Richard BAQUIÉ

20 ans Morphogène – Ballon-Evénement du 29 mars 1982 – Avion Feu – Opération Rhinocerus
Exposition
Arts plastiques
OÙ Lieux d’Expositions pour l’Art Actuel Marseille

 

“À chacun des lieux explorés correspondent des conditions de vie singulières”. Affirmant une curiosité pour des “ailleurs”, des endroits où des formes de vie s’établissent, s’inventent et s’épanouissent. Une nécessité de réalisme critique rassemble ces oeuvres travaillant avec le mouvement, les mots, le son, la photographie, la vidéo et divers matériaux… Faire acte de représentation suppose pour Richard Baquié de faire appel aux champs cognitifs de la sociologie, de l’anthropologie, de l’ethnologie, de la géographie et de l’histoire. Les modalités plastiques mises en oeuvre vont des stratégies et protocoles documentaires jusqu’à des formes poétiques, en passant par la mise en fiction et le récit. Une exceptionnelle synergie autour des œuvres de Richard BAQUIÉ, 20 ans après sa disparition.
Conversations à plusieurs voix et expositions des œuvres de Richard BAQUIÉ.

Célèbre pour ses installations, Richard Baquié a influencé nombres de jeunes artistes du XXIè siècle aux performeurs contemporains. Sculpture, mouvement, son, interaction avec le spectateur… Le parti pris des “20 ans” n’est pas d’organiser une énième exposition-rétrospective, l’idée est plutôt de montrer l’intérêt que Baquié a porté à la question du mouvement et donc son lien avec la performance. Par performance, entendons plutôt sculpture performative, chorégraphiée, comme le montre sobrement les oeuvres présentées chez OÙ, déroulant le fil d’une carrière qui fut loin d’être un cheminement monocorde. Amoureux de la bricole et de l’errance depuis l’enfance – collectionneur de cailloux glanés ça et là, de photographies de neige – il opte pour des études touchant au dessin industriel, à la peinture, puis pour un BAC pro soudure. Ce qui plaisait à Baquié dans la sculpture, ce n’était pas les matériaux mais plutôt la dimension performative des éléments. Sculpteur, certes, mais en se détachant de la masse, préférant travailler les quatre éléments, la matière légère, aérienne, fluide, transparente, mouvante déjà. Richard Baquié compose des mouvements, expérimente pour faire se mouvoir les sculptures, le technicien de formation qu’il est les dote de “petits” moteurs et de systèmes mécaniques complexes. Puis il leur préfère “la révolution” libre de l’objet, aléatoire. Lorsqu’il revient à la peinture, c’est pour la faire interagir avec son environnement actuel. Diverses dans leur forme, ces oeuvres relèvent toutefois d’un même esprit : une recherche d’hybridation entre peinture et sculpture, abstraction et figuration, sculpture et spectacle. Les oeuvres se font aussi organiques, témoignant d’une observation sensible de la nature. En 1987 Baquié est consacré au Centre Georges Pompidou et fait la une de Libération : il est désormais un artiste incontournable. Malgré le succès, et l’exploration de voie monumentale, le sculpteur ne s’éloignera jamais du cinéma, du spectacle vivant, et d’un simple souffle d’air combinant forme et musique, engageant l’espace et le corps tout entier. Performeur ? Certainement, au sens d’un art en mouvement pour un artiste qui n’a d’ailleurs jamais cherché ni à théoriser ni à s’ancrer dans un courant ou un mode d’expression unique… Son influence sur la jeune génération d’artistes n’est en tout cas pas à démontrer, des années 80 jusqu’aux contemporains Jean-Alain Corre ou Katinka Bock.

 

“Avec moi, il y a un réel écart entre ce que je veux dire et ce que j’arrive à faire. Je suis toujours “déçu”. Je travaille avec et sur cette déception.” Richard Baquié

L’artiste Richard Baquié est né le 1er mai 1952 à Marseille (France). Il décède le 17 janvier 1996 à Marseille.

Richard Baquié développe une oeuvre où se croisent peintures, photographies, sons, films, images et textes poétiques ainsi qu’assemblages d’objets industriels. Avant d’être artiste plasticien, Richard Baquié exerce plusieurs activités, notamment monteur de grues, chauffeur de poids lourds, livreur de nuit chez Kodak, professeur d’auto-école et professeur d’art plastique en école d’art.

