La fontaine Aux cracheurs, aux drôles, au génie de Max Ernst

Restauration d'une œuvre du Cnap
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Vue de la fontaine de Max Ernst

Juillet 2014, Amboise : les socles en pierre de Vilhonneur restaurés, (Sans titre), 1967.

La fontaine Aux cracheurs, aux drôles, au génie de Max Ernst a été inaugurée le 12 septembre 2015 à 11h après une importante restauration. En effet, les sculptures en bronze ont été démontées puis réinstallées un an plus tard, tandis que les socles en pierre ont été restaurés sur place à Amboise.

La fontaine

Après avoir parcouru l’Europe et les États-Unis, Max Ernst (1891-1976), peintre et sculpteur français d’origine allemande, s’installe en 1954 en Touraine où il vivra dix ans. Le co-fondateur, avec Jean Arp, du groupe Dada de Cologne, ancien membre du mouvement surréaliste et pataphysicien, est sollicité en 1966 par Michel Debré, nouvellement élu maire d’Amboise, afin de concevoir une fontaine, par le biais d’une commande de l’État.

L’artiste y voit l’opportunité de réaliser un double hommage, à la Touraine où il a séjourné pendant dix ans, mais aussi à Léonard de Vinci invité en 1516 par François Ier à séjourner à Amboise. Il choisit de placer son œuvre le long de la Loire pour former un point d’intersections entre les deux demeures du maître de la Renaissance, le célèbre château du Clos Lucé et le château royal d’Amboise où, dit-on, repose sa dépouille.

Cette commande est aussi pour lui l’occasion d’expérimenter pour la première fois l’association du bronze et de la pierre, et de réaliser un ensemble monumental. Un bestiaire mi-animal, mi-humain, composé de tortues, grenouilles et d’êtres hybrides, occupe le centre du bassin dans une composition pyramidale qui n’est pas sans faire penser à une assomption. Aux cracheurs, aux drôles, au génie se réfère aux Prophéties sur les animaux raisonnables ou irraisonnables de Léonard, tandis que le génie qui la surplombe évoque le génie de la Bastille, ce « diablotin de la liberté ».

Malgré nombre de références possibles malicieusement insinuées par cet artiste doté d’une grande culture artistique, littéraire et philosophique, Max Ernst a tenu à rappeler que sa fontaine est davantage destinée au plaisir des yeux et à la curiosité des enfants qui « demanderont leurs secrets aux tortues, aux drôles et au génie ». Inaugurée en 1968, elle est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1987 et fait partie de la collection de l'État gérée par le Centre national des arts plastiques.

La restauration

La restauration aura mobilisé le Cnap de 2009 à 2014, en partenariat étroit avec la DRAC-Centre Val de Loire qui a financé la totalité des travaux. Le processus de travail a associé le LRMH (Laboratoire de recherche des monuments historiques) et le C2RMF (Centre de recherche et de restauration des musées de France). Les sculptures en bronze ont été démontées en août 2013 et réinstallées en octobre 2014, tandis que les socles en pierre ont été restaurés sur place. Les travaux d'aménagement des abords ont été assurés par la ville d’Amboise.     

Un accompagnement pédagogique

À l’occasion de la restauration de cette œuvre, dégradée au fil du temps, la ville d’Amboise et le Cnap accompagnent les professeurs du premier et du second degré dans une démarche partenariale. Pour ce faire, des supports spécifiques comme le livret pédagogique numérique - comportant des ressources documentaires et iconographiques sur l’œuvre de Max Ernst et son parcours, ainsi que des pistes de travail en lien avec l'histoire des arts - sont mis à disposition des professeurs et des élèves. Ce livret pédagogique est mis gratuitement à disposition des enseignants souhaitant présenter l’œuvre et le travail de Max Ernst à leurs élèves et ayant pour volonté de réaliser avec eux un projet de mise en valeur de la fontaine. Ce dispositif vise ainsi à impliquer activement les élèves dans une production artistique ou une production culturelle et touristique.

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Dernière mise à jour le 23 mars 2020