Objets du XXe siècle

(Les antiquités du futur)
Exposition
Arts plastiques
Galerie Papillon Paris 03

vue de l'exposition personnelle de Sammy Engramer Objets du XXe siècle

Sammy ENGRAMER
Objet(s) du XXe siècle (Les antiquités du futur)

12 novembre – 22 décembre 2011.


L’exposition Objet(s) du XXème siècle : les antiquités du futur situe le travail de Sammy Engramer dans la lignée des artistes soutenus par la galerie Claudine Papillon. Dieter Roth et Erik Dietman (pour citer les plus connus) sont eux aussi les inventeurs d’objets modestes qui valent autant pour leur potentialité, leurs ouvertures, que pour leurs contenus distincts. A la frontière de l’insignifiant et du signifiant, la fonction d’échange prime sur le code et ces artistes n’envisagent pas la grandiloquence sans son pendant dérisoire.
Engramer nous propose des visions, sans la prétention d’offrir au spectateur ce que l’on pourrait appeler des sur-œuvres, sur-intelligentes, sur-critiques, ou sur-spéculatives. Ne pas courir derrière l’idée du chef-d’œuvre : c’est peut-être une perte d’énergie et une posture artificielle. Il y a bien une cohérence, mais la démonstration n’est pas démonstrative.
Son exposition pourrait alors rassembler un étrange assortiment de flashs futuristes, de mots d’esprit en volume. Et à Engramer de replacer des antiquités (ni plus ni moins), les symboles endormis de l’histoire, dans l’espace public, dans l’imaginaire collectif, et par là de les transformer en objets de désir.
« Tous nous sommes là au centre d’objets dont nous ne connaissons pas la valeur. D’ailleurs peu importe leur place dans la hiérarchie des objets, leur classement.
Nous sommes là, parmi eux, à l’intérieur d’un paquet cadeau. »

Damien Airault, octobre 2011


Pour sa seconde exposition à la galerie Claudine Papillon, dans le juste prolongement de la précédente, Sammy Engramer nous accueille avec une insolente "Magriterie" qui éclaire l’ensemble sous un jour humoristique et léger.

En dépit de son apparent éclectisme, le travail de Sammy Engramer résulte d’un tri sélectif tout à fait sérieux dans l’histoire de l’art. Ses pièces, en conséquence, évoquent, chacune à sa manière, un ou plusieurs courants théoriques et formels en les bousculant gentiment…. mais sans ménagement excessif :
- un Malevitch scandaleusement traité sur le mode des ouvrages en cheveux des demoiselles des siècles passés
- deux Duchamp, ce qui nous fait un iconoclasme au carré
- un jeu de mots nous renvoyant à Dada et dans les ronces
- une allusion au constructivisme le plus aride, dissimulée dans une blague potache et potagère
- un cours d’architecture appliqué à l’histoire de l’art mais pouvant aussi servir de lampe
- beaucoup de carrés et pas moins de cubes, volumes par excellence du lieu d’exposition mis en abyme dans nos murs
- du bâti, décliné en version plane, la toile au mètre promue toile de maître
- du bâti décliné en volume, idéale et concrète étagère pour une bibliothèque thématique
- du sacré aperçu par miracle dans l’ordinaire des formes basiques
- du mobilier rendu à sa fonction bien qu’exposé en tant qu’œuvre
- du paysage véritable et presque conventionnel
- pour les plus jeunes, une figure de jeu électronique ayant volé la vedette à la lune
et un QR-code fonctionnel et signé.

Stakhanoviste de la théorie mise à l‘épreuve des formes, Sammy Engramer laboure en tous sens ou presque le paysage conceptuel mis en place depuis l’avènement de la modernité, contradictions internes comprises. Le jeu de correspondances entre ses pièces dessine une préférence nette pour les tournants les plus décisifs de cette histoire, ruptures et révolutions, au détriment des moments tièdes et maniérismes de tous poils.

Né en 1968 à Blois, Sammy Engramer vit et travaille à Tours. Son travail a fait l’objet de commandes publiques, une en collaboration avec l’architecte Jean-Christophe Rouillon pour le Centre sportif de Monthodon et une en coproduction avec le Centre d’art contemporain Parc Saint Léger. Son projet Yurop (European Think Tank), réalisé pour l’Ecole supérieure des arts du Nord-Pas-de-Calais et le département des arts plastiques de Lille 3 va être exposé à Bordeaux en janvier 2012. Il a été sélectionné en 2007 pour le prix Ricard et ses pièces sont également présentes dans de nombreuses collections privées. Il est membre actif de la Revue Laura.

Artistes

Horaires

mardi - samedi 11h - 19h

Adresse

Galerie Papillon 13 rue Chapon 75003 Paris 03 France

Comment s'y rendre

métro Arts et métiers / Rambuteau
Dernière mise à jour le 2 mars 2020