Paysage Ouvert - La suite des danses

30e résidence d'artistes
Annonce
Arts plastiques
Les ateliers des Arques Les Arques
artiste en repérage aux Arques

Les premiers qui me poussèrent à y penser, furtivement, furent les peintres anonymes de Stabiae, les artistes perses, puis Piero della Francesca, mais quand Gabriele Basilico utilisa l’expression, j’en saisis immédiatement la pertinence. Une idée de la construction en acte dans le regard. Et l’impossibilité d’accomplir, dans l’arc de temps d’une seule vie, le juste dessin pour restituer d’une manière suffisamment limpide le mystère d’exister.

Quelque chose à accepter prenant appui sur l’ancien, tissant le présent à l’aide aussi des traits et des gestes de ceux qui se sont désormais absentés, sans l’arrogance de ceux qui rompent avec ce qui nous précède, mais faisant de l’imagination l’instrument de connaissance plus puissant en notre possession.

Complément d'information

Le paysage, on disait, espace pour l’émerveillement, révélation des sens, dans lequel l’être humain prête attention et se dispose à composer ce qui diverge. Dans le paysage la singularité devient le lieu dans lequel on s’interroge sans concessions sur la différence.

Là où on se dispose à des relations cruciales - en politique, dans l’écologie et en économie -, voici qu’il nous permet de discerner toute une intériorité contiguë à nos sensations mais sans images.

Paysage ouvert : zone dont les contours sont mobiles, où les connexions sont fugaces, mais les limites tangibles. Les métamorphoses et les changements d’échelle et de rythme fréquents.

Tout ce qui peut ne pas être dans le paysage, tout ce qui reste caché et vit sous-texte, dans les plis des floraisons et des saisons, reste en demande de reconnaissance.

Le paysage se compose à l’instant où nous sommes exposés à ses qualités celées. Dans sa perception il y a toujours un temps disparu que nous gardons à l’esprit à la périphérie de nos sensations, murmure que quelques-uns ne veulent plus entendre mais dont nous sommes tous témoins.

Des propriétés du sol et des eaux à celles de l’air ; des ressources retirées qui peuvent être exploitées ou préservées aux processus naturels et souterrains de survie et bonification des sols.
Une conscience autre de tout ce qui autour de nous persiste par indices mais pour la plupart du temps, quand tout va bien, reste dans l’insignifiance nous a toujours été nécessaire. Le paysage est quelque chose que le regard embrasse et les sens perçoivent avec la même délicatesse et humilité avec laquelle un musc particulier peut l’envahir ou une fougère en dessiner le contour fragile, il vit dans la mémoire, mais se conjugue au présent et colore notre désir d’avenir.

Il ne s’agit pas seulement d’agrandir les plans du regard, en fonction d’un aménagement de l’environnement naturel dans lequel le fait de regarder alterne pour son propre plaisir ce qui advient au premier plan et ce qui bouge d’une manière presque surnaturelle plus loin, en alternant les deux plans comme dans l’invention du paysage plus traditionnellement conçue, mais de former le regard l’habituant à une demande différente, n’isolant pas ce qui pourrait ou devrait être paysage mais plutôt s’adaptant à son évanescence, avec sensibilité et invention, à l’émersion de celle qui ne peut jamais être seule surprise : il existe toute une configurations de liens de dépendance entre l’environnement perçu comme pays et l’être humain qui le vit et en est l’issue. Il faut s’en laisser dépayser.

Jamais fixe, le paysage s’ouvre comme un champs de données et de formes, en tant qu’infiniment complexe et jamais homogène l’esprit finit par l’accepter et rentrer en intimité avec son concept.

Dans le paysage nous ne parvenons pas à nous reconnaître en tant que nous-mêmes, le paysage même finit par nous reconnaître, par nous révéler une partie de nous que nous ne connaissions guère.

Connaître les positions du soleil, réfléchir à l’influence de la lune, considérer le retour des saisons, méditer sur les températures et les couleurs, tenir dans la plus grande considération tous ces détails qui nous aident à vivre studieusement dans le paysage, voici une habitude qui nous porte à accepter les rythmes qu’un paysage contient.

Le paysage est la scène où les éléments se rencontrent et nous essayons – parfois en vain – de leur accorder une reconnaissance.

En observant nous rentrons à l’intérieur du paysage, nous en sommes constitués au moins autant que nous contribuons à le constituer, nous y sommes inclus autant que nous l’incluons en nous-mêmes.

Ce récit infini qui se tresse entre les sollicitations des sens et la perception des lieux en dépit de la pauvreté d’informations que les sens peuvent récolter, ne cesse de se construire à travers odeurs, lumières, accents qui parlent incessamment à notre attention et à notre inconscient, autant que les liens, les liaisons, les connexions, les nœuds qui font de nous-mêmes une partie ouverte du paysage. Toute une concaténation de combinaisons, interruptions, ententes, dissidences, consonances, ruptures, alliances ou désaccords ravive la tension avec laquelle le paysage évolue d’une saison à une autre.

Le paysage constitue un défi à faire sens, ensemble en nous fondant sur des critères mobiles, différents de territoire à territoire, là où nous nous aventurons dans la complexe reconnaissance des autres.

Pour articuler rigoureusement notre faculté innée de nous émerveiller et reconnaître, nous nous exposerons à la nécessité de regarder ce regard dans l’autre, qui dans les ressemblances et les différences cherche à prendre librement en charge le réel sans le soumettre.

Et nous savons que cette saisie passe d’abord à travers les sens mais il n’y a aucune certitude que la dimension esthétique vienne en première. Bien au contraire !

Paysage ouvert.

Commissaires d'exposition

Autres artistes présentés

César Chevalier

Partenaires

Les Ateliers des Arques reçoivent le soutien du Ministère de la Culture - DRAC Occitanie, de la Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée, du Département du Lot, de la Communauté de Communes Cazals-Salviac et de la Mairie des Arques.

Adresse

Les ateliers des Arques Presbytère 46250 Les Arques France

Comment s'y rendre

Le village des Arques se trouve dans le département du Lot, 30 km au nord de Cahors. à partir de l’autoroute A20, sortir à la sortie 57. Au rond point, prendre vers la gauche en direction de Brive. Remonter la N20 sur environ 8 km en passant le village de St Pierre Lafeuille. Prendre sur la gauche la direction de Catus. Passer Gigouzac, St Denis-de-Catus, Catus en suivant la route tout droit. Le Musée Zadkine est indiqué et il suffit de suivre les pancartes.

Accès mobilité réduite
Dernière mise à jour le 25 mars 2021