La nouvelle adresse, textes d’artistes pour les habitants de Pantin

Commande du Cnap, en partenariat avec la ville de Pantin
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La Nouvelle adresse, carte d'artistes

Design graphique : Lionel Cattelan

À l’horizon 2023, le Cnap s’installera au 81 rue Cartier-Bresson à Pantin.

Dans ce contexte, le Cnap initie des interventions et des collaborations artistiques avec la ville et ses habitants. La commande « La nouvelle adresse, textes d’artistes pour les habitants de Pantin » fait suite à la manifestation La nouvelle adresse, du 14, 15, 16 septembre 2018, une ouverture temporaire et unique du bâtiment avant travaux.

Au fil des mois précédants son déménagement, le Cnap propose aux pantinois qui le souhaitent de recevoir, par la poste, des textes inédits d’artistes. Les habitants volontaires deviennent dépositaires et gardiens d’une collection d’œuvres d’art, inscrites dans la collection du Cnap sous une forme immatérielle. L’art, la fiction et la poésie s’immiscent ainsi dans le quotidien, discrètement, mais de manière intime et directe.

Pantinois, inscrivez-vous en ligne pour recevoir chaque mois un texte d’artiste !

Ou rendez-vous dans les Maisons de quartier de Pantin, pour en savoir plus.

Les artistes qui ont participé

Novembre 2018 : Jeanne Moynot

Pour sa contribution au projet des textes d’artistes pour les  habitants de Pantin, Jeanne Moynot propose au destinataire de suivre un mystérieux itinéraire tout en lui confiant des anecdotes qui la lient aux rues pantinoises.

Biographie de l'artiste

Jeanne Moynot est née en 1985, elle vit et travaille à Pantin. Naviguant librement de la black box au white cube, elle crée des projets pluridisciplinaires mêlant performance et installation qu’elle montre régulièrement en France et à l’étranger (Musée National de Bucarest, 3bisf, Tripode, Centre Pompidou, Musée de la Chasse, Festival Actoral, Fondation Ricard). Elle travaille actuellement sur Belles Plantes, un spectacle en collaboration avec Anne-Sophie Turion, qui sera présenté à l'automne 2019 au Théâtre de la Cité Internationale dans le cadre du programme New Settings de la Fondation Hermès.

Site de l’artiste 

Décembre 2018 : Marco Godinho

Pour le projet des textes d’artistes aux habitants de Pantin, Marco Godinho propose d’explorer Pantin à travers une action performative prenant la forme d’une promenade au crépuscule.

Biographie de l'artiste

Né en 1978 au Portugal, Marco Godinho vit et travaille entre Paris et le Luxembourg. Traversée par la littérature, la poésie la philosophie et nourrie par une vie rythmée de déplacements continus marqués par la diversité – qu’elle soit sociale ou culturelle –, l’œuvre de Marco Godinho offre une réflexion sur les questions d’exil, de territoire, de géographie, d’immigration. « Voyageur nomade » comme il aime à se définir, Marco Godinho trace les contours d’une « carte d’un monde façonné par les trajectoires personnelles, biographiques et multiculturelles »,  destinée à s’interroger et nous interroger sur notre perception de l’espace, pour mieux stimuler la « disponibilité et la curiosité constantes à ce qui nous entoure ».

En 2018, L’Abbaye - Espace d’art contemporain d’Annecy proposait « The Memory of the Stateless Ghosts », une exposition monographique consacrée à Marco Godinho. En 2017, il a participé à la 14ème Biennale d’art contemporain de Lyon et au deuxième volet de  La Traversée des Inquiétudes. La même année, la Progress Gallery lui a consacré l’exposition « A Permanent Wind Inside Us ».

Site de l’artiste

Janvier 2019 : Louise Hervé & Chloé Maillet

A l’occasion de la commande de textes d’artistes pour les habitants de Pantin, Louise Hervé & Chloé Maillet proposent aux Pantinoises et Pantinois le protocole d’une performance qui leur permettra de voyager dans le temps.

