LES IMAGES CONSTELLANTES / CONSTELLATING IMAGES

Luis Jacob, Ryan Gander, Aurélien Froment, Alexandra Leykauf, Benoit Maire, Jonathan Monk, Sara VanDerBeek / et Christophe Daviet-Thery, "Je déballe ma bibliothèque, re(composition)"
Exposition
Arts plastiques
Villa du Parc Centre d'art contemporain Annemasse

« Elles sont toutes fausses, délicieusement fausses, ces constellations ! Elles unissent, dans une même figure, des astres totalement étrangers. Entre des points réels, entre des étoiles isolées comme des diamants solitaires, le rêve constellant tire des lignes imaginaires » Gaston Bachelard, l’Air et les Songes

Après le collage, l’archive et l’appropriation, la Villa du Parc consacre son exposition d’été aux pratiques agençant en constellations  des images de nature, de provenance et d’époques diverses. Ces pratiques, apparues au tournant des années 2000, sont contemporaines du développement d’internet qui permet un accès exponentiel aux images et une navigation déhiérarchisée par les moteurs de recherche qui référencent et classent de larges corpus à l’aide de mots-clés. Si des similarités apparaissent entre l’outil technologique (utilisé quotidiennement) et la pratique artistique, le choix des images dans ces œuvres procède d’une sélection et d’une approche sensible et différenciante. Les artistes repèrent certaines images dans une multiplicité de signes et s’emploient à donner du sens et une forme à leur regroupement. Ils travaillent ainsi à transposer, utiliser, redéfinir, s'extraire du flux continu des images avec les formes plastiques, matérielles et souvent tangibles propres à l’art contemporain (tableaux, vidéo, installation etc.)

En astronomie, la constellation est un dessin qui n'a aucune valeur scientifique mais permet d’identifier plus facilement certaines étoiles au milieu de millions d'autres. Ce système est particulièrement adapté à la description de ces pratiques iconographes, qui regroupent selon des biais inattendus des images parfois très distantes et permettent de renouveler la perception et l’intérêt portés à chacune d'entre elles en même temps qu'il offre une alternative aux modes de classifications habituels.

La constellation agit ainsi comme un mode d'apprentissage du regard et de jeu avec les images. Elle privilégie le repérage, la mémorisation, joue des sens cachés de l'image, de ses qualités matérielles ou historiques ou encore permet de rapprocher deux images a priori étrangères par le biais d'une troisième.

L'exposition réunit des œuvres d'artistes qui privilégient des modalités dynamiques et variées d'associations d’images.

Luis Jacob, dans ses « Albums » (depuis 2000, le treizième est créé à l’occasion de cette exposition), rassemble des images qui s’enchainent de manière linéaire, créant un langage de l’image, avec ses propres jeux évoquant la rime, la tonalité, le marabout-bout de ficelle etc. Les jeux et stratégies de mémoire sont au cœur de plusieurs pièces d’Aurélien Froment, dont « La Table de rappel », pièce à jouer avec 96 cartes qui fonctionnent comme un jeu de mémory, exceptée que chaque carte étant différente, les paires ne peuvent être formées que par association à imaginer entre deux images différentes. Sara VanderBeek, dans ses premiers travaux, se sert des images qu’elles collectionne dans des assemblages provisoires qu’elle photographie avant de remettre les images en jeu dans d’autres configurations. Son travail actuel, plus abstrait et épuré, garde la trace de ces associations d’images de différentes cultures et traditions artistiques. Ryan Gander, partant des « Loose Associations », conférences construites sur des digressions et des associations flottantes entre discours scientifique, historique et biographique, a réalisé une série de tableaux intitulées « Associative Templates », où les images attendues sont fragmentaires, manquantes, ou déplacées. Alexandra Leykauf marque un intérêt croisé pour la reproduction et l’architecture, et imagine dans ses œuvres des espaces communs aux deux. Elle a notamment réalisé une série de pièces sur aluminium en volume, à partir d’images anciennes construites selon des règles d’optique et de perspective adaptées à la planéité de l’image. Jonathan Monk, artiste conceptuel et appropriationniste irrévérencieux, envoie depuis plusieurs années à sa galerie des cartes postales d’œuvres d’art, l’ensemble agissant comme un portrait en creux de l’artiste et des œuvres qui l’intéressent et qui sont la matière première de son travail.