En 1975, il entre à l’Ecole des Beaux-Arts de Luminy à Marseille. Ses professeurs sont le sculpteur Toni Grand, ainsi que les peintres Claude Viallat et Joël Kermarrec.

“Sculpteur” incontournable de la scène artistique française, Richard Baquié est souvent associé à l’image d’un “bricoleur” tant les oeuvres qu’il réalise à partir de divers matériaux qu’il assemble, manipule et transforme donne à voir des pièces vouées à disparaître ou des installations performatives ou éphémères.

Richard Baquié redéfinit la sculpture à partir des mots qu’il utilise comme une réversion aux objets.

“C’est peut-être bien là mais je n’en sais rien. Vous, vous aimeriez que ce soit ça. Alors je vous le laisse dire. Vous voudriez une vérification et moi je ne sais que construire des hypothèses … Il est dans la nature intrinsèque de toute oeuvre de ne pas répondre. Ce n’est pas une raison pour que l’artiste, lorsqu’il parle, raconte ce qu’il veut. Il y a une logique dans l’œuvre elle-même qu’il faut respecter. Et cette logique, c’est que l’œuvre excède ce que l’on peut en dire. L’artiste quand il parle, est comme le “regardeur”. Mes travaux sont des propositions, des intentions. C’est peut-être cela qui en fait ce que l’on appelle la dimension poétique ou la naïveté. En tout cas la faiblesse, la faiblesse de tout artiste.” Richard Baquié

En 1981, première performance de Richard Baquié Avion Feu, rue Berryer. En 1982, Richard Baquié propose la performance Ballon-Evénement du 29 mars 1982. En 1983, Richard Baquié organise la performance Opération Rhinocerus, Le Frioul mars 1983. En 1984, Richard Baquié entre dans la fameuse Galerie de Paris, Éric Fabre. En 1985, dans la Galerie Arogos, Nantes. En 1987, Richard Baquié participe à la Documenta 8, Cassel. La même année un solo show lui est consacré au Centre Georges Pompidou, Paris. (…). En 1987, Richard Baquié reçoit une commande publique de l’État, il construira L’Aventure à Malpassé dans le 13ème. En 1989, Richard Baquié expose à la FIAC les oeuvres Traverséé I et Traversée II présentées par le galeriste Éric Fabre. En 1990, Richard Baquié : Morphogène, exposition curatée par Bob Calle, Galerie des Arènes, Nîmes. Il est professeur de sculpture à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris de 1993 à 1996.

“J’ai toujours été séduit par le pouvoir des mots et le chiasme qu’ils produisent si vous les mettez sur le même plan que les images.” Richard Baquié

 

 