Biographie des artistes

Nées en 1981, Louise Hervé & Chloé Maillet vivent et travaillent à Paris. En 2001, elles fondent l’International Institute for Important Items (I.I.I.I) pour lequel elles réalisent des performances, des installations et des films de genre où  elles mettent en scène des personnages singuliers – un groupe de retraités dont le seul objectif est de prétendre à la vie éternelle (Un Passage d’eau , 2014) –  et à la destinée parfois tragique – un jeune homme qui meurt attaqué par un papier peint (Le nouveau mur qui saigne, 2012). Louise Hervé & Chloé Maillet se parent du costume de conférencière, d’universitaire, de scientifique, et transmettent au public un savoir non hiérarchique entre érudition et humour, en jouant sur les possibles induits par la transmission orale.

En 2018, le Crédac, Centre d’art contemporain d’Ivry consacrait à Louise Hervé & Chloé Maillet une exposition personnelle « L’Iguane ». Leur travail a également été exposé à la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo de Turin (2017), à la Kunsthal Aarhus au Danemark (2016), au Rond Point Projects à Marseille (2016), à la galerie Marcelle Alix à Paris (2014 et 2018) et à la Biennale de Liverpool (2014).

Site des artistes

Février 2019 : Alex Cecchetti

Pour sa contribution au projet des textes d’artistes pour les habitants de Pantin, Alex Cecchetti fait parler des plantes qui soignent, soulagent, prennent soin et guérissent les peines de celles et ceux à qui elles s’adressent.

Biographie de l'artiste

Alex Cecchetti, né en 1973 en Italie vit et travaille à Paris

Il est plasticien, poète, chorégraphe, et il raconte des histoires. Son œuvre, difficile à catégoriser, pourrait être qualifiée d’art de l’irreprésentable ou de l’évitement. Son roman Tamam Shud (2018) enquête sur sa propre mort. Malgré cette disparition pour causes inconnues, l’artiste continue à œuvrer. Ces dernières années, il a mis en scène des visites du Louvre sans le Louvre, des promenades à reculons qui inversent le temps, des corps instruments dansant sur leur propre musique, des dessins érotiques qu’on ne peut contempler qu’une fois – pour s’en souvenir toujours. Performances, récits, installations, œuvres graphiques participent du même mouvement : « derrière mes paupières fermées, des milliers d’images, j’ouvre les yeux, elles s’évanouissent ».

En 2018, Alex Cecchetti présentait sa chorégraphie-performance H Inhale I come / exhale I go – Inspire je viens / Expire je vais » dans les futurs locaux du Cnap, à Patin. Parmi ses récentes expositions personnelles, on peut citer « Tamam Shud », à la Ferme du Buisson (Noisiel) en 2017, ou en 2018, « At the Gate of the Music Palace », à Spike Island (Bristol), et à Void (Derry), et « La Chapelle aux cent mille yeux », au Frac Provence-Alpes-Côte-d’Azur, à Marseille.

Site de l’artiste

Mars 2019 : Alexis Guillier

Pour sa contribution aux textes d’artistes pour les habitants de Pantin, Alexis Guillier confie dans une lettre ses récentes découvertes sur le collectionneur Cahannier, son lien avec la ville de Pantin, et invite ses lecteurs à prendre part à ses recherches.

Biographie de l'artiste

Alexis Guillier performe — directement ou indirectement par des films, textes ou installations, des montages narratifs, fruits de ses investigations dévorantes dans l’histoire collective et les histoires individuelles. L’entraînant de la falsification, à la déformation et la disparition des œuvres, d’un accident de tournage aux vaisseaux fantômes, ou à gravir les contours de la géante Notre-Dame de France, ses formes mêlent des documents très divers, qui coexistent dans l’inconscient collectif mais ne s’y associent que rarement (extraits de films, estampes, publicités, textes littéraires, vidéos d’actualité, bandes-dessinées...). Ses sujets d’investigation privilégiés le poussent à observer la circulation des images et des productions culturelles, leurs échos et leurs récurrences, la formation des imaginaires, les interactions entre les actions personnelles et les Histoires souvent nationales, sous un angle tant esthétique qu’anthropologique. La transmission de ses récits s’interroge elle-même, restant toujours sur une ligne incertaine, entre subjectivité détachée et lyrisme documentaire.  

Alexis Guillier est intervenu ou a récemment participé à des expositions dans différents lieux dont : Bibliothèque Kandinsky (2019), image / imatge, Orthez (2018, 2016), le Plateau Frac Ile-de-France (2017), au Palais de Tokyo (2017, 2016, 2012, 2010), à l'Opéra Garnier (2016), au SeMA - Seoul (2016), aux Laboratoires d'Aubervilliers (2015), au Cneai - Châtou (2014, 2013) à la Biennale de Belleville (2014). Ses projets « M for Mondrian »,  « Artless », « Twilight Zone », « Neverland » ont fait l’objet d’éditions (BAT éditions/future, it : éditions , le Plateau…).

