Lorsque l'été lorsque la nuit (Jean Tardieu), 2014
Dessins au fusain, 3 dessins animés projetés, taxidermies (renards), dimensions variables
Vues de l'exposition Lorsque l'été lorsque la nuit, CAIRN Centre d'art, Digne-les-Bains

Biographie

Née en 1972, vit et travaille à Durtol (Puy-de-Dôme)

"Traditionnellement, l'art recourt à l'animal pour parler de l'homme dont il renvoie l'image comme un miroir déformant. Rien de semblable ici. Si les bêtes assument une fonction narrative, elles ne sont pas là pour interpréter notre rôle, Delphine Gigoux-Martin, une fois encore, établissant entre elles et nous cette barrière interdisant de les investir affectivement. Si l'usage brutal de la taxidermie, le recours à ces fragments de bêtes qui peuplent ses œuvres, peut faire osciller le regard entre fascination et dégoût, ce sentiment s'applique à la chose morte, non pas à l'être qui n'est plus. À l'inverse de la pratique de nombre d'artistes contemporains, l'animal n'est pas là pour susciter l'empathie. Faut-il admettre que les fictions de Delphine Gigoux-Martin sont des contes sans raison, des fables sans morale ? En combinant systématiquement différentes techniques d'expression, Delphine Gigoux-Martin donne un nouveau développement au procédé du collage qui était très en faveur chez les artistes du début du XXe siècle. D'une certaine manière, elle renouvelle pour le public contemporain la saveur étrange qu'avaient en leur temps les compositions cubistes. Qu'elle associe le cadavre d'une bête à sa représentation crayonnée sur les murs lépreux d'une usine désaffectée, qu'elle confronte, dans un même volume, une proie naturalisée à l'image animée de son prédateur, projetée à même les murs, c'est toujours au spectateur d'établir la cohérence de ces différentes propositions plastiques. Complexifiant à plaisir cet exercice de déstructuration de l'espace, les éléments de la composition se jouent des contraintes physiques du lieu d'exposition. Ici les animaux naturalisés sont suspendus dans l'air ou traversent les cloisons et les vitres, ailleurs la projection des images animées à même le mur ne tient pas compte des accidents de l'architecture."

Extrait de la Préface de Claude d'Anthenaise, 2011
Publiée dans le catalogue monographique Mémoires minuscules, éditions Lienart, Paris, 2011



Born in 1972, lives and works in Durtol (Puy-de-Dôme)

“Art traditionally uses animal figures to talk about man, whose image they reflect like distorting mirrors. This is nothing like it. While the animals in Delphine Gigoux-Martin’s works do have a narrative function, they are however not meant to stand in for us, thus establishing a barrier between us and them, preventing us from becoming emotionally involved. While her brutal use of taxidermy and the animal parts that inhabit her work can lead the viewer from fascination to disgust, the feeling applies to the dead thing itself, rather than to the being no longer living. Contrary to the work of most contemporary artists, the animal is not there to trigger empathy.
Must we therefore regard Delphine Gigoux-Martin’s fictions as purposeless tales, as fables devoid of morality? By systematically combining various techniques of expression, the artist offers a new development of the process of collage, which was very popular with early 20th-century artists. In a way, she reacquaints today’s public with the strange flavour that cubist compositions might have had in their time. Whether she associates the carcass of an animal to its pencilled outline on the flaking walls of a disused factory, or confronts, in the same volume, a stuffed prey with the animated image of its predator projected onto the walls, it is always up to the viewer to establish the correlation between these different visual propositions. By readily making this deconstruction of space more complex, the elements of the composition defy the physical limitations of the exhibition space. Stuffed animals are suspended in mid-air or stuck in walls and windows, while elsewhere animated images are projected regardless of the architecture’s unevenness. [...]"

Excerpt from Claude d’Anthenaise’s preface for the monographic catalogue Mémoires minuscules, Éditions Lienart, Paris, 2011

Translated by Lucy Pons

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Source

Documents d'artistes Auvergne-Rhône-Alpes - Partenariat Centre national des arts plastiques / Réseau documents d'artistes

Dernière mise à jour le 6 juillet 2020