Textes : Richard Baquié

De l’importance du verbe, des mots, et de la lettre. Il est vrai que s’il est un fait presque inséparable des travaux de l’artiste, il s’agit bien de la présence des mots. En effet, toujours placés au cœur de l’œuvre, les mots confèrent aux créations de Richard Baquié, si diverses soient-elles, une puissance nouvelle, une puissance éminemment humaine. Richard Baquié avait, en ce sens, confié à Gérard Traquandi (qui précise qu’il faut manipuler avec précaution cette phrase) que « les mots sont des béquilles », sinon, que les mots sont pour lui des outils. Les mots agissent entre eux s’articulent, de même que les lettres s’articulent entre elles. L’œuvre de l’artiste marseillais se fonde, en grande partie, sur ces principes. Recherche de la certitude n°2 se présente ainsi comme un puzzle sur lequel un texte a été découpé en négatif (texte agrémenté de volutes rappelant les anches d’un violon, pourvues d’écritures, elles aussi). Il y est écrit : « Le cerveau construit des représentations identifiables à des états physiques ». Là encore, le regardeur bascule dans l’intime. Les représentations mentales qui se font, ici au travers des mots, provoquent des incidences sur le corps (états physiques). Ces dernières se font normalement à partir de la mémoire, chaque mot renvoie en conséquence son lecteur à une perception intime, laquelle agit directement sur son corps. Ici encore, il n’est pas impertinent de parler d’interactivité. Le bricolage amène à l’objet, l’objet à l’échange, en conséquence, c’est de cet objet que naît le lien social, l’expérience de l’autre, de « l’en dehors », au travers notamment du langage. Le mot est donc, encore une fois, un outil, une « béquille ». Certes, une certaine fraîcheur se dégage des œuvres de Richard Baquié, encore faut-il séparer les faits précédemment énoncés et décrits de la volonté et de la pensée de ce dernier. C’est une poésie qui peut appeler à la mélancolie, ou à la nostalgie, qui peut raviver des joies passées ou assombrir le présent de ses fantômes. Les mots sont puissants, les images choisies (mobilier de café, chaises en face à face, croix puissante qui s’impose et occupe l’espace) le sont tout autant, il s’agit bien ici d’une poésie dont le procédé est celui de métaphore ouverte. Cependant, il ne faut pas y voir trop loin, ces éléments ne sont pas d’ordre métaphysique, l’artiste ne recherche pas le fond commun à l’Humanité, le mythe premier. Encore une fois, il faut se rappeler que Richard Baquié est un artiste marseillais. La cité phocéenne est une ville portuaire où depuis l’Antiquité transitent des individus venus de loin, un lieu cosmopolite au plus haut point. Mais un lieu aussi où règne le chaos, ce que l’artiste nommait « le désordre à l’italienne », la précarité, le soleil y sont rudes, ils exacerbent la misère commune et, dans le cas de cette ville, presque « ordinaire ». Ces faits sont d’une importance capitale, Richard Baquié, en effet, tire sa poésie du lieu où il vit, non de mythologies contemporaines communes et déracinées. Il dit : « Ce sont des questions que je me pose, non pas sur ma vie, mais sur le lieu où je vis ». Néanmoins, ce lieu de vie, à l’image de la situation artistique postmoderne, demeure lieu de l’accumulation des fragments, de la juxtaposition des plus fortes contradictions, de l’éphémère, peut-être même du « capharnaüm », de ce désordre, ordonné selon une logique imperceptible. Quoi qu’il en soit, le point central de l’œuvre de Richard Baquié part de ce carrefour, de ce croisement d’origines, de destinations et de destinées.
Si poésie il y a chez Richard Baquié, c’est avant tout la poésie du voyage, l’aventure.

 

OÙ Lieux d’Expositions Résidences / Richard BaquiéAnne Kawala
Sur une carte, son emplacement signifié d’un X, se trouve un trésor. Hypothétique, ce trésor existe dans le motif du cheminement de qui le cherche ; cheminement comme trésor se déplacent au gré des mouvements, des indices trouvés par qui veut atteindre ce X ; c’est une quête au coeur de soi. Au coeur de OÙ : Axelle Galtier. Multiplicateur, X se démultiplie ; il est le but et constitue chacune des étapes de cette quête ; alors, sur la carte au trésor se dessine en sur&sous-jacence une constellation – celle d’artistes, musiciens, plasticiens, vidéastes, poètes – la constellation des lucioles. Vivante, elle est le sextant embarqué lors de cette expérience, cette aventure. Car OÙ, Marseille dans Marseille, n’est pas une galerie, c’est un lieu où aller, passer, rester, essayer, repartir et revenir. L’abstraction de cette géographie artistique peut exister dans cette géographie d’un port – pour tous les départs, tous les retours, toutes les rencontres, toutes les attaches ; tous les souvenirs. Tous les rêves rêvant d’autres rêveurs ; leurs rêves venant à pénétrer les siens ; tous les rêves de voyages alors et célestes et marins et terrestres ; tous les rêves de lointains pays tout proches ; tous les rêves s’amarrant à l’endroit où le voyage pourrait se suspendre, une chambre à soi. Au fond de la cour, aménagée par celle qui barre cette aventure, une cabane de jardinier est devenue cabine de marin. Peut y être pris le temps nécessaire à la résidence, au repos, au dépôt, à la sédimentation de ce qui pendant les,ce voyage,s qui dure,nt encore, a été vécu et est vivant. Elle ouvre sur une petite cour, enceinte de belles de nuit. Aux beaux jours, nombreux ici, s’invente la convivialité de temps de discussions et de projets – celle de moments de vernissages, de performances et de concerts qui débordent le pont du navire. Il respecte à la lettre les critères de contemporanéité artistique : sol gris (perle !), murs blancs, hauts plafonds. A la proue, donnant sur la rue Jean de Bernardy, subsiste de son ancien usage commerçant, une vitrine. Investie, muée vitrine-poésie, des lais imprimés viennent contre le verre. De la rue, peuvent s’y lire des textes de poètes contemporains. Hors, sont lancées lignes & amorces : à chacun des projets le requérant, OÙ permet d’inventer à celles-ci une forme éditoriale. Ainsi, comme sur un voilier, maximal et optimal sont les usages des espaces, si modestes soient-ils. N’est exclu de cet agencement que l’inessentiel – qui n’est pas le superflu. Depuis 2000, une exigence semblable guide chasse au trésor & tracé de la constellation des lucioles. Ces pasoliniens insectes ont pour bagages des géographies, des histoires, des notoriétés et des pratiques différentes ; leurs outils de navigations sont leurs réflexions et leurs oeuvres ; ils cheminent, ils cherchent, ils poursuivent cette quête au coeur de soi. Parce que leurs mouvements sont corrélatifs de la question que pose OÙ, ils participent, dans une économie propre au désir, à la vie de cet espace de résistance – résistance à comprendre comme celle qu’une voile, réglée par l’écoute, oppose au vent quand l’amure est bonne.

