Mickalene Thomas

Beyond the Pleasure Principle
Exposition
Arts plastiques
Saint Honoré Paris 08
©Mickalene Thomas

Le troisième chapitre de Beyond the Pleasure Principle, exposition internationale de la célèbre artiste américaine Mickalene Thomas, présentée dans quatre villes, chez Lévy Gorvy, ouvrira à Paris en même temps qu’une exposition personnelle à la Galerie Nathalie Obadia.


Paris – Le 7 octobre, Lévy Gorvy inaugurera à Paris Beyond the Pleasure Principle de Mickalene Thomas, le troisième chapitre d’une exposition en plusieurs parties se déroulant dans quatre villes internationales à l’automne 2021, et présentant de nouvelles œuvres étroitement liées entre elles, allant de la peinture au collage et de l’installation à la vidéo. En parallèle de l’exposition chez Lévy Gorvy Paris, Mickalene Thomas proposera une série de collages de grand format dans le nouvel espace de la Galerie Nathalie Obadia, situé au 91, rue du Faubourg Saint-Honoré, dans le 8ème arrondissement. À travers une pratique pluridisciplinaire et dans sa façon souvent collaborative de produire et exposer son travail, l’artiste a élaboré, au cours des vingt dernières années, un langage esthétique soutenant l’affirmation de la féminité, de l’érotisme, de la sexualité queer et de la culture afro-américaine. Avec les inaugurations successives de Beyond the Pleasure Principle dans les galeries de Lévy Gorvy à New York, Londres, Paris et Hong Kong ainsi que l’exposition complémentaire à la Galerie Nathalie Obadia à Paris, Thomas compte souligner, de manière formelle, spatiale et philosophique, ce qui est au centre de son œuvre : le pouvoir et la désirabilité des femmes afro-américaines ainsi que leur présence, leur empreinte et leur héritage dans la culture visuelle globale de l’avant-garde.


L’exposition de Thomas chez Lévy Gorvy présentera cinq tableaux de grand format de sa série Resist et une nouvelle vidéo, Resist (2021), qui explorent le rôle central des femmes afro-américaines dans la lutte pour les droits civiques des années 60 jusqu’à nos jours. Bien qu’étant une contestation historiquement américaine, la lutte pour les droits civiques a inspiré des mouvements en faveur des Droits de l’Homme partout à travers le monde depuis plusieurs générations. Plus récemment, le mouvement Black Lives Matter fondé par Alicia Garza, Patrisse Cullors et Opal Tometi en 2013 a suscité un élan militant contre l’oppression raciale dans de nombreux pays. Ce soulèvement a montré le lien entre les décennies de violence perpétrée par l’État, l’inégalité systémique et les préjudices culturels qui marquent le quotidien de la population afro-américaine dans toute la diaspora internationale.


L’artiste commémore ainsi cet héritage en combinant des images photojournalistiques de manifestations historiques et contemporaines. Elle met également en lumière une longue succession de puissantes activistes dont Harriet Tubman, Fannie Lou Hamer, Stacey Abrams ainsi que toutes les femmes anonymes qui ont apporté leurs contributions à la cause. Composées d’images sérigraphiées sur toile en plusieurs couches et retravaillées à la peinture à l’huile et à l’acrylique, les œuvres Resist constituent une réponse à l’agitation mondiale, à la diplomatie culturelle et à l’injustice dont sont victimes les afro-américains. Dans Guernica (Resist #3) (2021), Mickalene Thomas présente une composition dense, en noir et blanc, peuplée d’images iconiques des manifestants de Black Lives Matter et des protestations, marches et occupations du mouvement pour les droits civiques. Mickalene Thomas souligne la douleur et le sentiment de perte par la référence à Guernica de Pablo Picasso (1937), réponse de l’artiste espagnol aux horreurs de la Seconde Guerre Mondiale et particulièrement au bombardement allemand du village basque. Elle y dépeint le cheval empalé de Picasso et l’agonie des femmes témoins de cette violence, dessinés en surimpression ombragée dans ses compositions sérigraphiées. Bien que ces références couvrent plusieurs décennies, l’œuvre Guernica de Pablo Picasso, le mouvement des droits civiques et Black Lives Matter se font écho et confirment que la lutte pour les droits civiques reste un combat récurrent dans la quête perpétuelle de justice.


