Prologue - Tongue on tongue / nos salives dans ton oreille

Mason Kimber, Naomi Lulendo, Ibrahim Mahama, Gabriele Rendina Cattani, Garance Wullschleger
Exposition
Arts plastiques
Galerie Allen Paris 09
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«Tongue on Tongue, nos salives dans ton oreille» est né des questions suivantes: et si nous nous permettions de concevoir l’avenir? Quel (s) futur (s) et quelle (s) langue (s) les rédigeraient? Quel (s) système (s) d'échange pourrions-nous (ré) inventer pour tracer les chemins de notre avenir commun pour faire émerger de nouvelles manières d'être, ensemble?

De plus en plus, la probabilité d'un avenir dystopique pèse lourd sur nous. Jamais auparavant les préoccupations écosystémiques n'avaient été ressenties à une telle échelle mondiale. Des termes tels qu'éco-anxiété, éco-paralysie ou solastalgie - état d'impuissance et de détresse causés par le bouleversement d'un écosystème - prolifèrent. L'avenir est devenu débilitant. Pourtant, ce n'est ni un fait ni une fatalité, «le futur unique, prévisible et fixe que propose la modélisation des tendances n'existe pas réellement. Au lieu de cela, il existe une multitude d'avenirs possibles (...). Sachant cela, nous avons le pouvoir d'imaginer et de créer les futurs que nous choisissons (...). »En tant que tel, on pourrait dire que l'avenir n'existe que par suite de décisions et d'actions dans le présent - ici le le présent n'est plus tendu, mais lui-même un outil de composition. La performance, telle qu'elle se manifeste dans l'exposition, est la réécriture du futur dans le présent et se révèle autant à travers les corps sociaux, politiques et économiques que ceux de la chair et de la sueur, définissant de manière réitérée les relations objet et sujet. La performance, en tant que langage artistique, langage de composition, du réel et de la spéculation, est ancrée dans le contemporain mais opère en dehors des chronologies linéaires.

Il permet la création et la rencontre de corps multiples, se faufilant entre les interstices des récits individuels et collectifs pour revoir les fondements d'une société en construction. L'écriture du futur se joue donc dans l'ici et maintenant, par pure force de volonté et d'imagination.

 

«La langue sur la langue» parle de la rencontre des corps et des langues. L'exposition retrace la dimension sociale de l'échange linguistique ainsi que le dépassement du cadre du langage verbal - ou lect - comme mode prédominant d'interaction entre les êtres humains. Opérateur central de tous les processus sociaux, le langage sert à nommer, représenter et jouer le rôle de "médiateur dans la formation des objets; il est, en un sens, le médiateur parfait, l'instrument le plus important et le plus précieux dans la quête et la construction d'un monde véritable. d'objets »et de relations. Présentées à la fois dans les espaces artistiques et dans l'espace public, les œuvres d'artistes invités proposent un moment et un lieu pour re-concevoir collectivement les futuristes à partir d'une recomposition radicale du présent. Les travaux suggèrent divers points de vue sur les modes et les systèmes d'échange actuels, formulant des hypothèses qui interrogent notre présence ainsi que les positions d'agence et d'auteur dans le monde. Loin de privilégier un registre du langage par rapport à un autre, l'exposition articule différentes formes de langages comme outils performatifs pour imaginer de nouvelles formations de collectivité, de solidarité, d'émancipation et d'engagement. A travers des performances, des temporalités variées, des installations évolutives et interactives, les artistes explorent des contemporanéités diverses, leurs logiques et relations, les corrompant et s'en éloignant comme une invitation à (re) prendre possession du futur - ni utopie ni dystopie mais résolument pluriel. Des mots ancrés au plus profond du corps, à l'utilisation de l'espace social, des outils technologiques, de l'altérité, des sphères biologiques et sociales et de la vie quotidienne, ce sont des éléments qui peuvent être vus comme des langages révélant nos façons de penser, d'être et d'agir. L'exposition donne corps au langage, autant qu'elle le conçoit comme un corps actif, modelé par le social, et son rapport à l'Autre, toujours-déjà imprégné du caporal, nos salives dans ton oreille.

 

[1] Jennifer M. Gidley, The Future: A Very Short Introduction, (Hampshire: Oxford University Press, 2017), p.2.

[2] E. Cassirer, «Le langage et la construction du monde des objets», Essais sur le langage (Paris: Minuit, 1969), pp. 44-45.

Complément d'information

PROLOGUE

Prologue est une plateforme curatoriale initiée en 2018. L'association soutient la présentation d'œuvres d'art contemporaines avec l'ambition de renforcer le lieu de la performance comme support artistique mais aussi comme outil social, qui permet la construction d'actions collectives et de récits. Ses actions prennent la forme d'une série de projets vivants, animés par leurs propres temporalités et qui se déploient autant dans les espaces artistiques que dans les espaces publics.

Horaires

Mercredi - Samedi de 14h - 19h ou sur rendez-vous

Tarifs

Entrée Libre

Adresse

Galerie Allen 59 rue de Dunkerque 75009 Paris 09 France

Comment s'y rendre

Metro: Anvers, Gare du Nord, Poissonnière

Dernière mise à jour le 8 janvier 2021