« … je voulais ne pas rendre [la sculpture] éternelle et puissante. »
Faut-il lire ce « je voulais » comme une excuse que Richard Baquié présentait concomitante de ce qu’il parvint à faire : rendre mémorables sa pratique et ses oeuvres – lesquelles, qui plus est, interrogent constamment le souvenir et ses traces. Deux mouvements, opposés et complémentaires, laisser passer et retenir le temps, sont ici pressentis ; davantage encore traversent ses oeuvres. Peut-être sont-ce les directions cardiales, Nord, Sud, Est, Ouest, qui disposent une Plymouth découpée dans l’espace, Amore mio, qui le traduisent le mieux ? Et si s’y additionnent la temporalité qu’engendre un hit-guimauve, la rotation d’une roue-travelling, et de multiples autres détails – qui en sont sans en être : tous appellent le regard, et cela : longuement –, c’est au centre qu’existe la tension. Si au coeur est le vide, il est plein, pleinement empli de cet Amore mio. En vie, le creux du coeur n’existe qu’ainsi : plein et puissant et contracté. Nécessité corcule : irriguer : c’est Ici ou là (1985) que toutes associations d’idées, de sentiments et de matières, de pratiques et de champs peuvent avoir lieu. Elles sont libres de passer toutes frontières afin de se mêler, de s’interroger, d’oeuvrer ensemble. A partir de là, à partir de Marseille, son port d’attache, tout pouvait être exploré. De la géographie et de l’Histoire, de ses voyages, lointains comme quotidiens, un X traverse cette oeuvre, comme emplacement d’un trésor : l’incertitude.

 

Ceci n’est pas une galerieLeslie Compan
Le Lieu d’Exposition Résidence de la rue Jean de Bernardy, semble paradoxalement se situer dans un territoire indéterminé qui serait peut-être celui de l’art contemporain. Aménageant les possibles, OÙ est un territoire où se déterminent simultanément les espaces de création et des temps de regards. Mais la quête d’une quatrième dimension, d’un espace-temps nouveau n’a rien de fictionnel. Ancré dans les réalités économiques et laborieuses de la création et de l’exposition, le lieu travaille à exploiter les contraintes. Renversant alors l’énoncé, OÙ interpelle : jusqu’où ces réalités peuvent-elles mener ?
Lieu où les expositions se succèdent à un rythme effréné depuis l’an 2000, OÙ accroche et décroche des expositions individuelles ou collectives présentées pendant quatre semaines. Entre deux expositions ne s’écoule généralement pas plus d’un week-end. Mais ceci n’est pas non plus une machine : ce qui motive ce rythme relève davantage de la volonté de refléter le bouillonnement créateur des artistes, la dimension active de leur travail en tant que réalité trop souvent oubliée.
OÙ est avant tout LE lieu où l’on produit pour expérimenter, pour engager une quête artistique parfois inattendue. Les expositions présentées provoquent avant tout la rencontre entre les productions formellement différentes et un large public. Sans titre, sans thématique qui orienterait la lecture du spectateur et surtout sans opposition, ce choix tient du démantèlement des systématismes généralement exploités par les commissaires d’exposition. Ici, les travaux artistiques sont présentés pour ce qu’ils sont et pour un potentiel qu’ils ne soupçonnent pas eux-mêmes. Subtilement poussés à dépasser leur démarche respective, les artistes présentent ainsi des oeuvres dévoilées dans leur simplicité et valorisées dans une force singulière. Pourtant, la cohérence et l’unité nous touchent ici au plus profond et de manière si naturelle que la formulation même de leur explication est difficile. Et c’est sans doute là que se situe l’abolition même des automatismes thématiques ou visuels du commun des expositions. Les accrochages sont envisagés contre la facilité et le conventionnalisme, tout en rendant naturellement sensible le travail même de celle ou celui qui l’a pensé.

