NICOLAS DARROT // CLINAMEN

Exposition
Arts plastiques
Galerie Eva Hober Paris 08

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« Pour moi c’est trop tard. J’ai déjà disparu si tu préfères. Maintenant je veux bien être ce que tu veux. Une peluche, un clown, un indien… »

 La pièce Iceberg produite en 2010 pour le Théâtre National de Chaillot, constitue une étape importante pour Nicolas Darrot.  À une échelle plus ample et au travers d'un récit, il met en scène ses êtres chimériques dans  toute leur dimension philosophique, ludique et ingénieuse. « Pièce radiophonique », selon les termes de l'artiste, l'Iceberg accorde une place importante au son, mêlant des dialogues enregistrés à une composition musicale d'Etienne Charry.

 Réponse de l’ours polaire aux survivants, un scientifique et une vieille chamane, échoués sur la banquise en attendant un convoi de ravitaillement.

Le dispositif comporte un aéronef suspendu, se présentant comme un territoire à la dérive, devant lequel joue un orchestre d’automate musiciens. Sa masse lisse et blanche évoque autant la baleine de Jonas que le Léviathan.  Elle fonctionne comme un écran sur lequel sont projetées des images réelles des glaciers fondants, de la neige balayée par le vent ou des ondes radios. À travers un jeu de lumière, les silhouettes de marionnettes et celle du public s’entremêlent et se chevauchent, créant un théâtres d’ombres qui fait écho aux voix des acteurs et à leurs visions, pivotant autour des propositions magiques d'une vieille chamane. Derrière l'apparente aporie de cette assemblée, quelque peu enfermée dans ses interrogations en boucle, c'est bien d'un questionnement du vivant dont il s'agit encore une fois. Opérant par glissements sémantiques et détournements, l’artiste explore en effet la dimension autopoiétique du vivant, dont il semble chercher sans cesse un modèle dans ses bricolage mêlant morceaux d'animaux et matériaux de synthèse, connectés à des interfaces électroniques elles même asservies à des programmes informatiques tournant en boucle comme d'énigmatiques rituels. Du dialogue poétique entre humain et animaux surgit ainsi un thème central chez Nicolas Darrot : le ratage, où l'irruption de l'accident dans la matière organisée d'un projet, d'une condition, dont la commune vanité peuvent alors se révéler.

Dans cette cosmogonie, la préhistoire côtoie notre temps actuel tout en questionnant notre avenir, ici incarné par sa dernière créature : l' Alpha Leader d'une armée d’insectes auxquels il greffe des prothèses minutieusement ajustées. Cet automate prononce un discours dont le sens nous échappe, tant sa voix s'est muée en un cliquetis de mandibules. Ne restent que la solennité et les accents martiaux d'une parole qui semble être celle d'un chef, mais de quoi ? Pervertissant le délire technologique des sciences, l'artiste s'incorpore finalement à une figure teintée d'auto-dérision.

Jeannette Zwingenberger

Historienne de l'art, membre de l'AICA (Association Internationale des Critiques d'Art) et commissaire de plusieurs expositions en Europe.

Artistes

Horaires

Du mardi au samedi de 11h à 19h.

Adresse

Galerie Eva Hober 156 boulevard Haussmann 75008 Paris 08 France

Comment s'y rendre

Métro : Arts et Métiers, Rambuteau.
Dernière mise à jour le 2 mars 2020