Mengzhi Zheng, Maquette abandonnée N°18, 2017

Maquette abandonnée N°18, 2017
Bois, carton, carton plume, papier, dimensions variables
Collection Frac Bretagne

Biographie

Mengzhi Zheng - Né en 1983, à Ruian (Chine), FR né CN, vit et travaille à Lyon (France)

« Mengzhi Zheng évolue à la confluence de la peinture, de la sculpture et de l'architecture. Le va et vient est constant entre la seconde et la troisième dimension. On passe du dessin à la sculpture imperceptiblement. Ses sculptures sont des dessins dans l'espace. Comme pour le dessin - le blanc de la page étant infini - elles n'ont pas d'échelle.
Une des sources de son travail réside dans une observation des villes et de leurs constructions hétéroclites, de leurs aspects vernaculaires et de leur vétusté. […] Son autre source de référence se trouve dans l'histoire de l'abstraction moderniste qu'il remet en jeu avec une façon de voir et de penser toute contemporaine.
Si ses créations peuvent être interprétées comme de nouveaux avatars de la sculpture constructiviste, (Souvenons nous que De Stijl prônait la résolution de la peinture dans l'édification de la cité), ses collages et ses lithographies attestent la revendication de cet héritage. Mais on prend aussi immédiatement conscience en les observant que ce sont bien des œuvres de notre temps. Qu'il s'agit d'un regard actuel porté sur le monde d'aujourd'hui. Nous sommes loin des dogmes et des affirmations péremptoires des débuts du XXe siècle, mais plutôt dans le vacillement d'une interrogation sur un monde sans certitudes. Dans une sorte d'éloge de la fragilité.

Les petites formes qu'il bâtit se caractérisent par une invention sans contraintes, par leur aspect spontané, par la ténuité d'une esquisse. Pour avoir la rapidité d'exécution du dessin, il s'entoure d'abord, sur sa table de travail, à portée de main, de tous les matériaux qui sont susceptibles d'entrer dans la composition et travaille à la colle thermo-fusible pour que la prise soit instantanée. Le travail se fait sans repentirs. Chaque pièce résulte donc d'une improvisation et entraîne la suivante. […]

Cette série qui se développe année après année porte le titre générique manifeste de « Maquettes abandonnées ». Ces architectures colorées sont autant de propositions picturales légères, composées dans l'espace. Leur absence d'échelle en fait autant d'édifices mentaux. Elles parviennent à concilier construction et immatérialité, édification et flottement, bâti et impondérable. […]
Parfaitement construites, elles ont néanmoins la qualité de ces peintures chinoises traditionnelles qui, échappant aux lois occidentales de la perspective, permettent à l'œil d'y pénétrer par de multiples accès. Les matériaux qu'il utilise pour ses constructions impondérables sont des éléments de rebut, des fragments de cagettes, des chutes de cartons, des papiers de récupération. Reliquats de peu d'importance. Notre modernité est bien là, entre l'utopie et la construction précaire, l'invention et la récupération.
Un monde qui balance entre ciel et eau, entre cabane et esquif, entre utopie et réalisme, entre la grâce du geste artistique et l'abri d'urgence. On peut déceler là comme une tentative d'imaginer un avenir incertain, en constante reformulation. » […]

Extrait de Frêles esquifs, Hubert Besacier, 2018

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Mengzhi Zheng - Born in 1983, in Ruian (China), FR born CN, lives and works in Lyon (France)

“Mengzhi Zheng’s work lies at the intersection of painting, sculpture and architecture. It constantly oscillates between two and three-dimensionality, shifting imperceptibly from drawing to sculpture. His sculptures are drawings in space. Much like drawing – and because the white page is infinite – they have no specific scale.
His work draws part of its inspiration from the artist’s observation of cities and their heterogeneous constructions, of their vernacular aspects and disrepair. […] Another reference point can be found in the history of modern abstraction, which he revisits with a more contemporary outlook and thought process.
While his pieces may be interpreted as new avatars of constructivist sculpture (let us not forget that De Stijl advocated for the resolution of painting through the construction of the city), his collages and lithographs all but confirm this claimed heritage. However, one also quickly realises by looking at them that they are indeed contemporary works and the product of a modern-day vision of the current world. Far from the peremptory dogma and statements of the early 20th century, this approach is more akin to a teetering questioning of a world devoid of certitude – a sort of eulogy of fragility.

The small structures that M. Zheng builds are characterised by their boundless inventiveness, their spontaneous aspect and the subtlety of their outlines. In order to execute them as quickly as sketches, he keeps all the materials needed to create the compositions at hand, on his worktable, and works with hotmelt adhesive to achieve instant setting. The pieces do not undergo any corrections. Each of them is therefore the result of improvisation and makes way for the next. […]

This series, which he has developed over the years, bears the manifestly generic name of “Maquettes abandonnées” (Abandoned models). These colourful architectures are as many lightweight pictorial propositions composed in space. Their absence of scale makes them seem like as many mental edifices. In this sense, they are able to reconcile construction and immateriality, erection and hesitation, what is built and what is imponderable. […]
While perfectly constructed, they share the same qualities as traditional Chinese painting, which, because it eludes the Western rules of perspective, enables the eye to access it from multiple points. The materials that M. Zheng uses for his imponderable constructions are salvaged elements, pieces of crates, cardboard offcuts, scraps of paper. Insignificant residues. This is indeed where our modernity lies – between utopia and precarious construction, between invention and reappropriation.
A world that fluctuates between sky and sea, between hut and skiff, between utopia and realism, between the grace of the artistic gesture and the emergency shelter. One could perhaps see in it an attempt to imagine an uncertain future in a constant state of reformulation.” […]

Excerpt from Frêles esquifs, Hubert Besacier, 2018
Translated by Lucy Pons, 2020

Site internet et réseaux sociaux

Site internet : http://mengzhi.fr/
Source

Documents d'artistes Auvergne-Rhône-Alpes - Partenariat Centre national des arts plastiques / Réseau documents d'artistes

Dernière mise à jour le 22 avril 2021