Dans Not everything that is faced can be changed, but nothing can be changed until it is faced (Resist) (2021), une installation vidéo multicanaux, de 5 minutes et 11 secondes, l’artiste transpose les qualités esthétiques de ses collages à la réalisation de films. Ainsi, elle présente une compilation de séquences documentaires tirées d’archives et d’informations d’actualités sur des moments clés du mouvement de libération des afro-américains, accompagnée d’une bande son de la batteuse de jazz, compositrice, productrice et éducatrice américaine Terri Lyne Carrington. Les écrans, placés dans l’espace et offrant de multiples points de vue, diffusent la même narration mais à des intervalles variables, créant une belle cacophonie parfois désynchronisée. Comme une composition de jazz, le film Resist offre une manifestation visuelle et auditive d’un grand nombre de fils conducteurs à la fois chaotiques et divergents, rendus finalement harmonieux par le calibrage habile de nombreuses parties - une allégorie de la lutte politique et de la libération.


L’enchevêtrement de références à travers la série Resist condense l’Histoire en une critique poétique de la nature immuable des problèmes raciaux en Amérique, où l’injustice persistante de l’esclavage et le refus par la majorité blanche d’en accepter la responsabilité demeurent des enjeux politiques décisifs. Des images du légendaire critique et écrivain James Baldwin, dont une citation a inspiré le titre du film, apparaissent dans plusieurs œuvres de Resist comme pour rappeler le fait que trop peu de choses ont changé ; sa pensée est partagée et résonne avec autant de ferveur aujourd’hui qu’à son époque.


À la Galerie Nathalie Obadia, Mickalene Thomas présentera un ensemble de collages de grand format issus de la série Jet Blue composés de matériaux trouvés : tissu, papier, strass, photos sérigraphiées, d’acrylique et de peinture à l’huile. Faisant également référence à Picasso, dans ce cas précis à sa série des Femmes assises, ces collages associent des images de pin-up des années 60 et 70 du calendrier Jet Magazine et des références formelles à certains de ses principaux mentors tels que Romare Bearden, Jacob Lawrence et Faith Ringgold ainsi que Henri Matisse. Elle offre ainsi une démonstration de la diversité des traditions culturelles qui ont conçu l’art et la pensée modernes. À travers cette confluence de références à la culture afro-américaine et à l’histoire de l’art européen, Mickalene Thomas insère habilement les qualités formelles de l’avant-garde qui mettaient l’accent sur la liberté, la fluidité, l’expérimentation et la non-hiérarchie dans le paradigme politique de la libération des afro-américains, incarné par l’esthétique “Black is Beautiful” promue par les images du magazine Jet, elles-mêmes à l’avant-garde de la pensée et de la culture américaines.


L’œuvre de Mickalene Thomas dépeint depuis longtemps la beauté, le désir et le pouvoir des femmes afro-américaines afin de renverser l’oppression matérielle et culturelle et la marginalisation dont elles sont victimes. Le fait de recourir à une référence fondamentale telle que le magazine Jet ne fait que souligner son engagement pour la valorisation et la célébration de la “Blackness”, de la féminité, de la transgression et des personnes LGBTQIA+. À travers ses deux expositions chez Lévy Gorvy et à la Galerie Nathalie Obadia, elle présente une image plus complète des luttes internalisées et externalisées pour les droits civiques : agonie et souffrances privées rendues publiques, ainsi que les expressions débridées de liberté, de joie et de beauté - deux aspects de l’éternelle quête de justice. Dans l’ensemble, les œuvres de Mickalene Thomas à Paris attirent l’attention sur les femmes afro-américaines qui sont en première ligne d’un combat qu’elles mènent, qu’elles le veuillent ou non, et grâce au travail et aux sacrifices desquelles des millions de personnes dans le monde ont atteint un niveau proche des idéaux de liberté et de démocratie.


À propos de Beyond the Pleasure Principle


Beyond the Pleasure Principle est une exposition d’ampleur internationale, se déroulant dans les espaces de Lévy Gorvy dans quatre capitales du monde - New York, Londres, Paris et Hong Kong - ainsi qu’à la Galerie Nathalie Obadia à Paris, à l’automne 2021, présentant de nouveaux ensembles d’œuvres de la célèbre artiste américaine, Mickalene Thomas. Cette exposition multisite donnera à voir des peintures, installations et œuvres vidéos qui enrichissent l’exploration que l’artiste mène depuis plusieurs décennies du corps féminin afro-américain en tant que siège de pouvoir, d’érotisme, d’influence et d’inspiration ainsi que de véhicule pour reformuler le langage visuel d’un modernisme hérité de certains des maîtres les plus influents du XXe siècle. Présentée dans des environnements conçus spécifiquement pour chacun des quatre sites, l’exposition inclue aussi une vidéo faite en collaboration avec sa partenaire et muse, Racquel Chevremont, art advisor, commissaire d’exposition et collectionneuse.

Horaires

Mardi - Samedi : 11h - 19h

Adresse

Saint Honoré 91 rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 Paris 08 France

Comment s'y rendre

91 rue du Faubourg Saint Honoré, Paris 8

Dernière mise à jour le 9 novembre 2021