Max Ernst, Aux cracheurs, aux drôles, au génie, 1967

Amboise, Touraine

Vue de la fontaine réinstallée © Photo : Juan Lozano

C’est en hommage à sa région d’adoption, la Touraine, et à son prédécesseur Leonard de Vinci qui y séjourna plus de quatre siècles avant lui, que Max Ernst (1891-1976), peintre et sculpteur français d’origine allemande, co-fondateur du groupe Dada de Cologne et artiste majeur du mouvement surréaliste, réalise cette fontaine monumentale pour la ville d’Amboise. Inaugurée en 1968, elle est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1987 et fait partie de la collection de l'État gérée par le Centre national des arts plastiques.

Un hommage à la Touraine et à Léonard de Vinci

Après avoir parcouru l’Europe et les États-Unis, Max Ernst s’installe en 1954 en Touraine. En 1966, il est sollicité par Michel Debré, nouvellement élu maire d’Amboise, qui souhaite faire réaliser, par le biais d’une commande de l’État, une fontaine pour sa ville. L’artiste y voit l’opportunité de réaliser un double hommage à la Touraine, où il a séjourné pendant près de dix ans, mais aussi à Léonard de Vinci, invité en 1516 par François Ier à séjourner à Amboise. Il aurait choisi de placer son œuvre le long de la Loire de telle sorte que la figure principale désignerait de ses bras les deux demeures du maître de la Renaissance – le célèbre château du Clos Lucé et le château royal d’Amboise où, dit-on, repose sa dépouille.

Une histoire locale et humaniste

Cette commande est aussi pour lui l’occasion d’expérimenter pour la première fois l’association du bronze et de la pierre en réalisant un ensemble monumental. Un bestiaire mi-animal, mi-humain, composé de tortues, grenouilles et d’êtres hybrides, occupe le centre du bassin dans une composition pyramidale qui n’est pas sans faire penser à une assomption. Aux cracheurs, aux drôles, au génie se réfère aux Prophéties sur les animaux raisonnables ou irraisonnables de Léonard, le génie qui la surplombe évoque quant à lui le génie de la Bastille.

Si l’artiste, doté d’une grande culture artistique, littéraire et philosophique, a malicieusement disséminé nombre de références possibles, il a cependant tenu à rappeler que sa fontaine est d’abord destinée au plaisir des yeux et à la curiosité des enfants qui « demanderont leurs secrets aux tortues, aux drôles et au génie ».

Une importante campagne de restauration

Dégradée au fil du temps, la fontaine nécessite une restauration en 1993, et doit à nouveau être restaurée en 2009. Cette seconde campagne mobilise le Cnap jusqu’en 2014, en partenariat étroit avec la DRAC-Centre Val de Loire qui a financé la totalité des travaux. Le processus de travail a associé le LRMH (Laboratoire de recherche des monuments historiques), le C2RMF (Centre de recherche et de restauration des musées de France), ainsi que d’autres partenaires du Cnap. Démontées en août 2013, les statues en bronze sont réinstallées plus d’un an après, tandis que les socles en pierre ont été restaurés sur place et que des travaux d'aménagement des abords ont été assurés par la ville d’Amboise.    

Un accompagnement pédagogique et créatif

À l’occasion de la restauration de l’œuvre, la ville d’Amboise et le Cnap s’engagent dans une démarche partenariale notamment par la création de supports spécifiques d’informations et de valorisation. Le Cnap a par ailleurs mis gratuitement à disposition des enseignants un livret pédagogique numérique, dans le but de les accompagner dans la présentation de l’œuvre de Max Ernst.

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Dernière mise à jour le 23 mars 2020