OÙ Palais Longchamp est plutôt une anti-galerie – rien n’y est à vendre – et micro-espace d’expérimentation – tout y est possible – le lieu ouvert au coeur du quartier culturel Longchamp-Friche est dédié à la mise en valeur d’artistes émergents ou confirmés internationalement, et au développement de formats d’exposition dynamiques et peu orthodoxes. L’exposition, dont l’accrochage change tous les jours, est une carte blanche accordée à l’artiste en résidence. OÙ, discret et dénué de la fonction de galerie, se fond dans le paysage artistique environnant et le transforme profondément sans pour autant en modifier la structure. Sans doute la manière la plus pertinente d’occuper Longchamp/La Friche aujourd’hui : être l’exception qui confirme la règle de son uniformisation.
L’Association OÙ lieu d’exposition est au centre de l’échiquier (lieu intermédiaire entre les écoles d’art, les galeries privées ou associatives et les institutions) parce qu’elle produit, parce qu’elle édite des livres, parce qu’elle découvre, accompagne et diffuse des inconnus, parce qu’elle accueille en résidence et expose des artistes émergents autant que des artistes de renommée internationale, parce qu’elle est lieu de dialogue et d’échange sur le travail de fond. Or il ne reste presque plus d’espace associatif de cette qualité pour donner à voir différentes pratiques artistiques, car le temps s’est accéléré et ne permet plus le temps de la réflexion. Dans OÙ, on a encore ce luxe. Le luxe de réfléchir dans l’art plutôt que de le penser en terme de marchandise.

 

L’OÙ de là – Extrait du texte de Bérengère Chauffet
Les murs blancs de l’espace OÙ offrent aux passants de la rue Jean de Bernardy le temps de s’accrocher aux mots de Richard Baquié.
C’est en nous emmenant ailleurs qu’Axelle Galtier nous parle de OÙ. Le long du chemin, elle nous en conte l’histoire, son sens et ses engagements. Le lieu est le fruit des expériences martiniquaise et parisienne d’Axelle, qui porte en elle la volonté de donner à voir les pratiques artistiques les plus diverses. Ici, tout fait sens, de l’économie de moyens (suivant l’expression « faire de nécessité vertu », le peu de financement concourt parfois à la création) au choix du nom, jusque dans l’inauguration du lieu… le premier mai 2000.
Retour au lieu. Un parti pris qui traduit la différence entre OÙ, « lieu d’exposition pour l’art actuel », OÙ « et L’Aventure » et OÙ « Galerie Paradis ». Un « détail » subtil mais primordial : OÙ lieu d’exposition pour l’art actuel est un espace ouvert et associatif, dont 30 % des fonds proviennent de donations privées. Il s’y passe ce qu’on l’on ne verra plus ailleurs, grâce à une liberté totale, à contre-courant de toute stratégie mercantile. Au fond de la cour, un cabanon, entre la cabane du Corbusier et la cabine de bateau, permet d’accueillir des artistes en résidence. Cet espace bouillonnant de calme et de respiration, qui tranche avec le tumulte marseillais, reflète l’esprit des lieux. Tel est OÙ, un instant intermédiaire entre les écoles d’art, les galeries et les institutions, lieu de découverte de jeunes artistes et d’échanges de sensibilités.

Artistes

Partenaires

Partenariat avec le FRAC PACA, Perspective Trouble QUOTIDIEN DE L’ART et Paris-ART.

Adresse

OÙ Lieux d’Expositions pour l’Art Actuel 58 Rue Jean de Bernardy 13001 Marseille France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 13 octobre 2022