In My Beginning Is My End

Commissariat: Daniele Capra
Exposition
Arts plastiques
Galerie Alberta Pane Paris 03

© Daniele Capra

Time present and time past
Are both perhaps present in time future
And time future contained in time past.
T. E. Eliot, Burnt Norton, The Four Quartets

Une oeuvre d’art qui n’est pas momentanée et éphémère dès sa conception (comme la
performance) ou bien qui est prédisposée à ne pas durer (par exemple, les peintures de
Gustav Metzer traitées avec de l’acide provoquant la corrosion de la surface) intéragit
avec la notion du temps de l’observateur, essentiellement grâce à un déphasage. Au delà
du temps nécessaire dont nous avons besoin pour observer / voir une oeuvre d’art, ce
moment où le temps de l’oeuvre et le temps de l’observateur se rencontrent selon
l’évidente présence des deux, une oeuvre réussie dans son essence même (ce qui est
beaucoup plus qu’un banal exercice) possède les racines de l’avenir. Mais ces racines
vivent avec les éléments du passé et ceux du présent que nous traversons.


Le perpétuel décalage du lieu et du temps de l’oeuvre d’art (ici et maintenant) qui
détermine ensuite une expansion temporelle inattendue, car il agit sur le monde et sur
l’observateur suivant un repositionnement continu, suggérant ce moment particulier qui
est brièvement présent puis passé. D’une certaine façon nous pourrions attribuer à
l’oeuvre cette modalité existentielle que le philosophe Giorgio Agamben entrevoit dans le
contemporain : “Celui qui, sentant l’obscurité du présent, saisit son inaliénable lumière;
et aussi celui qui, divisant et interpolant le temps, est capable de le transformer et de
créer une relation avec les autres temps)”. (Che cos’è il contemporaneo, Roma,
Nottetempo, 2008). En effet, si dès sa naissance, une oeuvre d’art n’est pas capable
d’apporter quelque chose au futur, elle perd une des ses fonctions majeures : être
subversive, oblique, capable de questionner l’observateur, l’entraînant dans un autre lieu
mais aussi dans un autre temps.


In my beginning is my end compare la poétique de trois différents artistes : chacun d’eux
est invité à suggérer à l’observateur des oeuvres caractérisées par une tension
particulière, conceptuelle, visuelle et expressive, si puissante qu’elles peuvent intercepter
la notion du temps du visiteur et agir avec des dynamiques de friction, de
repositionnement, d’anticipation.


L’exposition - son titre provient des premières lignes d’East Cocker, le second des Quattro
Quartetti (Four Quartets) par T.S. Eliot - est née de la nécessité d’apporter des
possibilités d’interprétation sur la façon dont une oeuvre peut être considérée comme un
outil générateur de sens qui se mesure constamment par le fait de ne pas être en
adéquation avec ces repères temporels que nous appelons communément passé, présent et
futur. Au cours de son défi répété, le commencement devient la fin, encore et encore, et
la fin devient genèse, dans une progression continue et un réarrangement temporel.

Autres artistes présentés

Igor Eskinja

Horaires

mardi - samedi, 11.00 - 19.00

Adresse

Galerie Alberta Pane 47 rue de Montmorency 75003 Paris 03 France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020