SAID AFIFI_Portrait
Biographie

Né en 1983 à Casablanca, Saïd Afifi vit et travaille à Paris.
Lauréat de l’Institut des Beaux-arts de Tétouan (Maroc) en 2008, il intègre la promotion Chantal Akerman du Studio national des arts contemporains - Le Fresnoy - de 2016 à 2018, dont il sort diplômé avec les félicitations du jury.
Passionné de cinéma, de littérature et de nouvelles technologies, il développe depuis 2012 une recherche autour de l’architecture postmoderniste, revendiquant entre autres l’influence des textes de Nietzsche et de Jean Baudrillard ainsi que les formes architecturales de Claude Parent et du Corbusier. Il n’hésite pas à leur emprunter certaines de leurs “obsessions” : temps, vitesse, archéologie, identité, etc. Plus récemment, son travail s’oriente vers les problématiques du paysage naturel, du biomimétisme et de l'impact des nouvelles technologies dans l’observation du monde.
Ses œuvres sont exposées au Maroc, en France et ailleurs. En 2010, il participe à la Biennale des jeunes créateurs d’Europe et de la Méditerranée à Skopje (Macédoine), en 2013 au Festival Vidéoforme à Clermont-Ferrand, en 2015 à l’exposition Le Maroc contemporain à l’Institut du monde arabe de Paris. En 2017 et 2018, il présente les œuvres Etymologie et Yemaya lors des expositions Panorama 19 et Panorama 20 du Fresnoy, puis en 2019 à la Biennale de Rabat. La même année, sa vidéo Naufrage du cube est présentée à la Beirut Art Fair (Liban).

L’univers de Saïd Afifi se pose en 2012 à travers la vidéo Naufrage du cube. Celle-ci présente un rectangle noir qui s'engouffre peu à peu dans la mer en questionnant chez le visiteur sur la vacuité des choses dans le monde qui nous entoure.
À travers elle, l’artiste entame une longue quête avec cette notion pour moteur de création, tout en nous faisant voyager entre les espaces minéraux ou organiques, aquatiques ou aériens, archéologiques et futuristes.
En 2017, l’œuvre Étymologie - référence directe à l’architecte Carlo Scarpa (1906-1978), à qui il emprunte les formes circulaires et aériennes en béton - présente les vestiges archéologiques de ce qui semble être le témoignage d’une humanité aujourd’hui éteinte. Les plans rapprochés sur la pierre et les colonnes du site gallo-romain Glanum de Saint-Rémy-de-Provence, reprennent les codes du film documentaire, tandis que se dessine en images de synthèse une architecture aérienne en béton percée de hublots dont des coulées de roches organiques semblent s’échapper. Entre fascination et scénario apocalyptique, l’ambiance grisâtre et la lenteur contemplative des plans, place le spectateur dans un monde en suspension hors du temps, où parfois des poissons de roche flottent au-dessus du sol.
Il coexiste dans le travail de Saïd Afifi une ambivalence qui glisse d’une œuvre à l'autre sans jamais nous permettre de saisir l’intégralité des enjeux.

Produite et exposée pour la première fois au Fresnoy en 2018, Yemaya est une installation immersive en réalité virtuelle accompagnée de cinq dessins. Le visiteur est ici invité - par le prisme de lunettes de réalité virtuelle - à parcourir une grotte lors d’une déambulation méditative et poétique.
Cette œuvre se compose d’images scientifiques de trois grottes sous-marines fidèles à la réalité (situées en Méditerranée). Ces images, sont le résultat de captations faites par une équipe de chercheurs du CNRS ; doublées de mesures acoustiques issues d'un système d’enregistrement de sons sous-marin. Les détails et volumes de ces grottes, ont été captés via le processus de photogrammétrie par des milliers de photographies bidimensionnelles en très hautes définitions, traitées et assemblées avec un logiciel de manière à reproduire un espace en trois dimensions.
Fasciné par la précision des images numériques scientifiques et leur capacité à renouveler notre perception du monde, Saïd Afifi s’est ici approprié cette matière pour rassembler ces images en une seule grotte. À la manière d’un chercheur et d’un collectionneur obsessionnel, il a extrait, dupliqué et assemblé des détails issus de chacune.
En combinant ces trois grottes, l’artiste réinvente le réel dans une sorte de voyage mental qui permettrait de faire le lien entre l'Europe et l’Afrique et qui - à la manière de son oeuvre Naufrage du cube - fait fi de la réalité, jusqu’à en faire disparaître les frontières.

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Dernière mise à jour le 20 juin 2022