Enfin, Benoit Maire, qui inscrit son travail dans une recherche croisée entre la philosophie et l’art, a récemment développé les « conjonctions », objets-images fonctionnant comme autant de relais à la pensée et au développement d’idées.

 _________________________________

“These constellations are all false, but deliciously false! They have grouped together totally foreign stars in a single figure. Between real points, that is between stars that are isolated like diamond solitaires, the dream of constellations has drawn imaginary lines.” Gaston Bachelard, Air and Dreams After collage, the archive, and appropriation, the Villa du Parc is devoting its summer exhibition to art practices that arrange images in constellations, images that are of different natures, provenances and periods. Appearing on the art scene in the first decade of this century, these practices are contemporaneous with the development of the internet, which has made an exponential access to images and a dehierarchized navigation possible thanks to search engines that reference and classify large bodies of information through keywords. And while similarities between the technological tool (used daily) and artmaking can be seen, the choice of images in these works springs from a sensitive, differentiating selection and approach. The artists situate certain images within a multitude of signs and work to lend meaning and form to their particular grouping. Thus, from the continuous flow of images they strive to transpose, use, redefine, and extract plastic, material, and often tangible forms that are specific to contemporary art (paintings, video, installation, etc.).In astronomy, the constellation is a figure or shape that is scientifically worthless, although it does enable one to identify with greater ease certain stars from among millions of others. The system is particularly suited to describing those iconographic practices that both bring together by novel routes images that are quite remote at times, and make it possible to renew our perception of and interest in each one of them while offering an alternative to the usual modes for classifying things.  The constellation acts then like a way to teach the eye and play with images. It stresses visual recognition and memorization, and plays off the hidden meanings of the image and its material or historical features. It allows us to bring together two apparently foreign images by using a third. The show presents works by artists who favor ways of working that are dynamic and varied thanks to associations of images. In his “Albums” (2000 to the present; a thirteenth has been created for the current show), Luis Jacob brings together images that link up linearly, creating a language of the image with its own playful connections which suggest rhyme, tonality, and cat-in-the-hat-hats-off-to-her-heard-on-the-fly word chains. Games and memorization strategies are central to several works by Aurélien Froment, including “La Table de rappel” (Memory Table), a piece that is meant to be played and features 96 cards that work like a memory game, except that every card displays a different image and pairs can only be formed by an association that has to be dreamed up between two different images. In her early work, Sara VanderBeek made use of images collected in temporary assemblages which she would then photograph before putting the images back in play by arranging them in other configurations. Her current work, more abstract and pared down, retains a trace of those associations of images from different cultures and artistic traditions. Taking as his starting point “Loose Associations,” lectures that were constructed around digressions and the loose associations suggested by the title between scientific, historical and biographical discourses, Ryan Gander has produced a series of paintings called “Associative Templates,” in which the images we expect are fragmentary, missing, or shifted around. Alexandra Leykauf displays a hybrid interest in reproduction and architecture, and in her artwork she dreams up spaces that are common to both. In particular she has created a series of relief works on aluminum from old images that were themselves done according to optical rules and perspective adapted for the flat image. For several years now the irreverent conceptual artist and appropriationist Jonathan Monk has been sending postcards of works of art to his gallery; the resulting collection of images acts like the negative of a portrait of both the artist and the artworks that interest him and form the raw materials of his output. Finally, Benoit Maire situates his work within a hybrid approach somewhere between philosophy and art. He has recently begun developing his “conjunctions,” object-images that function like a wealth of relays for thinking and the development of ideas.

Tarifs :

entrée libre et gratuite

Commissaires d'exposition

Autres artistes présentés

Luis Jacob, Alexandra Leykauf, Sara VanDerBeek / et Christophe Daviet-Thery, "Je déballe ma bibliothèque, re(composition)"

Partenaires

L'exposition les images constellantes a bénéficié du soutien du Frac Ile-de-France, des galeries Gb agency, Lisson Gallery et Saatchi gallery / "Constellating images" has the support of Frac Ile de France, paris, Lisson Gallery and Saatchi Gallery, London.

Horaires

ouvert de 14h à 18h30

Adresse

Villa du Parc Centre d'art contemporain Parc Montessuit 12 rue de Genève 74100 Annemasse France

Comment s'y rendre

Accès terminus tram 17 depuis Genève

Accès mobilité réduite
Dernière mise à jour le 2 mars 2020