Olivier Nottellet - Moussa Sarr

Exposition
Arts plastiques
Galerie Martine & Thibault de la Châtre Paris 03

Olivier Nottellet
Sans titre
2013
Encre sur papier
47 x 39 cm

…."On présente souvent Olivier Nottellet en tant que dessinateur. Pourtant, son dessin relève plus de la masse que de la ligne. C’est une masse noire qui flotte, roule et coule, remplissant jusqu’à ras bord des structures orthogonales qu’on imagine être des cases, des cadres, des grilles, des cages... Des constructions précaires en bois, sortes d’échafaudages en forme d’équerres tels qu’on en trouve dans les mines pour retenir les éboulis de terre, tentent de maintenir cette matière à l’équilibre instable, avant l’engloutissement final. Dans un corps à corps irrésolu, la masse s’échappe par coulée, amas, gonflement voire explosion….
….Le vocabulaire d’objets qui marque avec récurrence les expositions d’Olivier Nottellet vient prolonger la deuxième dimension du dessin dans l’espace. Des objets manufacturés, trouvés dans le commerce, que l’artiste préfère garder tels quels, optant pour l’économie de moyens. Car nul besoin de les retoucher : ils sont déjà doués d’un étrange pouvoir de suggestion. Comme animés d’une double identité, ils apparaissent d’un côté totalement concrets, d’une banalité presque déconcertante, et de l’autre ils génèrent des images mentales. « Indices de réalité », tels que Nottellet les décrit, ils parviennent à créer ce sentiment troublant d’être face à une chose si concrète qu’elle en devient abstraite…"

 

Marianne Lanavère

 

Moussa Sarr est pour le moins laconique quand il s’exprime sur son travail : “Très souvent, je joue avec ma propre image ; il s’agit de devenir un cliché pour tordre le cou aux clichés.”

Il a finalement raison, ses images sont explicites, elles résistent d’ailleurs au bavardage.

Si il est effectivement le sujet de ses photographies et de ses vidéos, l’artiste dépasse largement les problématiques généralement associées à la pratique de l’autoportrait (de l'autoreprésentation, de l'autofilmage, etc.) pour aborder un questionnement sur les stéréotypes et les préjugés raciaux, sociaux ou sexuels, l’exercice du pouvoir et les discriminations qu’ils supposent, un questionnement sur la morale et son principe simpliste de hiérarchie, un questionnement sur l’altérité qui le pousse à revêtir l’habit de celui dont il diffère, éventuellement de l’ennemi juré.

“Blanc et noir”, “amour et haine”, “bien et mal”, “bourreau et victime”, “colonisateur et colonisé”, “appartenance et exclusion”, “singulier et générique”… pourraient constituer le début d’une liste de notions duelles que Moussa convoque et met en tension subtilement dans ses images, par le biais d’une iconographie identitaire abordée avec humour et autodérision.

 

 Edouard Monnet et Ian Simms

Horaires

du mardi au samedi de 12h à 18h30 ou sur rendez-vous

Adresse

Galerie Martine & Thibault de la Châtre 4 rue de Saintonge 75003 Paris 03 France
Dernière mise à jour le 2 mars 2020