Le traitement des objets 3D

Dans les coulisses du chantier des collections du Cnap
Vue du prélèvement d’œuvres en armoire

Prélèvement d'œuvres en plâtre (anonyme) en armoire par un spécialiste de la manutention.

Les agents du chantier interviendront sur les 1 580 objets et sculptures conservés dans les réserves du Cnap entre novembre 2020 et février 2021.

Avant toute intervention, les œuvres sont prélevées une à une de leur espace de rangement (ici, une armoire) par les spécialistes de la manutention d'œuvres d'art du chantier et partent en direction de la chaîne de traitement.

 

Vue de la chaîne de traitement

Vue du travail d'une restauratrice sur la chaîne de traitement, sur l'oeuvre de Antonio Contador et Julie Béna, Sfumato nails (2014)

Après avoir été extraites de leur espace de stockage puis examinées, dépoussiérées et constatées sur la chaîne du chantier, certaines œuvres nécessitent l’intervention d’un.e restaurateur.trice d'œuvres d'art.

 

Vue d'une œuvre sur la chaîne de traitement

Vue d'une intervention de conservation curative sur l'œuvre Sfumato nails assurée par une restauratrice.

Pour cet objet en plâtre, la consolidation d’une fissure par la pose d'un solin est nécessaire afin de préserver l'œuvre et d’empêcher sa dégradation, en particulier pendant le temps du transport et des manipulations. Il s’agit d’une intervention de conservation curative destinée à stabiliser l'objet et à limiter les risques de dégradation futures, mais pas d'une restauration car elle n’a pas de vocation esthétique.

L'œuvre poursuivra ensuite son chemin vers les étapes suivantes de la chaîne de traitement, à savoir la photographie, puis le conditionnement et l’emballage, avant de quitter définitivement les réserves de La Défense.

 

Vue de l’examen du buste Empereur Napoléon Ier

Le buste de l'Empereur Napoléon Ier, (FNAC PFH-4548, Anonyme, 1855 - 1856) en attente de traitement sur la chaîne.

Certaines œuvres ne nécessitent pas d'intervention de conservation curative. C’est le cas de ce buste de l’Empereur Napoléon Ier en marbre de Carrare, datant du milieu du XIXe siècle. L'examen en vue du constat d'état indique qu'il ne présente pas d’altération évolutive mettant l'œuvre en danger.

Celle-ci va donc passer sur la chaîne du chantier habituelle (dépoussiérage minutieux, documentation scientifique, emballage) mais sans intervention de conservation spécifique.

 

Vue de l’oeuvre Spongebob de Sylvie Auvray

L’oeuvre Spongebob de Sylvie Auvray en attente d’emballage en vue de son futur transfert (Inv. : FNAC 2017-0301, 2016).

De curieux personnages se cachent sur le chantier ! C’est le cas du Spongebob de l’artiste Sylvie Auvray, née à Paris en 1974. Tirage unique réalisé en 2016 dans le cadre d'une résidence à la Chinati Foundation (Marfa, Texas), cet étrange personnage est constitué de grès émaillé, et peint avec de la peinture pour voiture.

Acheté à la galerie Godin en 2017, il vient de passer sur la chaine du chantier et est en attente d’emballage en vue de son futur transfert.

 

Vue de l'œuvre Machine à créer de Rosette Bir

Vue de l'œuvre Machine à créer de Rosette Bir, en attente d'emballage sur la chaîne de traitement (Inv. : FNAC 10310, 1983).

Les réserves accueillent de bien étranges insectes ! Figé dans le Plexiglas®, cet insecte d’acier de l’artiste messine Rosette Bir a été réalisé en 1983.
Après avoir été acheté par le Cnap en 1984 à la Galerie Liliane François, il attend d’être emballé à l’issue de son parcours sur la chaîne de traitement pour rejoindre son futur lieu de vie pantinois.

 

Vues du chandelier et des fonds baptismaux sur le chantier de Goudji

Vues du chandelier et des fonds baptismaux de l'artiste soviétique Goudji sur le chantier (FNAC 3118 et 3119, 1986).

Parmi les œuvres 3D traitées, on retrouve le chandelier et les fonds baptismaux en laiton argenté et martelé incrusté de granit de l’artiste soviétique Guy Amachoukeli, dit Goudji, réalisées en 1986 pour le Comité National d’Art Sacré et achetées par le Cnap la même année.

Auparavant en dépôt au sein de la cathédrale Notre-Dame de Paris, ces objets, avaient intégré les réserves du Cnap suite à l’incendie de 2019 entraînant la destruction d’une partie de la cathédrale.

 

Une restauratrice intervient sur un des personnages d'une étude de décor et de costumes réalisée par Jean-Michel Othoniel.

Une restauratrice intervient sur un des personnages d'une étude de décor et de costumes réalisée par Jean-Michel Othoniel (FNAC 92105).

Parmi les œuvres 3D traitées, on retrouve une étude de décor et de costumes pour le spectacle Rideaux ou les trois jours de décembre pour la Ferme du Buisson réalisée par Jean-Michel Othoniel en 1992.

Lors de l'ouverture du conditionnement des différents éléments, la présence d’un fragment de pâte à modeler détaché de la coiffe d’un des personnages a été constatée. Pour éviter le risque de le perdre, l’intervention, dans le cadre du chantier des collections, d’une restauratrice spécialisée était nécessaire. Le fragment a été remis en place par collage, à l’aide d’un adhésif acrylique en dispersion aqueuse.

L’intervention a été documentée pour que cette information figure dans la documentation du Cnap et serve au suivi de l’état de conservation matériel de l’œuvre.

 

Vue de l'œuvre d'Hervé Di Rosa sur la chaine de traitement

Vue de l'œuvre d'Hervé Di Rosa, composée de 26 carreaux de faïence blanche (2001-2002, Inv. : FNAC 02-626), prête à être emballée.

Réalisée par la céramiste Sylvie Lemaître à Angers dans le cadre de la commande « 30 artistes - 30 céramistes » (2001), visant à promouvoir les métiers d’art et à favoriser la création d’œuvres produites en collaboration, cette œuvre d’Hervé Di Rosa est le 1er tirage d’un ensemble de 3 exemplaires.

Di Rosa y représente une géographie imaginaire inspirée des cartes du tendre en vogue au XVIIe siècle, qui représente de manière allégorique les différents types d’expression artistique qui se croisent ou s’entremêlent.

Si l'œuvre est en état d’être déplacée, elle devra dans le futur subir quelques légères interventions (nettoyage par exemple) pour être de nouveau exposée. Le risque principal encouru par un objet en céramique est une dégradation mécanique (cassure, fissure) due à des chocs ou des vibrations.

Dans le cadre d’un transport, il importe donc que l’emballage minimise ces risques en les absorbant au maximum. Il est essentiel aussi que les manipulations réalisées lors des étapes d’emballage et des mouvements (chargement dans le camion, rangement dans les meubles de stockage…) soient délicates et professionnelles.

 

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