Le Peintre Incognito

Exposition
Arts plastiques

 

« In fine je ne veux plus exposer sous mon nom (ne plus faire vieillir le personnage de l’artiste en moi et affaiblir ma fiction) » ,  dit-il ; « Ma signature au dos des tableaux atteste qu’il n’y a pas mort de l’autre (restera la mince cloison de toile à peindre qui protège un tel incognito).  Cette disparition « signée » n’est ni une pose ni un lourd secret, le lèvera qui voudra, qui pourra (restera toujours quelque chose  de mon intention, une forme de nudité de l’œuvre, le plaisir d’échafauder des fictions picturales au long court, une manière légère de conjurer l’oubli en forme de navette dont le va-et-vient tisse notre présent et notre devenir d’artiste. »

(…) si l’art du peintre n’est au service d’aucun pouvoir, ce n’est ni par désobéissance ni par subversion volontaires, mais par ruse, car l’effraction en est sa qualité, il ne peut tenir dans un cadre convenu car il ne cesse d’en jouer ses limites en les expérimentant sans cesse. Quand nous ouvrons les yeux nous ne voyons qu’une partie du paysage, quand nous les fermons nous sommes en mesure de le restituer à 360° et ceci dans un temps qui n’existe pas plus que la vision ne nous en est permise. Au-delà de cette limite, hors de ce que l’œil est capable de voir, la totalité du monde n’est jamais appréhendée et ne peut se comprendre qu’en s’en retirant. Il nous confiait ainsi un jour : « Je n’ai pas la mystique de la peinture pure mais celle de l’énonciation des choses…l’anecdote des petits déjeuners avec ma femme où, dos à la fenêtre, je lui demande « s’il fait beau » comme si l’entendre le dire me le rendait plus vrai, plus réjouissant… » C’est cette folle entreprise que tente l’artiste par la fiction du Peintre: désigner dans l’œuvre à la fois le visible et l’invisible qui le borde ;  en énoncer la transformation par le jeu stratégique d’une forme qui prend le choix du divers ; agiter dans le même champ sémantique le mot et l’image qui se disjoignent ; permettre dans le même espace physique que le Peintre s’expose au prix que l’artiste s’absente ; ouvrir le temps présent de l’œuvre à l’émancipation du temps passé qui de tout temps ressurgit ; enfreindre le champ des possibles en y incluant un hors-champ qui fait entrer le spectateur dans la confidence, seulement si, bien sûr, il veut bien en faire l’effort, et lui-même se mettre en état d’effraction. « Bande de cons…bande de cons… » disait le texte, « Bande de con..nivence » a ajouté Christian Aubert, un jour de tournage à la Villa Tamaris. Et ce qui est ainsi repris du temps passé, ne l’est jamais sur un mode nostalgique mais comme si les mots, les images, les photos, les textes, les objets étaient tissés, voire rapiécés  ensemble, à la manière d’une « Image dans le tapis » qu’on découvre par surprise. Car ce qui est remonté là dans l’œuvre est une manière d’exposer et de redécouvrir les lignes de rupture d’une réalité passée qui nous permettrait d’en transformer la souffrance   générée. Ce serait ainsi une effraction « douce », énoncée sous une forme résistante. 

 Evelyne Artaud avec citations du Peintre en italiques.

Tarifs :

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Dernière mise à jour le 2 mars 2020