Nina Childress La haine de la peinture

Exposition
Arts plastiques
Les coopérateurs Limoges

Le Frac Limousin est particulièrement fier de présenter un ensemble important de tableaux récents de Nina Childress. Invitée en 2006 pour une exposition à la galerie du Théâtre de l’Union puis, l’hiver 2007-2008, pour l’exposition « Photopeintries n°1 : comment peindre après Picabia et Richter ? », nous proposons aujourd’hui de découvrir Nina Childress comme une artiste en pleine maturité. L’exposition restitue à grands traits le chemin parcouru depuis vingt-cinq ans par l’artiste, depuis sa participation au collectif « Les Frères Ripoulin » dans les années 80 (avec Trois-carrés, Bla, Manhu, OX, Closky, Piro Kao = Pierre Huyghe), sa période « punk », puis « disco », ses recherches sérielles qui croisent art cinétique, pop, jusqu’à ses oeuvres les plus récentes. Toujours partagée entre figuration et abstraction, l’œuvre de Nina Childress s’appuie la plupart du temps sur des images photographiques, souvent imprimées. En ce sens, elle est une « photopeintre » et lorsque nous l’avions interrogée sur sa manière de peindre après Richter et Picabia, elle avait répondu : « ..Moi aussi j’aime copier des photos. Je n’ai pas envie de m’embêter avec le dessin, je ne veux pas que mon style vienne du dessin. En copiant des photos je ne fais que de la peinture, même abstraite. Je passe des images en peinture, j’en fais un tableau, il n’y en a qu’un seul. Parfois comme Richter j’essaye de disparaître derrière la photo, ou comme Picabia j’ajoute des bêtises. Ce qui m’est propre, c’est le choix des photos et puis le choix de la manière de peindre. Mes modèles, on sait que ce n’est pas la réalité, on le voit à l’éclairage, à la composition. La photo (scan, impression…) est un matériau visuel, comme la couleur, auquel je donne une nouvelle visibilité ». « La haine de la peinture » est le titre du dernier tableau que l’artiste vient d’achever pour l’exposition. Il décrit de façon presque expressionniste les relations très tendues entre Simone de Beauvoir et Hélène, sa sœur peintre, et fait partie d’un vaste ensemble intitulé « le tombeau de Simone de Beauvoir » sur lequel l’artiste a travaillé pendant toute l’année 2008. Cet hommage monumental se compose de plusieurs tableaux exécutés à partir de photos de presse ou de livres relatives à l’image publique de l’écrivain. Mis en scène sur un papier peint dont le motif répète un détail d’un des chemisiers favoris de l’auteur, les tableaux sont présentés en relation avec des volumes, des sculptures. Cette collection d’images agrandies par la peinture établit un subtil lien d’échelle avec les objets surdimensionnés. Comme un immense détail sur un bureau, le livre, les cigarettes, la boîte noire et les images forment une nature morte environnementale qui nous donne accès à l’intimité de Simone de Beauvoir. Autour de ce vaste ensemble de « peintures installées », les salles s’organisent par ensembles, extraits de séries selon les thèmes favoris de l’artiste : paysages, scènes d’intérieur et portraits. A partir d’images collectées dans de vieilles revues de décoration, Childress expérimente les différentes capacités de la peinture à restituer les définitions, les trames, les contrastes de lumière et de couleur. Sa recherche autour de la mise au point de l’image – le flou artistique ?- est un motif récurrent. Même si elle semble s’adonner plutôt à la figuration, Nina Childress a toujours rêvé d’être une peintre abstraite. Dans de nombreuses scènes d’intérieur, on aperçoit souvent des tableaux dans le tableau. Cette notion de « décoratif » semble irrémédiable à ses yeux et elle préfère l’envisager ainsi plutôt que d’imaginer ses tableaux oubliés définitivement dans les réserves d’un musée. D’où également de nombreuses mise en scène de tableaux par des effets d’éclairage ou de présentation sur des murs de papier peint. L’exposition « la haine de la peinture » s’intéresse ainsi aux conditions de réception du style pictural. Comme d’autres peintres d’aujourd’hui familiers du FRAC Limousin (John Currin, Glenn Brown, Franck Eon, Gabriele Di Matteo, Andreas Dobler,…) Nina Childress persiste à interroger le cliché dans le sens photographique du terme, mais aussi la peinture en tant que cliché, quand tout semble avoir déjà été peint, de toutes les manières possibles, et avoir déjà été récupéré, stylisé, épuisé dans le décor. Les stratégies qu’elle emploie contribuent à donner à ses tableaux la présence singulière et obsédante d’images déjà-vues, mais pas définitivement perdues dans les oubliettes de notre mémoire. Yannick Miloux, février 2009.

Complément d'information

Sound-design : Henri Flesh

Artistes

Partenaires

Exposition réalisée en partenariat avec : Galerie Bernard Jordan 77 rue Charlot - 75003 Paris / T. 33-0-1 42 77 19 61 Zwinglistrasse 33 - CH 8004 Zürich / T.+41 (0) 43 322 01 81 www.galeriebernardjordan.com

Horaires

du mardi au vendredi : 14h - 18h

Adresse

Les coopérateurs Impasse des Charentes 87100 Limoges France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020