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Avril 2019 : David Horvitz

En 2019, les éditions Jean Boîte publient Touch the sky with your eye, un livre d’artiste pour enfant conçu par David Horvitz, composé de 26 aquarelles et 26 propositions poétiques. Les textes envoyés aux habitants de Pantin sont une adaptation de cet ouvrage.

Biographie de l'artiste

Né en 1961 en Californie, ou peut-être en 1980 – comme il aime diffuser différentes dates de naissance sur internet –, David Horvitz vit et travaille à Los Angeles. Prenant  la forme d’intervention sur le web  à l’instar du projet « Public Access » (2010) pour lequel l’artiste a inséré des photos de lui-même sur différentes pages Wikipedia, de performance, de livre, de photographie ou encore de mail art, la pratique de David Horvitz, empreinte d’un héritage conceptuel, questionne notre rapport au temps, à l’espace et aux réseaux qui nous entourent. Passeur d’images, diffuseur d’idées et de formes, David Horvitz procède par circulation et correspondance. Il échange avec le public pour l’inciter à penser différemment son environnement, tout en se jouant des frontières entre l’intime et le commun, l’art et le quotidien.

En 2019, David Horvitz a bénéficié d’une exposition personnelle « La forme d’une vague à l’intérieur d’une vague » au centre d’art contemporain de Rennes, La Criée. Il a également été exposé au Château Shatto de Los Angeles (2018), à Brussels Gallery Weekend (2018), à la Galerie Allen à Paris (2017), au New Museum de New York (2014), et à la galerie Jan Mot (2014).

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Mai 2019 : Julie Béna

Dans sa lettre pour les habitants de Pantin, Julie Béna raconte les souvenirs qu’elle garde de sa vie à Pantin, et les nouveaux souvenirs qu’elle crée depuis le premier étage de son nouvel appartement à Prague.

Biographie de l'artiste

Née en 1982, Julie Béna vit et travaille entre Prague et Paris. Héritières d’une enfance passée dans un théâtre itinérant et d’une adolescence de comédienne, les réflexions de Julie Béna se nourrissent et s’inspirent aussi bien du théâtre et de la littérature que de la culture populaire. Ses figures fétiches, Rose Pantoponne et Miss None & Mister Peanut (qui l'ont accompagnée pendant des années) doivent leur nom pour le premier à un personnage du Festin nu de William S. Burroughs et pour les seconds à une expression repiquée d'un livre et au logo de la marque américaine « Planters ». Dans un travail mêlant performance, sculpture, cinéma et installation, Julie Béna convoque une imagerie et des préoccupations quotidiennes qu’elle fait siennes au travers de mises en scène, en les transformant en sujets de fictions tantôt poétiques, romanesques ou épiques.

En 2018, elle participe à la sixième édition de la Biennale de Rennes et est nommée pour le prix Aware. Son travail a entre autre été présenté à Fused, San Francisco; Mathew, NYC, Chapter, NYC; Bozar, Brussels; RCA, London; Futura, Prague.

En 2019, Julie Béna bénéficie de plusieurs expositions personnelles: au Jeu de Paume; au CAPC musée d’art contemporain, Bordeaux; à la Galerie Joseph Tang et au Musée Amparo de Puebla, Mexique. Elle a récemment performé au Centre Pompidou, Paris; M Leuven; ICA London, Independant, Brussels; FondationRicard et Palais de Tokyo, Paris. Elle est représentée par la Galerie Joseph Tang, Paris et Polansky, Prague.

Site de l’artiste

Juin 2019 : Tarek Lakhrissi

Pour sa contribution aux textes d’artistes pour les habitants de Pantin Tarek Lakhrissi propose un poème d’amour bilingue, solaire et mélancolique.

Biographie de l'artiste

Né en 1992 à Châtellerault, Tarek Lakhrissi n’a suivi aucune formation artistique et a mené de front des études de création littéraire, de théâtre et une activité de libraire pendant six ans. A la fois poète, artiste visuel et performeur, il  développe une pratique artistique multiforme allant du film  à la poésie, en passant par l’image, le workshop ou la performance. Jonglant entre le français, l’arabe et l’anglais - grâce auquel il accède à la culture queer états-unienne, l’œuvre de Tarek Lakhrissi s’oriente autour de deux principaux fils conducteurs, le langage et la fiction, tout en faisant de la vulnérabilité une force.

