricité, et au cours de mes études supérieures la découverte de la mécanique m’a vraiment fasciné. Dans ma pratique cette fascination me sert à résoudre des interrogations et à répondre aux questions philosophiques et existentielles. Ma pratique reste une réaction non seulement à un objet ou à une pratique que je rencontre et avec lesquels j’interagis, mais aussi à leur sensibilité, leur signification, à leur connotations pratiques, conceptuelles ou métaphoriques. De sorte que je détourne les objets pour altérer leur fonction et pour injecter un élément satirique qui est une critique de leur rôle politique, social ou culturel. Avant de faire des études d’art j’ai étudié le Sanskrit. Le jeu entre la beauté externe et la fonction d’une forme ou d’un objet, tout comme le sens profond de cet objet et de ses connotations élargies, ainsi que l’analyse critique qui en découle, sont incarnés par la dialectique Tarka Shastra, et c’est aussi ce qui motive ma pratique. » + d’infos

Vitarka Samuh est un collectif ouvert qui recherche des points de vue, des perspectives, des modèles et une adhésion à un dialogue humanitaire constructif dans le but de résoudre de manière informelle les causes profondes de la discrimination et de l’injustice sociale en Inde. S’agissant d’un dialogue humanitaire informel, il poursuit le projet de le faire passer de l’individu à la famille, aux pairs, à la communauté, à la région, au pays et au monde.

Traduction : Claire Bernstein

Remerciements : Subaraya Ananth Bhat (photographe), Akash Sharma (assistant technique), Ritika Sharma (coordination et assistante artistique), Naseem Khan et Atul industries (assistance production), Krupesh Bhat, Jagadheesh Sharma, Venu Vignesh, Gautam Sharma, Vadehra Art Gallery et Sonia Pastor, pour leur soutien.

Commissaires d'exposition

Horaires

Tous les jours, sauf mardi, de 14h à 18h / de 14h à 19h en juillet et août.
Ouvert le samedi 15 août.

Tarifs

Entrée libre

Adresse

Villa Arson 20 avenue Stephen Liégeard 06105 Nice France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 10 septembre 2020