Les rencontres d'Arles 2002

Manifestation/Festival
Photographie
Rencontres Arles photographie Arles
La photographie connaît aujourd’hui une jubilation extraordinaire. (...) Les frontières s’abolissent entre les genres, un document d’amateur peut côtoyer l’oeuvre d’un artiste. La monstration se libère, certains tirent sur de gigantesques formats, la retouche numérique devient un geste artistique assumé, site web, projection et tirage jet d’encre ajoutent une palette à la créativité.

Complément d'information

Arles, un nouveau format

La photographie connaît aujourd’hui une jubilation extraordinaire. Des albums de famille, des archives d’entreprises sont l’objet d’attention au même titre que des photographes plasticiens, documentaristes ou d’autres artistes qui utilisent la photographie dans leur création.



Les frontières s’abolissent entre les genres, un document d’amateur peut côtoyer l’oeuvre d’un artiste.

La monstration se libère, certains tirent sur de gigantesques formats, la retouche numérique devient un geste artistique assumé, site web, projection et tirage jet d’encre ajoutent une palette à la créativité.



Il est loin le temps ou le conseil d’administration des Rencontres d’Arles démissionnait car l’on montrait de la photographie en couleur et des formats supérieurs au 40 x 50 cm.
Les photographes et la photographie sont libérés des normes qui ont longtemps pesé sur la création.



Le public de la photographie est en développement exponentiel. Il y a peu, seuls les amateurs pratiquant la photographie fréquentaient de rares lieux confidentiels. Le temps où l’éditeur
de Jeanloup Sieff ne vendait que 3000 copies en deux ans. Où les seuls photographes que l’on savait citer étaient Doisneau ou Hamilton.



Les expositions sont visitées par d’autres que les photographes du dimanche. L’édition s’est massivement développée avec quelques succès commerciaux impressionnants. Il n’est plus un musée
d’art contemporain en Europe qui n’y consacre un département, plus un collectionneur qui ne se targue d’en posséder, chaque ville veut son festival.



Les festivals sont désormais nombreux. En simplifiant on peut distinguer trois catégories :

> les marchés (Aipad (NY), Paris Photo, Visa pour l’image (Perpignan)),

> les Mois de la Photo, apanage des grandes villes (Paris, Montréal, Barcelone, Madrid,
Houston, Moscou...)

> les festivals spécialisés Bamako, Toulouse, Biarritz, ou encore Visa pour ne citer qu’eux.



Le public de la photographie ressemble désormais à celui du cinéma, dans son ampleur comme dans l’étendue de son spectre social. Il n’est pas absurde de penser que ce grand public cherche
à se construire un goût, stimulé comme confondu par une abondance, où le maître et le clone se côtoient souvent.



A 33 ans, les Rencontres d’Arles gardent une place bien particulière qui ne les met pas en concurrence mais les rend complémentaires des autres festivals.




La transversalité de son approche de la photographie en est le premier élément. A Arles l’on s’intéresse, sans distinction de genres, à ce qui tôt ou tard marquera une étape de l’histoire de la photographie.



Le deuxième élément tient à sa capacité à révéler des artistes ou des travaux en avant première. De nombreux photographes y ont connu un tremplin à la suite de leur exposition, en suivant
un stage ou tout simplement en présentant un portfolio à une table de café.



Le troisième élément est naturel : c’est le site pour lequel Lucien Clergue a si astucieusement choisi les meilleures dates, mettant Arles sur le circuit des grands festivals.



Ce qui n’allait plus aux Rencontres, c’était leur format. Pour se conformer à des contraintes budgétaires étales depuis plus de quinze ans, les Rencontres ont diminué leur proposition, et n’ont pas repensé leur forme. L’association n’a pas accompagné l’explosion de la création photographique et de son public.

C’est parce qu’Arles est un formidable poste d’observation de cette création que j’ai accepté la proposition de François Barré, pour tenter de définir "le bon format"qui établirait le lien entre cette création et les différents publics potentiels des Rencontres.



Je souhaite que les Rencontres soient une scène partagée par différents acteurs majeurs de la photographie: conservateurs, collectionneurs, commissaires, directeurs de festivals, éditeurs, galeristes, critiques, directeurs artistiques, iconographes... De même qu’à Cannes ou à Avignon, les meilleurs metteurs en scène ou réalisateurs construisent les différents éléments du programme.



Le photographe, l’artiste, doit être notre première préoccupation. Pour cette raison il n’y aura pas dans les années à venir un thème conditionnant par avance l’ensemble du programme pour laisser la place aux surprises nées de la création en cours. Il n’y aura pas à Arles d’exposition contemporaine sans la présence de l’auteur.



Pour changer le format d’Arles nous créons et transformons un certain nombre d’outils :

> Allongement de la semaine des projections avec 7 soirées

> Création de sept grands prix dotés de
10 000 euros chacun

> Ouverture de nouveaux lieux d’exposition

> Création de deux colloques, espaces de réflexion et de débats

> Mise en place de cycles de conférences

> Relance des stages (séminaires, master classes, ateliers)

> Relance d’un cycle de projection de films

> Création de la journée des co-producteurs d’expositions et de catalogues



Nous accueillerons des individus ou des institutions souhaitant faire part de leurs projets ou de leurs activités.



L’équipe des Rencontres se renforce à l’interne et élargit le cercle des collaborations externes.



La ville sera investie par la photographie, les rues seront habitées par les Rencontres, les débats se dérouleront dans des lieux qui ne seront pas intimidants pour le public. Arles sera réellement et entièrement bilingue.



Ce changement d’échelle s’accompagne d’un budget en conséquence. Or les Rencontres n’avaient pas appréhendé l’évolution des coûts de la photographie, ni envisagé un projet de ce format. Au contraire la situation financière était complexe.



Grâce à la confiance de quelques partenaires nous pouvons dès cette année mettre en oeuvre ces réformes, même si à ce jour il nous manque encore une partie du budget. La nouvelle formule sera plus complète en 2003.



Je tiens à remercier tous les photographes dont nous aurons le plaisir de présenter le travail à Arles, ainsi que tous les commissaires d’expositions et de soirées qui acceptent de réaliser ce programme
dans un temps record.



François Barré et moi-même espérons ainsi proposer aux publics de la photographie le "séminaire festif" qui fait les délices d’Arles. Nous savons aussi tout ce que nous devons à la beauté de cette ville, au soleil et aux nuits tardives.



François Hébel,

Directeur des Rencontres d’Arles

Autres artistes présentés

JOSEF KOUDELKA - LARRY SULTAN -ALEX MACLEAN - JANANE AL-ANI, RAEDA SAADEH, ZINEB SEDIRA - JEM SOUTHAM - ALASTAIR THAIN - ALEXEY TITARENKO - GABRIELE BASILICO - ANTONIO BIASIUCCI - CAROLINE FEYT / JOCHEN GERZ - SUZANNE LAFONT -SOPHIE RISTELHUEBER- LISE SARFATI - ANTOINE QUENARDEL / LUDOVIC VALLOGNE - THOMAS CHABLE - POL PIERART

Horaires

de 10h à 19h

Accès mobilité réduite

Oui

Adresse

Rencontres Arles photographie 34 rue du docteur Fanton 13200 Arles France

Comment s'y rendre

Dernière mise à jour le 2 mars 2020