En 2019, Tarek Lakhrissi a bénéficié de sa première exposition personnelle « Caméléon Club » à la Galerie, CAC de Noisy-Le-Sec. Ses tra­vaux ont également été pré­sen­tés à la Villa Arson, à la Hayward Gallery de Londres, au Palais de Tokyo, à la Fondation Lafayette Anticipations, à Bétonsalon, à DOC !, à La Gaité Lyrique, à Auto Italia South East (Londres), au Confort Moderne - Poitiers, au Circa Projects de Newcastle, et au Wendy’s Subway à Brooklyn.

Site de l’artiste

Septembre 2019 : Anne-James Chaton

Pour sa contribution au projet des textes d’artistes pour les Pantinois, Anne-James Chaton prolonge sa série La vie de Je et rejoue le bilan de son état de santé cardiovasculaire.

Biographie de l'artiste

Anne-James Chaton est écrivain, musicien et performeur né en 1970 en France. Il vit et travaille à Paris. Il a collaboré avec les membres du groupe de noise-rock hollandais The Ex ou encore avec Thurston Moore, chanteur guitariste de Sonic Youth. Il a publié plusieurs recueils aux éditions Al Dante et a rejoint le label allemand Raster-Noton en 2011. La poésie sonore est au cœur de son travail et nourrit ses lives, performances, ainsi que ses œuvres graphiques. Mêlant tour à tour image et son, Anne-James Chaton, artiste plasticien, s’intéresse à la circulation et reproduction des images cultes de l’Histoire de l’Art. L’ensemble de ses projets fait référence aux grands courants picturaux de l’histoire de l’art et aux œuvres majeures de la littérature, du Caravage à William Burroughs. Pour lui, c’est une manière de rendre hommage à ces héros dont l’usage de la transgression et de l’excès a permis d’aboutir à l’acte de création. Anne-James Chaton produit des collages et des dessins à partir de documents transitoires, de textes officiels, de papiers d’identité et de journaux, qu’il recompose et transforme pour aboutir à des ready-made.

Octobre 2019 : Cécile Paris

Pour sa contribution au projet des textes d’artistes pour les habitants de la ville de Pantin, Cécile Paris part de sa collection personnelle de timbres pour élaborer une toponymie - étude de noms propres désignant un lieu - à l’adresse de la ville de Pantin.

Biographie de l'artiste

Née à Nancy en 1970, Cécile Paris vit et travaille à Paris et enseigne à l’école des Beaux-Arts de Nantes. Son travail a notamment fait l’objet d’une exposition personnelle, « Conduire, danser et filmer » au Centre d’art passerelle, à Brest, en 2015. Cécile Paris déploie au sein de son travail un laboratoire expérimental fait d’actions, de performances, et de diverses activités dont l’objectif est l’observation du monde de la nuit. Plateforme, atelier, zone de tournage Code de Nuit© est un projet polymorphe, un lieu et un temps où se rencontrer, échanger et expérimenter. Cécile Paris produit des dispositifs destinés à accueillir ses performances, comme l’œuvre-empreinte, Dance floor, un sol conservant les traces de passages des visiteurs. Sculpture performative fonctionnant comme une partition ouverte, Cécile Paris s’attache aux notions de désacralisation de l’œuvre et d’inversions des statuts et des rôles entre acteur et spectateur.

Novembre 2019 : Marceline Delbecq

Pour sa contribution au projet des textes d’artistes pour les habitants de la ville de Pantin, Marceline Delbecq revient sur l’acte même d’écrire une lettre, qui oblige à penser à l’autre.

Biographie de l'artiste

Marcelline Delbecq, artiste et écrivaine née en 1977, vit à Paris. Son travail s’est peu à peu éloigné de la pratique de l’image pour se concentrer sur la potentialité cinématographique, ou photographique, de l’écriture. Son utilisation du récit, de la voix, a élaboré un univers narratif mis en mots et en sons pour convoquer un ensemble d’images mentales oscillant entre description et fiction, passé et présent. Dans ses installations sonores, publications et lectures en public, les mots mettent en jeux la question du regard en devenant à leur propre tour des images. Elle considère l'exposition Silence trompeur, réalisée avec Bertrand Schefer (Fondation Ricard, janvier-mars 2015), comme étant sa dernière. Elle se consacre désormais essentiellement à l'écriture et au spectacle vivant, ainsi qu'à l'enseignement à l'École Nationale Supérieure du Paysage de Versailles et au Paris College of Art. 

