Ogni pittore dipinge sé

Tout peintre se peint lui-même
Exposition
Arts plastiques
Galerie Suzanne Tarasieve Paris 01
Photographie : Benjamin Katz

Baselitz, Lüpertz, Penck, Kirkeby, Immendorff 

 

 

 

 

Photographie : Benjamin Katz 

Ogni pittore dipinge sé / Tout peintre se peint lui-même

A.R. Penck, Georg Baselitz, Antonius Höckelmann, Jörg Immendorff,

Benjamin Katz, Per Kirkeby, Markus Lüpertz, Sigmar Polke

« Deux ans après Insoumises Expressions, j’avais envie, après l’année chaotique que nous venons de passer, de revenir à mes premières amours et de faire cette exposition collective pour redire l’importance de ces artistes dans ma vie et dans l’histoire de l’art.

En 1991, je me rends à Berlin pour la première fois. Il y souffle un vent d’énergie créative incroyable. Au Martin Gropius Bau a lieu l’exposition Metropolis. Ils sont tous là : Baselitz, Lüpertz, Penck, Immendorff, Kiefer, Polke, Richter, font partie des 72 artistes exposés. A cette époque j’avais déjà dans l’idée d’exposer Baselitz et Lüpertz ensemble, mais voir le travail de tous ces artistes dans une même exposition est une révélation. C’est depuis lors un plaisir de faire se rencontrer leurs œuvres, un plaisir que je m’octroie régulièrement.

C’est là également que je prends conscience de l’importance de la peinture. La peinture dans l’histoire de l’art, que j’ai toujours aimée, et cette peinture allemande qui va m’accompagner toute ma vie. D’où le titre Tout peintre se peint lui-même (ogni pittore dipinge sé) expression attribuée à Léonard de Vinci. Un titre emprunté donc à la Renaissance italienne pour parler de la peinture allemande de la seconde moitié du XXème siècle, pour dire la constance et l’importance de la peinture tout au long de l’histoire de l’art, et un titre qui souligne aussi la merveilleuse force de ce groupe : la diversité de leurs approches dans un contexte relativement similaire, celui de l’Allemagne divisée après la seconde guerre mondiale. Tous ces artistes, longtemps perçus comme des marginaux provocateurs, sont aujourd’hui estimés et reconnus.

Dans la série Remix, Baselitz (né en 1938) revisite d’importants tableaux, peints au cours des décennies antérieures, notamment la célèbre toile Die grosse Nacht in Eimer qui avait été saisie pour outrage public lors de sa première exposition personnelle à Berlin-Ouest en 1963 et qui lui avait valu la prison. Une exposition personnelle est prévue au centre Pompidou (2021).

Deux périodes bien différentes de l’œuvre d’Immendorff (1945-2007) sont exposées : les années 80, (l’étoile avait été comprise à l’époque comme un symbole soviétique et une provocation vis-à-vis de l’Ouest), et les ultimes toiles des années 2000, conçues alors que la maladie de Charcot finit de consumer l’artiste.

Un magnifique et rare petit dithyrambe de Lüpertz (né en 1941) de 1964 trône dans la première salle. La vivacité des couleurs est intacte, de même que la poésie de son étrange architecture.

Les œuvres d’A.R. Penck (1939-2017) développent le langage pictural caractéristique de son œuvre, composé de signes et de symboles élémentaires, appréhensibles et reproductibles par tous.

Une sélection de Polke (1941-2010) donne à voir l’éclectisme, la liberté et le génie de cet artiste indéfinissable et protéiforme.

Je suis heureuse de montrer pour la première fois des dessins de Höckelmann (1937-2000), proche de ce groupe allemand et coloriste merveilleux. Ses dessins et sculptures en papier font partie des collections du Musée d’Art Moderne de Paris.

Enfin, les deux masonites caractéristiques de l’œuvre de l’artiste danois Per Kirkeby (1938-2018) s’appuient à la fois sur une grande connaissance de l’histoire de l’art et une attention aux mouvements de la nature. Dans ses œuvres, la force de la nature se frotte aux architectures de la culture.

L’artiste photographe Benjamin Katz, leur ami, restitue la complicité de ces artistes et leurs caractères bien distincts. Il les a accompagnés du début de leur œuvre à la fin de leur vie. Intime de chacun de ces artistes et connaisseur de leurs œuvres, il sait capter aussi bien l’atmosphère électrique des ateliers et les moments de complicité rigolarde. Ses portraits scandent l’exposition. Né en 1939, il a exposé au Musée d’art Moderne de la Ville de Paris (2016) et au Ludwig Museum à Cologne en 2019. il prépare actuellement une exposition au musée Marta Herford (Février – Mai 2021).

 

A travers cette exposition, on pourra ressentir la puissance de cette substance vivante qui coule dans les veines des artistes et que l’on appelle la peinture. »

 

Horaires

Mardi - Samedi (11h-19h)

Adresse

Galerie Suzanne Tarasieve 7 rue Pastourelle 75003 Paris 01 France
Dernière mise à jour le 13 janvier 2021