L'été photographique de Lectoure 2013

Manifestation/Festival
Photographie
Centre d'art et photographie de Lectoure Lectoure

 

L’EXPERIENCE DE LA PHOTOGRAPHIE

« Que ce soit un paradoxe ou une dialectique, l’étendue de l’amnésie dans notre culture n’est égalée que par une fascination toujours plus prégnante pour la mémoire et le passé. » Andreas Huyssens

— Sous le titre Deux générations d’avant-garde de la photographie polonaise, l’Été photographique réunit cinq expositions qui donnent le ton de l’ensemble de cette édition : celui de l’expérimentation. En effet, pour la plupart, les oeuvres exposées explorent la singularité de la photographie et ses potentialités artistiques.

La démarche consistant à pousser le médium à ses limites est revendiquée par Nicolas Grospierre, né en 1975, comme elle l’avait été par Jerzy Lewczyński et les représentants de l’avant-garde polonaise des années 50. L’expérimentation est également au coeur des projets artistiques d’Agnieszka Polska, Renaud Auguste-Dormeuil, Annette Merkenthaler, Pierre-Lin Renié, mais aussi de Józef Robakowski, dont les films (vidéo et cinéma) feront l’objet de trois séances au cinéma de Lectoure.

Si tous ces artistes ont en commun une volonté d’exploration, leurs préoccupations sont aussi différentes d’une génération à l’autre que les contextes historiques de leurs créations. Ainsi, en Pologne dans les années 50, le bouillonnement artistique né du dégel qui suit la mort de Staline remet d’actualité la question du statut artistique de la photographie. Lewczyński et d’autres artistes ont alors cherché des formes nouvelles d’écriture photographique – telles que le montage, la photo trouvée, l’image négative, etc. – pour sortir de l’impasse de l’académisme et se libérer du modèle obligé du reportage. Lewczyński a nommé ses recherches « anti-photographie » en référence au Nouveau roman français. Cette question de la légitimité artistique de la photographie n’est plus la préoccupation des artistes actuels, qui produisent leurs oeuvres dans le contexte de la toute-puissance des médias, des flux continus d’informations et de la prolifération d’images dématérialisées sur la toile et les réseaux sociaux. « Dès que je me suis aperçu que tout allait se ramener à l’écran, je n’ai eu de cesse de penser aux moyens de l’éviter, et ce sans pour autant me réfugier dans la forêt.

Il s’agit de préserver des moyens d’action participante, en inventant une nouvelle situation écologique » (Józef Robakowski, dans un entretien en 1995). Une autre tonalité de cet Été est la dimension humaniste portée par des photographes de quatre générations – Tadeusz Rolke (1929), Bruce Wrighton (1950-1988), Guillaume Herbaut (1970), Emanuela Meloni (1987).

Leur approche empathique, lucide et sans complaisance, en s’abstenant d’esthétiser ou d’idéaliser les personnes photographiées, s’approche au plus près de la réalité de leur condition, sans craindre de déranger le spectateur. Le face à face ne laisse pas d’échappatoire à qui regarde les portraits de Bruce Wrighton ou d’Emanuela Meloni. Les photographies de Tadeusz Rolke et de Guillaume Herbaut, les oeuvres de Renaud Auguste-Dormeuil, dérangent parce qu’elles dévoilent des réalités occultées, dont la prise en compte oblige à revoir les dogmes, les idées simples et autres certitudes manichéennes.Renaud Auguste-Dormeuil et Guillaume Herbaut se sont rencontrés en 2004 à Lectoure, où ils exposaient l’un et l’autre. Suite aux échanges nés de cette rencontre, ils ont conçu pour l’Été photographique 2013 leur première exposition commune, L’un photographie, l’autre pas, dont Anne Stenne assure le commissariat. Par des voies différentes, tous deux s’attachent à révéler les images oubliées dans le point aveugle des médias. L’artiste allemande Annette Merkenthaler, pour qui l’espace public est depuis longtemps un terrain d’expérimentation, installera en plusieurs points de Lectoure des oeuvres spécialement conçues pour ces lieux (commissariat de Michel Métayer).

Comme à chaque édition, l’Été photographique privilégie les découvertes : les expositions de Guillaume Herbaut et Renaud-Auguste Dormeuil, Pierre-Lin Renié, Annette Merkenthaler ont été créées pour l’Été photographique ; celles des artistes polonais, dont le commissariat est assuré par Patrick Komorowski et Gunia Nowik, n’ont pour la plupart jamais été montrées en France.

François Saint Pierre


Tarifs :

— Ensemble des expositions : 9 €, tarif réduit 6 €. — Un lieu : 4 €, tarif réduit 3 €. — Gratuit : moins de 18 ans, adhérents, étudiants en art et médiation culturelle, presse, demandeurs d’emploi, Lectourois (coupons). — Tarif réduit : étudiants.

Commissaires d'exposition

Autres artistes présentés

Emanuela Meloni, Annette Merkenthaler, Pierre-Lin Renié, Jerzy Lewczynski, Agnieszka Polska, Tadeusz Rolke, Nicolas Grospierre, Jozef Robakowski

Partenaires

Musée national de Gliwice (Pologne) Association Gwin Zegal (Guingamp) MAC/VAL FRAC Pays de la Loire Galerie In Situ Les Douches La Galerie Laurence Miller Gallery Collection Masathis Institut polonais à Paris Institut Adam Mickiewicz Ambassade de France en Pologne Goethe Institut de Toulouse Nous remercions particulièrement : Brigitte Bouvier et Henri Herré Cezary Pieczyński Michel Métayer Grzegorz Krawczyk, directeur du Musée national de Gliwice

Horaires

Tous les jours de 14 à 19 h, sauf Hôtel de ville, fermeture à 18 h.

Adresse

Centre d'art et photographie de Lectoure 8 cours Gambetta 32700 Lectoure France

Comment s'y rendre

En voiture — Depuis Paris : A-20 jusqu’à Montauban, puis A-62 direction Bordeaux, sortie Valence d’Agen, puis Lectoure par D-953. — Depuis Toulouse : N-124 direction Auch jusqu’à l’Isle-Jourdain, puis direction Fleurance par D-654 et Lectoure par N-21. — Depuis Bordeaux : A-62, sortie Agen. En train — Gares TGV de Toulouse et Agen. Correspondances car SNCF : Agen / Lectoure et Auch / Lectoure. En avion — Aéroports de Toulouse-Blagnac et Agen-La Garenne.
Accès mobilité réduite
Dernière mise à jour le 2 mars 2020