Marcelline Delbecq a publié plusieurs fictions : Pareidolie (éditions Frac Aquitaine-Mix, 2011), Landscapes/ Blackout avec Marina Gadonneix (éditions RVB Books, 2011) et West I-VIII (éditions Le Gac Press, 2013), Silence trompeur (Manuella éditions), recueil de textes écrits entre 2007 et Camera (2015), Ce que lire donne à voir / What Reading Makes You See (2018).

Décembre 2019 : Anne Le Troter

Pour sa contribution au projet des textes d’artistes pour les habitants de la ville de Pantin, Anne Le Troter narre la chute d’une pierre qu’elle accompagne, ses pensées s’enchainant, entraînées par ce mouvement.

Biographie de l'artiste

Née en 1985 à Saint Etienne, Anne Le Troter vit et travaille à Paris. Diplômée de l’Ecole Supérieure d’Art et de Design à Saint Etienne en 2011 et de la Haute Ecole d’Art et Design à Genève en 2012, Anne Le Troter s’intéresse au langage et à l’oralité, qu’elle analyse, questionne et détourne à travers ses installations sonores, ses performances artistiques et ses pièces de théâtre. S’inspirant du quotidien et de la poésie, Anne Le Troter fait du langage la matière première de ses œuvres, construites autour des voix qu’elle enregistre et qui se déploient dans l’espace conçu par l’artiste. Elle interroge ainsi la parole, son fonctionnement et ses mécanismes, son importance et sa signification. Le travail artistique d’Anne Le Troter lui permet ainsi de “porter la parole des autres” au travers de pièces sonores, comme elle le rappelle dans l'une de ses vidéos, intitulée Martagueule.

Anne Le Troter est lauréate du Grand Prix du 61e Salon de Montrouge (2016) et des Swiss Art Awards 2013. Son travail a été présenté lors d’expositions personnelles au Nasher Sculpture Center (US), au Grand Café centre d’art contemporain de Saint Nazaire, à la BF15 (Lyon), à l’Espace Crosnier (Genève) et à l’Espace Quark (Genève), ainsi que pour des expositions collectives au Palais de Tokyo (Paris), à la Fondation Ricard, à la biennale de Rennes en 2018, à celle de Curitiba en 2019, à La Station et La Villa Arson (Nice), au Zabriskie Point, à la Galerie Piano Nobile et à LiveInYourHead (Genève), ainsi qu’à l’Istituto Svizzero di Roma (Rome).

Site de l’artiste

Février 2020 : Josèfa Ntjam

Joséfa Ntjam nous entraîne par sa poésie en prose au rythme houleux ; la narratrice devient monde et se confond avec les éléments, dans une danse erratique et mystique.

Biographie de l'artiste

Josèfa Ntjam est née en 1992 à Metz. Elle vit et travaille actuellement à Paris. Cette artiste combine dans son oeuvre différents médiums, de la vidéo à la lecture performée, en passant par l’installation, le photomontage, l’écriture et la sculpture. Elle croise ainsi les références aux rituels ancestraux, aux explorations de l'espace - extra-atmosphérique - et aux civilisations sous-marines hypothétiques.

Le travail de Josèfa Ntjam utilise des fictions ontologiques et une esthétique transhistorique comme outils pour une pratique d'émancipation, déconstruisant et réinventant le concept d'origine pour favoriser l'émergence de communautés inclusives, processuelles et résilientes. (Présentation par Camille Houzé, Nicoletti Gallery, 2020)

Intéressée par l’idée de spéculation autour de l’espace, elle élabore depuis plusieurs années un travail de fictions autour de mondes possibles, des alter-futurismes. Josèfa Ntjam nous plonge dans des mondes colorés et oniriques, futuristes, construits à partir de l’accumulation d’éléments disparates, plus ou moins ancrés dans le réel, souvent détournés. S’inscrivant dans cette jeune génération d’artistes ayant grandi avec le numérique, elle lie dans son travail nouvelles technologies et références aux cultures ancestrales et traditionnelles, principalement africaines, interrogeant par là sa propre identité et ses origines camerounaises. Son approche du monde est à la fois fictionnelle et poétique, le langage ayant une place importante dans sa pratique artistique. Elle déconstruit et réinvente ainsi les notions de race, de genre, d’espace, de territoire, d’identité, et interroge l’Histoire, la production de ses récits et leur influence sur nos imaginaires.

