Sérendipité

de la nécessité du voyage
Exposition
Arts plastiques
Galerie Olivier Robert Paris 03

Est-ce par une extravagance hasardeuse qu'Horatio Walpole décida un jour de mettre un nom, Sérendipité, sur la découverte de ce phénomène ? Ou de se découvrir instigateur du roman gothique hanté ? Ce même hasard qui poussa un navire baptisé lui aussi Walpole vers les rives d’une île inconnue au milieu du Pacifique ? Et qui amena Lionel Scoccimaro à ranimer ce terme, en nous invitant au voyage ?

La nouvelle exposition « Sérendipité, de la nécessité du voyage » de Lionel Scoccimaro à la galerie Olivier Robert (18 octobre – 24 novembre 2012) ne doit rien au hasard. C’est donc tout naturellement que l’on retrouve les fantômes du minimalisme, tour à tour respecté, de l’évocation du cube mythique jusqu’à la recherche de la perfection de la finition comme part intégrante de l’œuvre ; puis soudainement maltraité, clouté, décoratif ou raillé. Mais c’est précisément dans son ironie feinte qu’il rend le plus bel hommage possible à ce mouvement d’énergie pure à la férocité glaçante, et désormais embaumé, déterré, et dont le cadavre erre, vidé.

Sous des airs de matérialité brute (bois, bûche, acier) et d’abstraction radicale, de reprises de codes, les formes inquiétantes ouvrent sur un espace parallèle. Le tondo, par exemple, façonne cette polysémie. S’il remémore les glorieuses approches d’italiens renaissants, il est aussi proche d’un œil de sorcière aveugle, d’une excroissance fantasmée de Cronenberg, que d’une sculpturale peinture suprématiste, sorte de Malévitch aimanté.

C’est tout l’art du dépaysement recherché. Nous évader par l’épurement, nous faire entrevoir l’inconnu au milieu des balises. Alors, comme un jeu de piste spirituel, l’ananas devient indice. Symbole de l’exotisme, de cet ailleurs tel que l’a rêvé Anthony Hussein Hinde, il est le messager, le signe de l’incongruité comme échappatoire. Lionel Scoccimaro affirme son besoin de découverte perpétuelle, de quête constante vers des horizons inexplorés, partant de l’atelier pour y revenir, accompagné d’un vernis remarquable et d’un langage qu’il nous a appris à décrypter.

Pour maîtriser le hasard, il choisit l’équilibre. Ce subtil dosage, funambule, qui loin du repos, permet de mieux jouir du vertige des sensations. Des œuvres taillées comme des déclarations à l’élégance ravageuse, nous laissant, devant leurs insondables mystères, comme mal armés.  Benjamin Bianciotto

Horaires

La galerie est ouverte du mardi au samedi de 11h à 19h et sur rendez vous.

Adresse

Galerie Olivier Robert 5 rue des Haudriettes 75003 Paris 03 France

Comment s'y rendre

Métro Rambuteau (ligne 11), Hôtel de Ville (ligne 1 et 11)
Dernière mise à jour le 2 mars 2020