Luca GILLI

"en toute complicité"
Exposition
Photographie
Galerie Vrais rêves Lyon
Luca GILLI, jeune artiste, photographie en puriste, capte respectueusement les mouvements, les dilue en un graphisme subtil, harmonieux et malgré tout troublant. En conclusion l’exposition est un face à face intéressant de ces travaux où malgré les différences apparentes une subtilité commune s‘impose.

Complément d'information

Panthalassa, de Luca Gilli.

En choisissant d’appeler sa série de photographies Panthalassa, Luca Gilli fait allusion à cet océan primordial et unique qui ceinturait tous les continents réunis de la Terre, voici plusieurs centaines de millions d’années. Cette référence à une période antédiluvienne nous enjoint de ne pas chercher à reconnaître parmi ces portraits de poissons des espèces connues, mais bien plutôt de nous laisser aller à la contemplation de l’étrange.


Ces images sous-marines, qui auraient pu être prises depuis les hublots du Capitaine Némo, détachent des masses pisciformes sur le fond marin dans lequel elles évoluent tantôt par contours et circonvolutions, tantôt en filant droit devant soi. La prise de vue un peu lente retient le bougé du mouvement tout en conservant le graphisme distinctif de chaque individu, ce qui confère aux photographies l’aspect de lavis.


A travers l’anamorphose de l’objectif et de l’aquarium, des formes impressionnantes se révèlent : certains corps flottants sont plats comme des soucoupes volantes, d’autres obèses comme des zeppelins ; des plans larges encadrent la fuite des uns qui semblent se diluer dans l’eau qui les supporte et l’on dirait des fleurs, des flux ou des nuages ; des gros plans se resserrent sur la gueule des autres et l’on dirait alors des blocs, des rocs, des masques ou des casques dotés de mandibules et de maxillaires prêts à happer le curieux qui les observe.

L’art du point de vue permet à Luca Gilli de figurer des mimiques expressives : des moues grincheuses, colériques, abruties, dubitatives, menaçantes se collent contre le plan photographique comme contre une paroi de verre, convertissant cette galerie de portraits marins en un tableau inhumain des passions de l’âme.

Avec ce tour de magie visuelle qui raccorde le non humain à l’humain, les photographies de la série Panthalassa composent vraiment un bestiaire fantastique dont la belle étrangeté trouve une résonance littéraire dans l’horreur provenue des fonds marins qui inspira H. P. Lovecraft jusqu’à sa mort.

Robert PUJADE
Janvier 2010

Adresse

Galerie Vrais rêves 6 rue Dumenge 69004 Lyon France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020