Josèfa Ntjam a fait ses études l’Ecole Supérieur d’art et de design d’Amiens, de l’Institut des Arts et des Cultures de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, et est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Bourges et des Beaux-Arts de Paris-Cergy. 

Son travail a été présenté en France et à l’international, notamment à l'Institut des Cultures d'Islam (Paris, 2020), au MaMa (Rotterdam, 2020), à la Fondation d'Entreprise Ricard (Paris, 2020), au Hordaland kunstsenter (Bergen, Norvège, 2019), à la Biennale de Lyon 2019, à La Mostra de Givors, à l’Arnolfini – Bristol’s International’s Center for Contemporary Arts (Bristol, Grande-Bretagne, 2019), au GENERATORprojects (Dundee, Écosse, 2019), à la Galerie Paris-Beijing (Paris, 2019), au Zentrale Pratteln (Bâle, Suisse, 2018), au Palais de Tokyo et à Bétonsalon (Paris, 2018)

Site de l’artiste

Juin 2020 : Laure Prouvost

Dans sa lettre aux habitants de la ville de Pantin, Laure Prouvost revient à demi-mots sur l’expérience du confinement et de l’enfermement, qui a contribué à créer un lien intime avec les murs qui nous ont entourés durant ces deux mois.

Biographie de l'artiste

Plasticienne et vidéaste française, Laure Prouvost est née à Croix-Lille en 1978, et vit aujourd’hui entre Londres, Anvers, et une caravane dans le désert croate. Elle développe une œuvre empreinte de beaucoup d’humour, où se mêlent fiction et réalité. Dans ses installations immersives, elle plonge le visiteur dans un monde teinté de surréalisme, fait d’une multitude de matières, de couleurs et de sons, créant une œuvre pluridisciplinaire qui associe film, performance, sculpture, peinture, tapisserie, ou encore fragments de récits. Sans rien révéler, ses images proposent des allusions simples et subtiles, qui placent le visiteur dans une incompréhension, faisant la part belle à l’émerveillement et suscitant l’imagination. Elle nous invite ainsi à nous échapper géographiquement et mentalement pour entrer dans son récit fantastique, relevant de l’utopie. Analysant les relations entre le langage, les images et la perception, elle joue des incompréhensions suscitées par les langues étrangères, puisant dans sa propre expérience avec l’anglais. Laure Prouvost se place souvent en narrateur d’un quotidien banal, qui oscille entre éléments réels et fiction. Il en est ainsi de sa famille imaginaire, qui apparaît dans plusieurs de ses travaux, avec notamment la figure de son grand-père artiste porté disparu alors qu’il tente de rejoindre l’Afrique à partir du tunnel creusé depuis son salon.

Laure Prouvost a représenté la France à la 58e Biennale de Venise (2019). Elle a été lauréate du Turner Prize en 2013, du Max Mara Prize for Women en 2011, du Principle Prize Winner, de la 56ème et 57ème édition du Oberhausen Short Film Festival en 2010 et 2011, et du EAST International Award en 2009. En 2016, lui ont été remises les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite, puis en 2019 celles d’Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

Parmi ses nombreuses expositions personnelles, citons les plus récentes au MUKHA (Anvers, 2019) Palais de Tokyo (2018), au Walker Art Center (Minneapolis, 2017), au Pirelli Hangar Bicocca (Milan, 2016), à Fahrenheit (Los Angeles, 2016) à la Haus der Kunst (Munich, 2015), mais aussi en France au Consortium (Dijon, 2016), au musée de Rochechouart (2015).

Elle a également participé à plusieurs expositions collectives, notamment à la Biennale de Sydney (2020), à la 13e Baltic Biennale (Vilnius, 2018), à la Serpentine Gallery (Londres, 2017), à l’ICA (Singapour, 2016) ou encore au National Museum of Contemporary Art - Museu do Chiado (Lisbonne, 2015).

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Dernière mise à jour le 25 juin 2020